RAPPORTS ET RECOMMANDATIONS

 

ORGANISATIONS REGIONALES ET INTERNATIONALES

 

Modérateur           :               J.T.  Musiime

Rapporteur           :               U. Feldmann

 

Secrétariat du CSIRLT

 

La participation des délégués de plus de trente pays membres de l’Union africaine (UA) et des représentants de huit organisations internationales et régionales, dont les quatre organisations mandatées (l’UA, la FAO, l’AIEA et l’OMS) ainsi que celle des représentants de onze institutions nationales, régionales et internationales, et des institutions de recherche, des donateurs, des réseaux/forums, témoignent de leur solidarité et de leur appui à la réunion du CSIRLT. Plus de 100 communications scientifiques ont été présentées oralement ou sous forme d’affiches lors de la 27ème réunion du CSIRLT.

 

Deux séances spéciales ont été consacrées aux allocutions des organisations et institutions nationales, régionales et internationales, des institutions de recherche, des donateurs, des réseaux/forms et des représentants des pays. Pendant les cinq jours qu’a duré la réunion, il y avait treize séances qui portaient sur la protozoologie, l’entomologie, la trypanosomose humaine, la trypanosomose animale, la lutte contre le vecteur, la socio-économie et la participation communautaire, l’environnement, l’utilisation des terres et d’autres techniques d’appui sous-tendues par les SIG, ainsi que des présentations d’affiches sur les thèmes scientifiques précités et sur la collaboration avec le secteur privé.

 

Une recommandation spécifique formulée à la 25ème réunion, qui marquait le jubilé d’or du CSIRLT à Mombasa en 1999, demandait davantage de sensibilisation et d’engagement au plus haut niveau des Etats membres affectés par les tsétsé et la trypanosomose et a abouti à la déclaration du Sommet de Lomé en juillet 2000.

 

Le temps fort de la 26ème réunion du CSIRLT à Ougadougou au Burkina Faso en 2001 a été le lancement de l’initiative PATTEC.

 

Le thème de la 27ème réunion du CSIRLT est l’amélioration de la formulation des stratégies nationales d’intervention en matière de lutte contre les tsétsé et la trypanosomose, des stratégies qui sont cohérentes avec la politique nationale établie et qui seront la base des plans d’action et des projets spécifiques nationaux et sous-régionaux de lutte contre les tsétsé et la trypanosomose dans le cadre d’une agriculture et d’un développement rural durables (ADRD).

 

Le Secrétariat se félicite des efforts déployés par la FAO, l’OMS et le FITCA pour organiser des réunions-satellites pertinentes conjointement avec la 27ème réunion du CSIRLT. Ces réunions ont permis d’avoir une forte participation à la réunion.

 

UNION EUROPEENNE

L’Union européenne (UE) a approuvé les objectifs de développement international de l’OCDE/CAD pour 2015, tels que réduire de moitié la pauvreté, réaliser l’éducation primaire à 100% et diminuer de 2/3 le taux de mortalité infantile, améliorer les droits de l’homme et la gouvernance, et inverser les tendances néfastes de l’environnement.

 

La pauvreté est complexe et multidimensionnelle ; elle englobe des dimensions politiques, économiques et environnementales, et sa réduction requiert la cohérence et les synergies d’aide, le commerce et la coopération économique et politique. Le « Traité d’Amsterdam » a confirmé la réduction de la pauvreté comme le but principal des objectifs de développement de l’UE, par lesquels les principes de coopération demeurent (a) un développement humain et social durable, équitable et participatif, (b) le respect des droits de l’homme, et (c) l’appropriation (dialogue de participation et collaboration avec tous les partenaires).

 

D’après la Politique de Développement et la Déclaration du Conseil de la CE en novembre 2000, les six domaines prioritaires suivants sont examinés (pourvu que les droits de l’homme, les questions liées aux genres et à l’environnement soient pris en considération) : 1. le commerce et le développement ; 2. la coopération et l’intégration régionales ; 3. l’appui macro-économique et les secteurs sociaux; 4. le transport ; 5. la sécurité alimentaire et un développement rural durable ; et 6. le renforcement des capacités et la gouvernance.

 

Dans les années 1960, les approches au développement rural étaient dominées par des interventions sans véritable plan d’ensemble qui étaient centrées sur l’agriculture ; dans les années 1970, des efforts considérables ont été déployés pour accroître les liens entre l’agriculture et d’autres secteurs - clés ; et dans les années 1980, un appui au développement rural était accordé principalement à travers des programmes de développement rural intégrés à grande échelle. Quant aux programmes de lutte contre les tsétsé et la trypanosomose, l’UE a appuyé le RTTCP (1986-2000), le FITCA (1999-2004), le PROCORDEL (2001-2004) et l’ICPTV qui est en cours d’exécution.

 

Entre-temps, le développement rural est défini comme un concept primordial ou une stratégie globale (pas comme un ou plusieurs projets), qui met un accent particulier sur la réduction de la pauvreté dans l’économie rurale. Il est multi-sectoriel de nature et intègre les secteurs socio-économiques et les services en une seule stratégie. Il reconnaît que la différence entre les zones rurales et urbaines n’est pas une dichotomie mais un continuum.

 

L’élaboration d’instruments qui permettent de formuler des stratégies appropriées au développement rural comprend les PRSP nationales, la réponse à des stratégies coordonnées de l’appui des donateurs, des approches multi-sectorielles (SWAP) qui présentent des avantages par rapport aux projets traditionnels, des processus de décentralisation qui - quand elles sont appropriés - sont supposés jouer un rôle de facilitateur et de catalyseur, et des liens entre les zones rurales et urbaines, étant donné qu’ils peuvent présenter de nouvelles opportunités de réduire la pauvreté.

 

L’UE a appuyé les efforts de développement rural qui sont des approches à long terme et financièrement viables ; ils visent à réduire la pauvreté et reflètent l’égalité des genres et les problèmes liés à l’environnement. Ces approches sont basées sur des stratégies  nationales de réduction de la pauvreté dans les zones rurales, qui sont élaborées et exécutées en impliquant les parties intéressées.

 

La mise en œuvre des efforts de développement rural appuyés par l’UE au niveau national est basée sur la programmation des pays qui fait une référence spécifique aux stratégies nationales de développement et de réduction de la pauvreté, reflète les SWAP, l’appui aux organisations de la société civile et associe les instruments de l’UE aux niveaux macro, méso et micro. Un plus grand appui des budgets nationaux refléterait les mesures pertinentes prises.

 

Les projets nationaux de lutte contre les tsétsé et la trypanosomose devraient être soutenus par une volonté politique objective, intégrés dans une stratégie/politique sectorielle et optimiser la couverture géographique (en reflétant une hiérarchisation basée sur un impact socio-économique). Cette stratégie de mesures de contrôle devrait être formulée en se basant sur des critères institutionnels, technologiques et environnementaux.

 

Au niveau régional, les actions entreprises, telles que les projets de lutte contre les tsétsé et la trypanosomose, devraient intégrer une stratégie régionale, rendre compte à un organisme régional, assurer une valeur ajoutée (pas une compilation de projets nationaux) et séparer les « fonctions » régionales des fonctions nationales.

 

A l’heure actuelle, plusieurs PRSP ne tiennent pas suffisamment compte du développement rural. Par conséquent, très peu de ressources seront allouées au développement rural dans les années à venir dans le cadre du FED et A/LA/MEDA. Pour corriger cette situation et établir le cadre nécessaire de politiques et stratégies hiérarchisées, les services vétérinaires et d’autres services pertinents doivent assumer un rôle proactif au niveau national.

 

FAO

Depuis la 26ème réunion du CSIRLT, la FAO - à travers son programme de lutte contre la trypanosomose africaine (PAAT) et ses partenaires composés de l’UA/IBAR, de l’AIEA et l’OMS - a continué de promouvoir, d’harmoniser et de réaliser un consensus sur des actions concrètes et intégrées permettant de combattre les tsétsé et la trypanosomose. Le progrès le plus remarquable accompli est souligné par : (a) l’adoption du plan d’action du PATTEC par la résolution 4/2001 lors de la 31ème Conférence de la FAO en novembre 2001 ; (b) l’accord sur les directives et les critères de sélection des domaines prioritaires quant à la lutte contre les tsétsé et la trypanosomose, et l’identification de la partie sud de la Vallée du Rift d’Ethiopie et de la région cotonnière du Burkina Faso et du Mali comme premières zones prioritaires pour une action conjointe contre les tsétsé et la trypanosomose dans le cadre du développement de l’élevage et de l’agriculture ; (c) le communiqué de presse conjoint UA/FAO/AIEA/OMS en juin 2002 demandant une action commune contre les tsétsé et la trypanosomose ; (d) la déclaration officielle de l’AIEA en juillet 2002 portant sur la collaboration avec le PAAT ; et (e) la déclaration de la communauté PAAT à Nairobi en septembre 2002, reconnaissant les synergies et le consensus entre des organisations internationales, des SNRA, des institutions de recherches ainsi que des instituts et des donateurs (par ex. le FIDA), en ce qui concerne la politique, la stratégie et l’approche méthodologique par rapport à la lutte contre les tsétsé et la trypanosomose. Cette coopération inter-agences et ce processus d’harmonisation ont été reconnus et encouragés par les représentants nationaux présents à la 22ème Conférence régionale pour l’Afrique tenue au Caire en Egypte.

 

Sur le plan technique, était également important le consensus sur la lutte intégrée à grande échelle contre les insects nuisibles (AWIPM) placée maintenant dans le contexte élargi du bien-être de l’homme, de la réduction de la pauvreté et de la sécurité alimentaire et ce, avec l’amélioration de la santé publique, le développement de l’association agriculture/élevage et l’utilisation durable des ressources naturelles. L’AWIPM n’est pas basée sur une seule technique mais elle a recours aux tendances et aux variations saisonnières, et réunit les outils de lutte contre les tsétsé et la trypanosomose, tels que l’application, le cas échéant, de la technique de l’insecte stérile pour combattre et éliminer les maladies chez le bétail et chez l’homme.

 

Un atelier a été organisé pour élaborer une note d’orientation et un plan d’action pour la partie sud de la Vallée du Rift de l’Ethiopie, dans le but de générer des fonds pour une mise  en œuvre plus efficace sur le terrain. Un atelier similaire est prévu en novembre 2003 dans la région Mali/Burkina Faso.

 

L’utilisation de fonds supplémentaires alloués par le FIDA et la FAO permet d’actualiser et d’élargir le système d’information du PAAT. Deux publications ont paru dans le cadre des séries techniques et scientifiques du PAAT, et d’autres publications sont prévues pour 2004. La FAO et le DFID ont initié une étude sur la « cartographie des avantages » tirés de la lutte contre les tsétsé et la trypanosomose dans certaines régions. La FAO a mis à la disposition des collaborateurs dans 13 pays affectés par les tsétsé et la trypanosomose plus de 50 exemplaires du logiciel SIG ArcView et Spatial Analyst, et en coopération avec l’AIEA, elle a organisé un atelier sur les SIG à Ouagadougou au Burkina Faso.

 

OMS

Lors de la 26ème réunion du CSIRLT, l’OMS a annoncé la création du partenariat des secteurs public et privé OMS-Aventis, qui garantit la disponibilité des médicaments contre la trypanosomose humaine africaine (THA) et leur distribution gratuite aux malades en Afrique. Entre-temps, Bayer s’est associé à ce partenariat et a donné d’autres médicaments pour le traitement de la THA.

 

D’intenses activités de surveillance et de traitement ont permis d’avoir davantage d’accès au diagnostic et au traitement de la population menacée par la THA. Le renforcement de l’équipe de l’OMS/THA a permis l’accès au diagnostic et au traitement, et à la qualité des services rendus. En se basant sur un processus d’élimination étape par étape qui a été accepté lors de l’Assemblée mondiale de l’OMS en 2002, l’OMS affirme qu’il est possible dans les prochaines années d’éliminer la THA dans certains pays, en particulier lorsque les capacités techniques sont mises ensemble pour plus d’efficacité.

 

Les efforts de collaboration entre le programme de l’OMS/THA et les activités de recherche de l’OMS/TDR ont été intensifiés dans le cadre du réseau du traitement de l’OMS et de la chimiorésistance. En se basant sur : l’implication de la campagne de MSF pour l’accès aux médicaments essentiels, le récent établissement de l’initiative relative aux médicaments pour des maladies négligées (MMN) dont le bureau se trouve à Nairobi et l’implication des sociétés privées, et avec la contribution de la Fondation Gates, il y a lieu d’espérer maintenant que de nouveaux médicaments plus sûrs seront disponibles.

 

Bien que l’OMS organise chaque année avec différents partenaires un cours international de formation et qu’elle mette également en œuvre des plans de formation interne, il faudrait déployer davantage d’efforts pour renforcer les capacités nationales et régionales.

 

Un projet conjoint OMS/ICIPE/ Gouvernement tchadien, qui associe la surveillance et le traitement de l’homme avec des mesures de contrôle du vecteur, est une démonstration de la faisabilité d’intégrer des mesures contre la forme humaine et animale de la trypanosomose.

 

L’OMS demeure un partenaire dans le réseau conjoint UA/FAO/AIEA/OMS/PAAT et elle appuie l’initiative PATTEC comme le montre une résolution y relative lors de l’Assemblée mondiale de l’OMS en 2003.

 

AIEA

L’AIEA appuie les efforts déployés par les Etats membres pour lutter contre les tsétsé et la trypanosomose, à travers trois principales activités : la recherche et le développement (R&D), la coopération technique et l’élaboration de normes et de directives.

La R&D se fait par le biais de la recherche interne et à travers des projets de recherche coordonnés (PRC), et comprend les travaux sur des tests de compatibilité et de comportement relatifs à la technique de l’insecte stérile (TIS) ; la génétique moléculaire de la population glossinaire ; le système de lâcher aérien du mâle stérile adulte ; le raffinement d’un maintien et d’une alimentation en masse de grandes colonies de tsétsé et l’assurance de la qualité du produit (mâles stériles).

 

S’agissant des projets de coopération technique, un projet régional de l’AIEA/CT et huit projets nationaux de CT sont en cours d’exécution au Botswana, au Burkina Faso, en Ethiopie, au Kenya, au Mali, en Afrique du Sud, en Tanzanie et en Ouganda. Le projet régional a donné un appui au PATTEC, contribué aux activités de sensibilisation et de prise d’engagement, favorisé la coopération sous-régionale sur les mesures transfrontalières contre les tsétsé et la trypanosomose et financé des cours de formation régionaux. Les projets nationaux sont tous à divers stades d’exécution d’opérations de lutte intégrée à grande échelle.

 

En ce qui concerne les questions de normes, l’AIEA coordonne étroitement ses activités avec l’UA/IBAR, la FAO et l’OMS dans le cadre du processus d’harmonisation du PAAT/PATTEC. En outre, des mesures ont été prises pour élaborer un protocole internationalement accepté et appliqué par étapes pour éventuellement déclarer des zones

débarrassées des tsétsé et de la trypanosomose. La 9ème réunion du Groupe consultatif du PAAT a adopté l’initiative et recommandé que le protocole soit internationalement examiné et éventuellement adopté.

 

En consultation avec le programme PATTEC et les organisations internationales mandatées, l’AIEA a obtenu un « financement initial » du Fonds des Nations Unies pour des Partenariats Internationaux, qui sera surtout utilisé pour mobiliser des fonds pour des domaines prioritaires de lutte contre les tsétsé et la trypanosomose, dont l’intervention la plus avancée actuellement se trouve dans la partie sud de la Vallée du Rift de l’Ethiopie. Il est anticipé que, dans le cadre de la coordination du PATTEC, d’autres projets suivront cet exemple dans d’autres Etats membres.

 

OIE

L’office international des Epizooties (OIE)  a été créé en 1924 à Paris. Il compte actuellement 164 pays membres. Son objectif est d’assurer dans le monde entier la transparence sur la situation de la santé animale, de collecter, analyser et diffuser les informations vétérinaires, contribuer à une coordination internationale pertinente pour ce qui est des cadres juridiques et des normes sanitaires sur les animaux terrestres et aquatiques ainsi que pour des tests de diagnostic et la surveillance.

 

Le travail de l’OIE se fait à travers des groupes de travail établis (les maladies de la faune sauvage, la production animale, la sécurité alimentaire et le bien-être des animaux) et à travers des groupes ad hoc qui, sur le plan institutionnel, travaillent tous en collaboration avec des groupes/organisations tels que l’OMS, la FAO, l’IPPC, l’OMC, le CAC, etc.

 

La transparence de l’OIE et sa connaissance de la situation de la santé animale dans le monde entier permet l’établissement d’un système d’alerte précoce en cas d’apparition de maladies et l’opération d’un système d’informations mondial. Le code zoosanitaire international pour les animaux terrestres tient compte des risques de l’importation en général, des normes de suivi et de surveillance, ainsi que des maladies classées par catégories, couvrant les animaux sur pied, le sperme, les embryons et les produits animaux.

 

L’OMS/FAO/IPPC et l’OIE collaborent dans le codex alimentarius sur la mise au point de directives, de codes et de règles internationaux. Il existe une procédure établie d’examen de routine et de mise à jour de normes, que l’on trouve dans des manuels actualisés. Les laboratoires de référence de l’OIE (il existe 152 centres de collaboration et laboratoires de référence) facilitent la normalisation des tests de diagnostic en désignant une source d’expertise et des réactifs standards pour les maladies des Listes A et B. L’OIE a établi des procédures/protocoles internationalement acceptés pour reconnaître l’élimination de certaines maladies animales telles que la fièvre aphteuse, la peste bovine et la péripneumonie contagieuse bovine.

 

En ce qui concerne la lutte contre les tsétsé et la trypanosomose, l’OIE a mis sur pied en 1983 un groupe ad hoc sur les trypanosomoses non transmises par les tsétsé, qui a organisé des réunions et a fourni des publications importantes (l’impact économique et commercial de la trypanosomose ; l’importance géographique) et formulé des recommandations, par exemple, sur la nécessité d’utiliser de nouveaux trypanocides.

 

PAAT

Le Programme de lutte contre la trypanosomose africaine (PAAT) est une alliance inter-agences de la FAO, de l’AIEA, de l’UA/IBAR, de l’OMS, des programmes sur le terrain des institutions de recherche, des ONG et des donateurs. L’objectif global du PAAT est d’éliminer les obstacles représentés par les tsétsé et la trypanosomose pour l’homme et le bétail, et d’améliorer les conditions de vie des populations rurales des pays affectés à travers des interventions appropriées. Le PAAT a été créé en 1997 pour répondre au besoin d’une action concertée et servir d’organe consultatif indépendant international sur la recherche, le développement, le contrôle et l’investissement dans la lutte contre les tsétsé et la trypanosomose. Son secrétariat se trouve au siège de la FAO à Rome et fonctionne à travers un organe statutaire de la FAO, à savoir : le Groupe consultatif du PAAT (GCP).

 

En mai 2002, d’autres progrès ont été accomplis dans l’harmonisation de l’inter-agences et de PAAT/PATTEC : des critères et des directives relatifs aux actions nationales et internationales conjointes jugées prioritaires et deux domaines initiaux prioritaires à savoir, la partie sud de la Vallée du Rift de l’Ethiopie et la région cotonnière du Mali/Burkina Faso, ont été acceptés. En juillet de cette année, une réunion tenue à la FAO à Rome a fait davantage avancer ce processus en élaborant une note d’orientation pour les activités de lutte contre les tsétsé et la trypanosomose dans la partie sud de la Vallée du Rift de l’Ethiopie, à partir de laquelle des efforts conjoints de mobilisation de fonds au niveau international peuvent être initiés. Une réunion similaire est prévue en novembre pour des activités de lutte proposées contre les tsétsé et la trypanosomose dans la région cotonnière du Mali/Burkina Faso.

 

S’agissant des activités de recherche, la première phase (1998-2003) des « Actions Concertées » appelées « Contrôle intégré des trypanosomes pathogènes et de leur vecteur (CITPV) financée par l’UE, a été menée avec succès, en impliquant des scientifiques principalement d’Afrique et d’Europe. L’on espère qu’une deuxième phase commencera sous peu.

 

Les activités qui s’inscrivent dans le cadre du PATT ou qui sont pertinentes au PATT sont diffusées à travers le PAAT-IS et des documents techniques sélectionnés ont été publiés dans la collection de publications techniques et scientifiques du PAAT.

 

Le PAAT maintient ses interactions avec l’UA/PATTEC et appuie les efforts déployés par ce dernier en vue d’éliminer les tsétsé du continent dans le cadre de la sécurité alimentaire et de l’allègement de la pauvreté, en tenant compte de l’avantage de l’intervention sélective basée sur la vulnérabilité des espèces de tsétsé et sur les potentialités des avantages agricoles maximums et la présence des barrières naturelles.

 

La communauté internationale est maintenant unie et parle d’une même voix quant aux perspectives d’avenir de la lutte contre les tsétsé et la trypanosomose. Il s’agit là d’un vibrant appel lancé aux donateurs et aux gouvernements pour les amener à investir dans la lutte contre les tsétsé et la trypanosomose.

 

ILRI

L’Institut international de recherche sur l’élevage (ILRI) a revu sa stratégie de recherche qui est maintenant mise en œuvre dans le cadre de cinq thèmes/programmes de recherche.

 

Cibler la recherche et le développement (R&D) : Ce programme a pour but de donner aux investisseurs, aux responsables politiques et agents d’exécution de R&D une recherche technique et adaptée à la politique en appuyant les décisions relatives au contrôle des maladies, par exemple, grâce à des évaluations socio-économiques et environnementales aidées par le SIG.

 

Innovations favorables : Ce programme a pour but de permettre et d’encourager l’innovation, et d’adapter et fournir de nouvelles technologies et informations à tous les acteurs et à tous les niveaux. Les projets de lutte contre les tsétsé et la trypanosomose qui s’inscrivent sous ce thème sont exécutés avec différents partenaires et comprennent l’utilisation des produits répulsifs, des études pour mieux utiliser les trypanocides et l’analyse institutionnelle du contrôle des tsétsé et de la trypanosomose.

 

Opportunités de marché : Le but de ce programme est de réduire les menaces dues à la mondialisation et à la réglementation, pour que les pauvres puissent mieux participer au commerce du bétail. La priorité des projets de lutte contre les tsétsé et la trypanosomose dans le cadre de ce thème est un contrôle durable des tsétsé et de la trypanosomose.

 

Biotechnologie : Ce programme vise à appliquer et à adapter des technologies applicables en vue d’aider les éleveurs pauvres à maintenir leur bétail et leurs biens. Les projets de lutte contre les tsétsé et la trypanosomose avec différents partenaires dans le cadre de ce thème comprennent des études génomiques fonctionnelles sur la trypanotolérance chez le bétail, des instruments de conservation in situ de ressources génétiques indigènes, les travaux sur les tests de diagnostic et sur un vaccin.

L’être humain, le bétail et l’environnement : Ce programme porte sur des rôles positifs et négatifs du bétail dans la gestion durable des ressources naturelles et dans la santé des « producteurs » et des « consommateurs ». Des projets de lutte contre les tsétsé et la trypanosomose sous ce thème sont axés sur l’épidémiologie de la transmission de T. brucei  rhodesiense et son contrôle chez l’homme et chez le bétail, ainsi que la fourniture des indicateurs environnementaux et des directives relatives à des interventions de lutte contre les tsétsé et la trypanosomose et à des projets sur l’utilisation des terres.

 

Dans ses efforts pour intégrer les activités de recherche en vue de servir les objectifs du développement rural, l’ILRI cherche - pendant une période de cinq ans et au nom du Gouvernement ethiopien - à améliorer l’offre et la demande des technologies pour l’agriculture et l’élevage.

 

Financé pour les cinq prochaines années par le Gouvernement du Canada à hauteur de plus de 20 millions $ EU à travers le NEPAD, l’ILRI sert de premier centre d’excellence du NEPAD en biosciences pour appuyer l’agriculture.

 

CAMPAGNE PANAFRICAINE D’ERADICATION DES TSETSE ET DE LA TRYPANOSOMOSE (LE PROGRAMME PATTEC)

Dans la décision prise à Lomé en juillet 2000 lors du Sommet, les Chefs d’Etat et de Gouvernement africains ont demandé d’éliminer, le plus rapidement possible, du continent africain la menace et les problèmes causés par les maladies transmises par les tsétsé. Cette décision du Sommet a reconnu (a) la gravité et l’importance du problème des tsétsé et de la trypanosomose, compte tenu de la croissance de l’incidence de la maladie et de l’infestation des tsétsé ; (b) les pertes de productivité et les problèmes de santé, et le lien entre la lutte contre les tsétsé et la trypanosomose et la pauvreté dans les zones rurales ; (c) la nature transfrontalière du problème des tsétsé et de la trypanosomose, le succès enregistré à Zanzibar et ses options limitées (autres que l’éradication des tsétsé).

 

En décembre 2000, les experts du groupe spécial de 22 pays africains se sont réunis à Nairobi et ont préparé un Plan d’action du PATTEC qui a préconisé une solution durable : (a) assurer un succès à court terme mais avec des objectifs à long terme par la création systématique d’une zone débarrassée des tsétsé au niveau régional plutôt qu’au niveau national ; b) identifier les régions isolées et infestées par les tsétsé; c) s’attaquer à une seule population de tsétsé à la fois ; d) adopter une approche intégrée à grande échelle qui utilise la « combinaison » la plus appropriée de technologies.

 

Le Bureau de coordination du PATTEC se charge de : a) organiser des actions de sensibilisation, d’engagement, d’appui et d’action ; b) assurer la médiation à travers la coopération entre les pays et la région ; c) rappeler aux Etats membres leurs obligations dans le cadre de la campagne ; d) mobiliser des ressources ; e) appuyer les actions (formation et renforcement des capacités, développement et initiation des projets du PATTEC) ; f) assurer le suivi, l’évaluation et la rédaction de rapports sur l’état d’avancement des activités menées et g) exploiter les zones débarrassées des tsétsé.

 

Les activités récemment entreprises par le Bureau de coordination du PATTEC comprenaient : a) des réunions pour les pays de la CEDEAO et de l’Afrique australe, pour le Soudan et l’Ethiopie ; b) la signature des accords avec la BAD, l’ESTC et le COMESA ; c) la présentation de requêtes spécifiques au NEPAD, au DFID, à la BAD et au COMESA ; d) un cours de formation sur l’application du SIG ; e) le lancement d’un bulletin d’information et du site Internet ; et f) l’inclusion du Bureau de coordination du PATTEC dans la structure de l’UA.

 

D’importantes initiatives sur le terrain se sont déroulées au Botswana, en Ethiopie, au Kenya, au Mali, au Burkina Faso, en Tanzanie et en Ouganda.

 

Des stratégies et plans d’action nationaux ont été élaborés pour l’Angola, le Burkina Faso, l’Ethiopie, le Kenya, la Namibie, le Nigeria, le Rwanda, le Soudan, le Sénégal, la Tanzanie, l’Ouganda, la Zambie et le Zimbabwe.

 

Des accords de coopération ont été préparés et il y a eu des discussions préparatoires avec six pays de l’Afrique centrale, sept pays de l’Afrique australe, sept pays de l’Afrique de l’est et plusieurs pays de l’Afrique de l’ouest sous les auspices de la CEDEAO.

 

NOUVEAU PARTENARIAT POUR LE DEVELOPPEMENT DE L’AFRIQUE (NEPAD)

Face à la réapparition de la trypanosomose humaine africaine (THA) et compte tenu de la pauvreté dans les zones rurales à cause de la trypanosomose, le NEPAD a considéré comme prioritaires l’élimination de cette maladie et la mise en oeuvre de la Campagne panafricaine d’éradication des tsétsé et de la trypanosomose (PATTEC).

 

Parmi les volets du programme NEPAD sur la lutte contre les tsétsé et la trypanosomose, il y a la mobilisation sociale et la sensibilisation, les opérations ciblées de lutte contre le vecteur et l’intensification de la surveillance et du traitement de la THA.

 

Les objectifs du programme sont les suivants : a) d’ici à 2005, au moins 80 % des pays endémiques auront une meilleure connaissance de la THA et auront élaboré un plan d’action national de lutte contre cette maladie ; b) d’ici à 2006, le taux de prévalence de la THA aura été réduit de 40 % dans les zones endémiques couvertes par les programmes nationaux de lutte ; c) d’ici à 2007, le taux de prévalence de la THA aura été réduit de 50 % dans les zones endémiques couvertes par les programmes nationaux de lutte.

 

En ce qui concerne le volet agricole du programme de lutte contre les tsétsé et la trypanosomose, la lutte contre les tsétsé ne saurait être menée indépendamment des initiatives de développement rural. Par conséquent, le NEPAD et la FAO ont produit le Programme exhaustif pour le développement de l’agriculture, qui fournit aux gouvernements des directives pour l’accélération des mesures trans-sectorielles relatives à une agriculture durable, au développement rural, à la sécurité alimentaire et à la réduction de la pauvreté.

 

Pour l’heure, la FAO s’emploie à élaborer des directives applicables au développement de l’élevage, à la sylviculture et à la pêche.

 

Les pays et les communautés économiques régionales (CER) peuvent soumettre au Secrétariat du NEPAD des programmes et des projets prioritaires visant, à terme, l’élimination de la faim et de la pauvreté, en vue de leur inclusion dans le plan d’action des projets et programmes phares du NEPAD. Le NEPAD est disposé à aider les pays et les CER à élaborer des descriptifs de projet “pouvant bénéficier de concours bancaires” et à assurer la liaison avec les institutions financières internationales de développement.

 

FITCA

Le Programme régional intitulé “l’Agriculture dans les zones de contrôle des tsétsé” (FITCA), financé par l’UE, considère les agriculteurs comme les principales parties prenantes, puisque le processus de planification et de mise en œuvre doit être caractérisé par une approche participative. Le FITCA a démarré en 1997 dans trois pays, à savoir: l’Ouganda, le Kenya et l’Ethiopie. Les principaux objectifs des trois pays étaient la lutte contre la maladie du sommeil, le développement rural et le renforcement des capacités. La durée du projet est de quatre ans et il est financé à hauteur de 20 millions d’Euros. En 2002, la Tanzanie a initié deux petits projets communautaires et le Rwanda a également soumis une proposition de petit projet.

 

Au niveau régional, le FITCA appuie les pays à travers la formation, la recherche, la surveillance de l’environnement et l’harmonisation transfrontalière. Partout où cela est possible, le FITCA appui les politiques favorables à la privatisation dans le domaine de la prestation de services aux éleveurs. La disponibilité de services efficaces et économiquement abordables, et l’existence de conditions favorables de marché encouragent les éleveurs à accroître l’effectif et/ou à améliorer leur bétail.

 

Une évaluation à mi-parcours du FITCA a été faite en 2002. Bien que critique à l’égard des resultats du projet, la mission d’évaluation a recommandé la poursuite des activités du FITCA jusqu’en 2004, afin de consolider les acquis. Suite à cette recommandation, une consultation sur les stratégies de consolidation du projet, réalisée en 2003, a recommandé la poursuite du FITCA pour une deuxième phase.

 

Les expériences tirées de la première phase du FITCA semblent indiquer qu’une période de quatre à cinq ans pourrait s’avérer insuffisante pour obtenir des résultats tangibles et durables dans le domaine de l’amélioration des systèmes de production animale.

 

L’UA/IBAR encourage les pays membres à élaborer des stratégies de lutte contre les tsétsé et la trypanosomose ainsi que des stratégies de développement rural, en tenant compte de la politique régionale, des expériences et des acquis de la première phase du programme FITCA.

 

PACE

Le Programme panafricain de contrôle des épizooties (PACE) a pour objet la lutte contre les principales épizooties telles que la peste bovine, la péripneumonie contagieuse bovine (PPCB), la fièvre de la vallée du Rift (FVR), la peste porcine africaine et la fièvre aphteuse. Le PACE appuie les services vétérinaires dans le cadre d’une approche holistique qui comprend des politiques en matière d’élevage, l’élaboration de lois et les technologies de l’information.

 

Le PACE est basé dans les locaux de l’UA/IBAR, le bureau technique de l’UA dans le domaine des ressources et de l’industrie animales. Il s’agit d’un programme à financement multiple, dont une grande partie des fonds est octroyée par la Commission européenne, à travers un accord de financement signé en 1999 pour cinq ans. Le PACE s’inspire des acquis du programme d’éradication de la peste bovine. Dans le cadre d’un plan régional de coordination, l’objectif global du PACE est d’éradiquer la pauvreté en augmentant les revenus des propriétaires de bétail, à travers l’amélioration de la production animale, du commerce des produits de l’élevage et de la sécurité alimentaire. Le PACE renforce les liens institutionnels et s’emploie à éradiquer les principales épizooties à l’aide des techniques avancées .

 

En ce qui concerne la FVR, les embargos commerciaux sur le bétail suite aux épidémies de la maladie dans la péninsule arabique en 2000, ont eu des conséquences catastrophiques sur certains systèmes de production animale de la région. Les récentes épidémies survenues en Afrique de l’ouest et centrale ont mis en evidence la nécessité d’intensifier les efforts en vue de l’élaboration d’une politique régionale qui associe les parties prenantes à divers niveaux.

 

La fièvre aphteuse sévit de plus en plus et affecte sérieusement le commerce du bétail. Les différents sérotypes présents chez le bétail et la faune sauvage compliquent la compréhension de l’épidémiologie de cette maladie.

 

La peste porcine africaine est endémique dans la région côtière de l’Afrique de l’ouest et elle gagne de plus en plus l’Afrique centrale et de l’est. Il faudra intensifier les efforts pour la mise au point d’un vaccin.

 

Les acquis du PACE sont, entre autres, a) le renforcement des services vétérinaires nationaux de l’UA/IBAR pour la lutte contre les maladies dans 30 pays africains et le renforcement des capacités à travers la formation ; b) l’amélioration du savoir-faire en matière de surveillance des maladies de la faune sauvage ; c) l’engagement à suivre la voie tracée par l’OIE et les demandes formulées par neuf pays pour être reconnues indemnes de peste bovine ; d) l’élaboration de directives pour la privatisation et l’amélioration de la prestation des services vétérinaires ; et e) l’initiation de l’approche participative de la santé animale par les communautés.

 

Bien que le PACE se focalise sur la peste bovine, les structures disponibles et les autres avantages comparatifs de l’UA/IBAR peuvent également ajouter de la valeur aux initiatives de lutte contre les tsétsé et la trypanosomose.

 

ICIPE

Le Centre international de la physiologie et de l’écologie des insectes (ICIPE) a été créé il y a une trentaine d’années à Nairobi, Kenya. C’est une organisation internationale dont la mission est d’améliorer le bien-être des populations dans les régions tropicales, à travers la recherche et le renforcement des capacités pour les sciences de l’insecte et leur application. A travers son paradigme de recherche et développement (R&D) dit des 4 ‘S’, qui aborde la santé humaine, animale, végétale et environnementale, l’ICIPE s’attaque aux problèmes liés entre eux de la pauvreté, de la faible productivité de l’agriculture, de la santé précaire et de la dégradation de l’environnement. Chacun de ces quatre projets comporte un important volet de renforcement des capacités.

 

Une récente évaluation de la planification stratégique a conclu que les principaux acquis de l’ICIPE ont été obtenus dans les domaines du développement technologique, de l’adoption communautaire, de la recherche adaptative et de l’amélioration des connaissances des sciences fondamentales de l’insecte.

 

Le programme de recherche sur les tsétsé de l’ICIPE a été initié par son Directeur fondateur, feu le Professeur Thomas Odhiambo, à qui on a rendu hommage pendant la cérémonie d’ouverture de la 27ème réunion du CSIRLT.

 

Dans le domaine de la lutte contre les tsétsé et la trypanosomose, les activités que mène actuellement l’ICIPE en matière de contrôle intégré du parasite et du vecteur (IPVM) sont, entre autres, a) la technologie de produits répulsifs contre les tsétsé ; la gestion communautaire durable du contrôle des tsétsé et de la trypanosomose en Ethiopie ; b) le contrôle de la maladie du sommeil à travers l’IPVM au Tchad ; c) la technique du piégeage avec la participation communautaire au Kenya ; d) l’identification des cibles moléculaires pour la mise au point de nouveaux médicaments antiparasitaires ; et e) l’expression des gènes de surface des larves d’insecte de T. brucei.

 

Les travaux de l’ICIPE sur le renforcement des capacités et le renforcement institutionnel ont porté, entre autres, sur l’appui aux étudiants en Maîtrise et en Doctorat (192 étudiants à ce jour) et à ceux du troisième cycle. Un accent particulier est également mis sur la formation des agriculteurs et des agents de vulgarisation.

 

L’ICIPE compte nouer de nouveaux partenariats stratégiques pour relever l’énorme défi que constitue pour l’Afrique la lutte contre le vecteur et la maladie.

 

PROGRAMME REGIONAL DE LUTTE CONTRE LES TSETSE ET LA TRYPANOSOMOSE (RTTCP) ET LE CENTRE REGIONAL DE LA SADC

 

Au cours des 15 dernières années, la mise en œuvre des programmes régionaux de lutte contre les tsétsé et la trypanosomose a été confrontée au manque d’actions complémentaires et de stratégies normalisées. Il est important que les projets régionaux contiennent une stratégie commune et un plan de mise en œuvre pour assurer des interventions synchronisées et complémentaires de lutte contre les tsétsé et la trypanosomose de part et d’autre des frontières communes. A cet effet, de fréquentes consultations entre pays voisins sont nécessaires pour convenir des priorités et objectifs communs, élaborer une politique/stratégie régionale décisive et un plan de mise en œuvre, évaluer les progrès accomplis ou les obstacles rencontrés et préparer ensemble la stratégie commune d’intervention en vue d’atteindre les objectifs communs.

 

Pour ce qui est des projets régionaux, les zones prioritaires nationales pour les interventions de lutte contre les tsétsé et la trypanosomose et le développement rural peuvent être différentes des deux côtés des frontières communes. Dans ce cas, l’on pourrait avoir besoin d’organismes régionaux ou de bailleurs de fonds pour financer les projets, afin d’assurer la mise en œuvre des activités de lutte contre les tsétsé et la trypanosomose des deux côtés de ces frontières, de façon synchronisée et harmonisée.

 

L’interruption des activités opérationnelles de l’ancien programme RTTCP a entrainé une réduction des financements pour les interventions de lutte contre les tsétsé et la trypanosomose. Les pays concernés doivent envisager de mobiliser des contributions pour les activités des projets auprès des principaux bénéficiaires, à savoir : les agriculteurs et les propriétaires de bétail, et de sous-traiter les activités de projet. La réduction des financements et des activités peut également entraîner le départ du personnel qualifié et expérimenté, et un mécanisme doit être créé pour le retenir, en offrant une formation adéquate aux cadres moyen et supérieur. Dans tous les cas, des efforts nationaux et régionaux doivent être déployés afin de veiller à ce que des régions débarrassées des tsétsé et de la trypanosomose ne soient pas réinfestées.

 

Les projets régionaux appelés à remplacer le RTTCP sous la coordination du PATTEC devront comporter un volet national et régional de renforcement des capacités et, si possible, le cours de formation régional, de niveau Maîtrise, sur les tsétsé et la trypanosomose et les domaines connexes, doit être rétabli et une base de données régionale devra être créée.

 

CIRAD

Le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) est une organisation française au service des pays du sud, avec pour vocation d’appuyer les activités de recherche et de développement dans le domaine des productions animale et végétale. Les grands champs de son intervention concernent la gestion des resources naturelles, l’analyse des écosystèmes et des sociétés, l’agriculture, la sylviculture, la production animale. Il répond ainsi aux grands enjeux actuels de sécurité alimentaire, de lutte contre la pauvreté, du développement durable et de protection de l’environnement.

 

Le CIRAD est né du regroupement des différents instituts tropicaux français. Il rassemble environ 1.800 personnes, dont les deux-tiers sont établis en France, dans les sites de recherches de Montpellier ou de Paris. 650 agents travaillent dans les territoires français d’Outre mer et les pays tropicaux, essentiellement africains, sud-américains et asiatiques. Il est divisé en sept départements, dont celui de l’Elevage et de la Médecine vétérinaire tropicale (CIRAD-EMVT) qui comporte 3 programmes : production animale, santé animale, écosystèmes naturels et pastoraux.

 

S’agissant de la lutte T & T, le CIRAD-EMVT gère une unité de recherche commune avec l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD, ex-ORSTOM). Les domaines de recherches comprennent l’épidémiologie, le diagnostic, la trypanotolérance, l’écologie des glossines et l’analyse de risque, l’immunologie et les perspectives de production de vaccins.

 

A Montpellier, les chercheurs bénéficient d’infrastructures adéquates, tel qu’un insectarium dans lequel sont élevées 5 espèces de glossines et des équipements ultramodernes, comprenant des laboratoires P2 et P3. Dans les pays du sud, ils sont intégrés dans les structures nationales et les institutions régionales telles que le CIRDES ou l’ILRI. Le CIRAD travaille en étroite collaboration avec des partenaires français (IDR, Bordeaux, Universités de Montpellier), européens (IMT, CTVM ; Glasgow), africains (CIRDES, ILRI, ISRA) sud-américains (Brésil) et les institutions internationales (PAAT, PATTEC).

 

CIRDES

Le CIRDES est un centre régional de recherche-développement sur l’élevage en zone sub-humide. Il a été créé à partir du CRTA, un projet national de recherche sur la trypanosomose animale, financé par la France et l’Allemagne. Le CIRDES compte six Etats membres de la sous-région de l’Afrique de l’ouest et deux Etats membres associés. Il s’inspire d’une politique et d’une stratégie régionales. Dans le cadre de son approche régionale des problèmes de développement, le CIRDES entreprend des activités de lutte contre les tsétsé et la trypanosomose, qui ont connu une grande ampleur avec l’avènement du projet PROCORDEL. De nombreuses activités sont actuellement menées dans les laboratoires du CIRDES et sur les sites situés dans les Etats membres infestés par les tsétsé (Bénin, Burkina Faso, Ghana, Côte d’Ivoire et Togo).

 

Les différents thèmes de recherche du CIRDES portent sur : a) les techniques améliorées de diagnostic (PCR et ELISA) ; b) l’épidémiologie (y compris la recherche sur la transmission mécanique de T. vivax et sur les contraintes sanitaires à la production laitière dans les zones périurbaines) ; c) la lutte contre les tsétsé et la trypanosomose à travers les expériences d’immunisation à la cystéine protéase, l’évaluation de l’activité des trypanocides dans les extraits de quatre plantes locales, les enquêtes épidémiologiques et sérologiques et la sensibilisation sur la résistance aux trypanocides, l’élevage et les tests sur la capacité vectorielle de Glossina palpalis gambiensis de la zone agropastorale de Tienfala-Baguineda au Mali, les enquêtes sur la répartition des tsétsé dans le bassin du fleuve Mouhoun au Burkina Faso, les travaux sur la télédétection et les systèmes d’information géographique (SIG) pour appuyer la recherche et la lutte contre les tsétsé et la trypanosomose, et l’élevage en masse des tsétsé en vue de leur utilisation éventuelle dans la lutte intégrée avec la TIS ; d) la génétique du bétail et la caractérisation des races avec, entre autres, la préparation d’un atlas sur la répartition des races de bétail en Afrique de l’ouest, la caractérisation génétique des races de bétail au Bénin et la recherche sur les marqueurs génétiques susceptibles d’être liés au trait de trypanotolérance ; et e) les études sur l’impact socio-économique des opérations de lutte contre les tsétsé et la trypanosomose au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire.

 

En 2002, le CIRDES a formé quelque 85 boursiers sur diverses techniques majeures.

 

DNDi

L’initiative des « Médicaments pour les maladies négligées » (DNDi) a été enregistrée comme Fondation en juillet 2003. Elle est le fruit des travaux du Groupe de travail de l’OMS sur les Médicaments pour les maladies négligées et de Médecins sans frontières (MSF), qui ont dédié le montant financier de leur prix Nobel aux travaux de la DNDi.

 

En raison de l’échec de la politique de marché et de la politique publique (la mise au point de médicaments semble être uniquement orientée vers le profit et les politiques publiques ne parviennent pas à rétablir ce déséquilibre), trois lacunes majeures existent à différents stades du processus allant de R & D sur les médicaments à leur mise à la disposition des malades. La DNDi compte utiliser, sous l’égide du secteur public, un modèle alternatif de mise au point de médicaments non orienté vers le profit. Divers acteurs participeront aux opérations de sensibilisation pour R & D sur les nouveaux médicaments ou sur la reformulation des composants (mis de côté) pour les maladies négligées, ainsi qu’à la mobilisation des responsables publics et au renforcement des capacités dans les pays endémiques.

 

Les partenaires fondateurs de la DNDi sont : MSF, la Fondation Oswaldo Cruz (Brésil), le Conseil indien de la recherche médicale, l’Institut Pasteur (France), le ministère de la Santé (la Malaisie), l’Institut de recherche médicale du Kenya (qui représente le réseau africain de la DNDi) et l’OMS/TDR (en qualité d’observateur permanent).

 

La DNDi a pour objectif a) de créer un portefeuille de mise au point de médicaments basé sur les besoins, comportant des projets à court-moyen termes (3 à 6 ans, en tenant compte des médicaments et des composés existants) et à long terme (10 à 12 ans, pour la recherche sur de nouveaux composés) ; b) de sensibiliser l’opinion sur la nécessité de R & D pour les maladies négligées ; et c) de renforcer les capacités en matière de transfert de technologies dans les pays endémiques.

 

Les maladies négligées considérées comme prioritaires par la DNDi sont la maladie du sommeil, la leishmaniose (viscérale, [mico]cutanée, PKDL) et la maladie de Chagas.

L’appui de la DNDi consistera en un financement mixte (public et privé) qui sera assuré par les gouvernements, des fondations privées, le grand public et les partenaires fondateurs (tels que MSF qui a donné les ressources suffisantes pour lancer la DNDi et pour la soutenir pendant cinq ans). Le budget initial de la DNDi (pour l’exercice 2003-2004) est de 20 millions $ EU et, 250 millions de $ EU seront nécessaires sur une période de douze ans afin d’obtenir un résultat possible de six à sept médicaments enregistrés et pour faire fonctionner un portefeuille équilibré de huit projets.

 

La collaboration avec la communauté de la recherche biomédicale dans le monde permettra à la DNDi de mettre au point des médicaments et de les mettre à la disposition des personnes souffrant de maladies négligées.

 

Le Forum sur la TIS

La Technique de l’insecte stérile (TIS) a pour but de compléter et non de remplacer les autres techniques. L’intégration de la TIS dans les autres méthodes de lutte contre les tsétsé et la trypanosomose consiste en la production en masse des parasites visés, la stérilisation des mâles et leur lâcher en grand nombre dans la population sauvage visée. L’impact des mâles stériles lâchés sur la capacité de reproduction de la population cible est énorme et – après quelques lâchers réguliers de générations de mâles stériles – on observe une réduction de la population cible. La TIS a été utilisée avec succès contre plusieurs insectes nuisibles en Amérique du nord, centrale et du sud, en Asie, au Moyen-Orient et en Australie.

 

Le forum panafricain sur la TIS a été créé en juin 2000 sous l’égide de l’OUA d’abord et il a ensuite joué un rôle majeur dans la création du PATTEC. Le forum sur la TIS rassemble des spécialistes des Etats membres, pour échanger des expériences et promouvoir l’intégration de la TIS dans les autres méthodes de lutte contre les insectes nuisibles, dans le cadre d’une approche de lutte à grande échelle en vue de créer des zones débarrassées des insectes nuisibles, pour assurer un développement rural durable et productif. A ce jour, les pays membres du forum sont le Burkina Faso, le Botswana, l’Ethiopie, le Kenya, le Mali, l’Ouganda, l’Afrique du sud, le Soudan et la Tanzanie. Le forum panafricain sur la TIS est représenté au Comité du PATTEC sur les politiques et la mobilisation (UA/PATTEC/CPM) et accorde son appui à l’unité de coordination du PATTEC. Le forum est également membre du Comité exécutif du CSIRLT.

 

EANETT

Le Réseau de lutte contre les tsétsé et la trypanosomose en Afrique de l’est (EANETT) est une initiative conjointe des pays de l’Afrique de l’est, dont l’objectif est d’assurer la gestion efficace et la lutte contre la maladie du sommeil. L’EANETT, qui a démarré en 2000, comprend des instituts nationaux directement impliqués dans la recherche et la lutte contre la trypanosomose, et bénéficie du soutien de l’Agence suisse de coopération et de développement (SDC). Ses membres sont l’Institut tropical suisse (Bâle), l’Institut de recherche sur la médecine tropicale (Khartoum, Soudan), l’Institut de recherche sur la santé animale (Tororo, Ouganda), l’Institut de recherche sur la trypanosomose (Kikuyu, Kenya), l’Institut national de recherche médicale (Tabora, Tanzanie) et l’Institut de recherche sur les tsétsé et la trypanosomose (Tanga, Tanzanie).

 

Les domaines de recherche de l’EANETT comprennent : a) la surveillance active de l’homme et du bétail, avec un accent particulier sur l’identification des régions les plus endémiques et sur le traitement de la THA (en 2002 plus de 15.000 personnes ont été examinées) ; b) la géo-référence des villages endémiques et des cas enregistrés chez les populations ; c) la création de colonies de G. pallidipes, G. swynnertoni et G. fuscipes pour des études sur la capacité et la transmission vectorielles ; d) la caractérisation génétique des tsétsé; d) l’amélioration des techniques d’isolement de T. b. gambiense chez les patients ; e) la collecte des isolats de T. b. gambiense du nord-ouest de l’Ouganda et du sud-Soudan, en collaboration avec MSF ; et f) la caractérisation du modèle-singe de T. b. gambiense au KETRI.

 

A ce jour, les réalisations de l’EANETT sont, entre autres : a) la modernisation des infrastructures (amélioration des équipements de laboratoire pour la recherche et le diagnostic) et l’amélioration de la gestion de l’information (accès à l’Internet, création d’une page d’accueil [www.eanett.org], lancement d’une nouvelle brochure) ; b) l’organisation de formations, notamment des formations individuelles sur le diagnostic de la THA, l’élevage des tsétsé, les transferts de techniques telles que les techniques de la PCR pour l’identification des espèces de trypanosomes et pour la caractérisation des tsétsé, et le démarrage de deux programmes de niveau “Maîtrise” et “Doctorat” ; c) l’organisation de conférences annuelles en vue de la création d’une plate-forme pour la publication des progrès accomplis, l’évaluation des recherches en cours et la planification des futures activités.

 

Depuis la 26ème réunion du CSIRLT, une conférence annuelle avec 31 participants s’est tenue à Tororo, en Ouganda, et trois ateliers avec 8 à 10 participants chacun se sont tenus avec des thèmes spécifiques. L’EANETT entretient de bons rapports avec le « Réseau pour le traitement de la maladie du sommeil et la chimiorésistance» de l’OMS, et a bénéficié du soutien de l’OMS dans divers domaines.

 

En octobre 2003, l’EANETT a tenu sa conférence annuelle à Bagamoyo, en Tanzanie. De nouveaux membres venant des pays voisins ont adhéré au réseau, dont la deuxième phase (2004-2006), qui sera exécutée avec l’appui de la SDC, renforcera les liens avec l’OMS.

 

 


PROTOZOOLOGIE, IMMUNOLOGIE, ENTOMOLOGIE

 

Modérateur           :               Peter Holmes

Rapporteur           :               Raffaele C. Mattioli

 

Communications présentées : 201, 202, 203, 301, 302, 304

 

201 : la dourine

La dourine et le rôle de Trypanosoma equiperdum sont un domaine qui n’a pas fait l’objet de recherches suffisantes, et aucun test fiable n’est disponible. Cela est en partie dû aux difficultés rencontrées pour isoler les trypanosomes issus des cas de dourine chez les chevaux. Les travaux présentés par Claes et al (201) ont tenté de démontrer la relation entre T. equiperdum, T. evansi et T. b. brucei. Dans leur étude, ils ont examiné différentes souches de ces trypanosomes en utilisant les techniques moléculaires de RAPD et de MEGA. Leurs résultats ont révélé que la plupart des souches de T. equiperdum ne pouvaient pas être différenciées de celles de T. b. brucei. Leurs données semblent indiquer que T. equiperdum pourrait être une sous-espèce de T. b. brucei.

 

RECOMMANDATION

La réunion a convenu que ces résultats devraient être confirmés par un plus grand nombre d’échantillons issus de nouveaux cas isolés de dourine recensés dans différentes régions. Il faudrait également essayer d’infecter, à titre expérimental, des chevaux en utilisant de nouveaux isolats.

 

 

202, 203, 301 : Epidémiologie et réservoir-hôte de T. brucei gambiense

Divers aspects de l’épidémiologie de T. b. gambiense restent à élucider, notamment le rôle des réservoirs animaux, qu’ils soient domestiques ou sauvages, dans cette épidémiologie. La communication présentée par Ravel et al (202) a confirmé, à l’aide de l’amplification en chaîne par polymérase (PCR), que les porcs domestiques sont un réservoir-hôte potentiel pour T. brucei gambiense.

 

L’une des difficultés liées aux travaux réalisés sur T. brucei gambiense porte sur l’isolement des parasites chez les animaux expérimentaux (tels que les rongeurs). La communication 203 présentée par Buscher et al a indiqué que par rapport aux souris et aux rats de laboratoire, le rat d’arbre Grammomys surdaster présente des avantages qui sont le début précoce, la forte parasitémie et la forte sensibilité.

 

Dans le but d’identifier le réservoir-hôte de T. b. gambiense, Njiokou et al (301) ont rendu compte des résultats obtenus après l’analyse de repas de sang pris sur des vertébrés chez des tsétsé capturées dans trois localités au Cameroun. Les résultats ont indiqué qu’en plus de l’homme, il existait des preuves qu’un certain nombre de mouches se sont nourries sur des porcs (domestiques) et sur des animaux sauvages (sitatonga).

 

RECOMMANDATION

Les travaux devront se poursuivre sur l’épidémiologie de T. brucei gambiense en utilisant les nouvelles techniques moléculaires disponibles, pour confirmer les premiers résultats et promouvoir de nouvelles méthodes de lutte contre la maladie due à T. b. gambiense.

 

302 :  Différenciation génétique des populations naturelles de tsétsé

L’utilisation de la Technique de l’insecte stérile (TIS) requiert une connaissance approfondie de la génétique des populations des espèces cibles de tsétsé. La communication de Solano et al (302) a examiné, à l’aide d’un polymorphisme d’ADN microsatellite, les différences génétiques au sein des populations de Glossina palpalis. Deux loci microsatellites ont montré des differences significatives entre les populations de G. palpalis en Afrique de l’ouest. Cependant, des études plus poussées sont nécessaires pour confirmer ces résultats, notamment en ce qui concerne la lutte par application des méthodes génétiques.

 

Commentaires

 

Un rapport sur les différences génétiques et sur les différences hétérozygotes entre les populations de G. palpalis gambiensis dans des basins adjacents au Burkina Faso, peut être considéré comme une première preuve du faible flux génétique entre certaines populations voisines de tsétsé. Cela montre que, chez les espèces ripicoles de tsétsé, il y a une fragmentation plus prononcée que celle indiquée par les récentes cartes établies sur les risques de présence ou d’absence de G. palpalis et G. tachinoides en Afrique de l’ouest.

 

 

RECOMMANDATION

La réunion recommande qu’un échantillonnage génétique structuré des populations de tsétsé soit réalisé pour déterminer les flux génétiques et, éventuellement, circonscrire les populations de tsétsé, notamment en Afrique de l’ouest. C’est là une condition essentielle à toute intervention stratégique de lutte contre les tsétsé.

 

304 : Nourriture pour l’élevage en masse des tsétsé

L’approvisionnement en quantité suffisante de nourriture pour l’élevage en masse des tsétsé est l’une des composantes les plus importantes de la Technique de l’insecte stérile (TIS). Parker et al (304) ont décrit un certain nombre d’expériences visant à identifier une nourriture appropriée à ce type d’élevage. La nourriture idéale devrait être un produit sec et stérile, conservable sur des étagères à température ambiante. Aucune des nourritures de tsétsé testées à ce jour ne répond à ces critères.

 

RECOMMANDATION

L’utilisation à grande échelle de la TIS pour éliminer les tsétsé requiert la disponibilité d’une nourriture convenable et produite en quantité suffisante. A l’heure actuelle, aucune des nourritures utilisées ne répond aux critères essentiels pour l’élevage en masse des tsétsé. Il est recommandé d’accorder la priorité à la recherche visant à identifier une nourriture appropriée à ce type d’élevage de tsétsé.

 


TRYPANOSOMOSE HUMAINE AFRICAINE

 

Modérateurs         :               J. M. Ndungu/C. Miaka Mia Bilenge

Rapporteurs         :               P. Simarro/M. Odiit

 

Vingt-et-une communications ont été présentées au cours des séances sur la trypanosomose humaine africaine (ou maladie du sommeil). Trois d’entre elles portaient sur le diagnostic et quatre sur l’immunopathologie. Quatre communications avaient trait à des aspects de l’épidémiologie de la maladie et neuf portaient sur la mise au point de médicaments. Une communication a décrit l’existence possible d’une autre sous-espèce de Trypanosoma brucei.

 

Dans les communications sur le diagnostic de la maladie du sommeil, un nouveau test prometteur, le Test d’immunofluorescence directe (DIFAT) a été expliqué. On a également fait état d’une nouvelle unité de production pour la technique de séparation sur mini-colonne d’échangeuse d’ions (m-AECT), basée à Kinshasa en République Démocratique du Congo. La performance  du Test d’agglutination indirecte sur carte pour le diagnostic de la trypanosomose (CIATT)  et celle du Test d’agglutination sur carte pour le diagnostic de la trypanosomose (CATT)  ont été citées comme étant comparables, mais leurs sensibilités - lorsqu’elles sont utilisées séparément - sont plus faibles par rapport au résultat obtenu lorsque les deux tests sont appliqués ensemble. La détection des anticorps antitrypanosomose spécifiques dans la salive a été mentionée ; elle indique la possibilité de mettre au point un test de diagnostic non-invasif.

 

La crainte de la propagation de la maladie du sommeil à T.b.  rhodesiense vers le nord de l’Ouganda, avec des possibilités de chevauchement avec la région touchée par la maladie du sommeil à T. b. gambiense  au nord-ouest, a été exprimée. Deux communications sur les travaux effectués dans l’Etat de Bahr El Jabel (sud Soudan) ont révélé un taux élevé de séroprévalence de la maladie du sommeil en utilisant le protocole du sang entier par CATT par rapport à un protocole de dilution en série. Le risque d’infection de la maladie du sommeil dans les régions périurbaines de Kinshasa a été décrit. L’intégration du diagnostic de la maladie du sommeil dans le dispositif de soins de santé primaires comme un moyen de contrôle de la maladie du sommeil à T. b. rhodesiense dans une région peu endémique à l’ouest du Kenya a également été mentionnée.

 

Des études sur les cytokines ont montré une corrélation entre l’interleukine (IL-10) et les phases cliniques de la maladie du sommeil, et il y a des preuves de possibilité de différences génétiques dans la sensibilité liée aux gènes pour IL-10 et TNFα.

 

Une communication a été présentée sur l’association entre les syndromes encéphalopatiques liés au mélarsoprol et le type de ALH, ce qui semble indiquer une relation possible. Cependant, compte tenu du fait que l’échantillon étudié est très réduit, des études approfondies devraient être entreprises.

 

Concernant l’administration de médicaments, les résultats d’une étude - menée dans plusieurs pays et dans plusieurs centres - sur un régime d’administration du mélarsoprol pendant 10 jours de traitement, dans des conditions de terrain, de la phase neurologique de la maladie du sommeil à T. b. gambiense  ont été présentés. Ils montrent que le traitement de 10 jours était aussi efficace que le long traitement d’un mois. Ceci est très apprécié par les malades et les agents de santé à cause de sa courte durée, sa simplicité et ses coûts réduits. En outre, la conformité était d’un niveau élevé.

 

Des communications sur la diamidine comme nouveau médicament pour traiter la trypanosomose africaine ont été présentées et comprenaient divers composés qui font l’objet de recherche dans le cadre du consortium financé par la Fondation «Medicines for Malaria Venture» (MMV) et la Fondation Bill & Melinda Gates. Un  médicament est actuellement à la phase II des essais cliniques pour la trypanosomose à T. b.  gambiense  au premier stade. Il a été démontré que d’autres composés peuvent soigner la trypanosomose à T. b. rhodesiense et traverser la barrière hémato-méningée. Des résultats préliminaires d’une étude ouverte et non contrôlée de la phase II pour évaluer la sécurité et l’efficacité de DB 289 chez les malades souffrant de la maladie du sommeil à T. b.  gambiense au stade précoce ont été présentés.  La tolérance a été excellente ; les effets secondaires enregistrés étaient la céphalée, la fièvre intermittente et le prurit. Deux malades ont été retirés à cause de l’hypertension et d’une forte fièvre persistante.

 

Les résultats de l’efficacité de DB 289 contre les infections au premier stade et en phase neurologique de T. b. rhodesiense chez les souris ont été présentés. La sensibilité de T. b. rhodesiense isolé du LCR ou du sang de singes vervet qui ont fait une rechute après un traitement de la maladie au stade avancé avec DB 289 a été étudiée. Les résultats ont été comparés aux isolats originaux et ils n’ont montré aucune différence entre l’isolat original et le parasite tiré du LCR. Toutefois, les parasites isolés du sang ont montré une différence significative. Les résultats sur la morbidité et la mortalité liées au traitement obtenus à Kajo-Keji (sud-Soudan) par MSF-Suisse traitant 200 malades avec l’eflornithine comme traitement de première ligne ont été présentés en comparant les données avec une cohorte historique de 990 malades traités avec le mélarsoprol dans le même hôpital où ce médicament a été utilisé pour le traitement de première ligne avant de le remplacer par l’eflornithine.

 

RECOMMANDATIONS

La réunion a adopté l’administration du mélarsoprol pendant 10 jours pour le traitement de la phase neurologique de la maladie du sommeil à T. b.  gambiense. Elle a également recommandé que des études similaires soient étendues aux malades sommeilleux à T. b. rhodesiense.

 

Il est demandé à l’OMS/TDR d’accélérer le processus d’enregistrement du Nifurtimox pour le traitement de la maladie du sommeil. Des essais sur le terrain sur la validité et la rentabilité du test DIFAT devraient être effectués.

 

La publicité de la technique m-AECT de Kinshasa en République Démocratique du Congo devrait être faite. La continuation des études sur la génétique et la sécrétion de cytokine qui donnent actuellement des résultats prometteurs devrait être appuyée.

 

Une caractérisation approfondie des sous-espèces de T. brucei qui n’ont pas été décrites plus tôt devrait être faite et son importance épidémiologique devrait être déterminée.

 

Lorsque la maladie du sommeil sévit dans des milieux urbains, les méthodes de lutte doivent inclure le contrôle du vecteur et l’amélioration des centres de santé pour aider les personnes infectées.

 

Il faudrait encourager les études sur les combinaisons des médicaments existants et sur les nouveaux médicaments.

 

Dans les régions peu endémiques de T. b. rhodesiense et  T. b. gambiense, un contrôle basé sur la surveillance passive en utilisant les services de santé primaires peut être rentable mais la formation des agents de santé pour la maladie du sommeil et le renforcement des capacités des laboratoires doivent être entrepris.

 

Les chercheurs doivent être encouragés à mener des recherches opérationnelles, y compris l’examen minutieux des méthodes de diagnostic, le traitement et le suivi. Ceci doit être incorporé dans les programmes nationaux de contrôle.

 

Dans les pays endémiques, les Ministères de la Santé devraient être sensibilisés sur les effets de la maladie du sommeil sur la santé publique et ce, pour qu’ils en fassent une priorité.

 


trypanosomose animale et diagnostic

 

Modérateurs         :               Joyce Daffa & Issa Sidibé

Rapporteur           :               Charles Mahama

 

Deux communications ont souligné l’importance de T. congolense, en tant que trypanosome relativement pathogène, dans l’épidémiologie de la trypanosomose animale. La première a essentiellement porté sur les méthodes et les procédures permettant de distinguer, par amplification de l’ADN de fragments génétiques, les isolats résistants et non résistants de T. congolense pouvant servir de marqueurs de chimiorésistance. La méthodologie proposée doit être mieux élaborée pour permettre une meilleure distinction entre les souches résistantes et les souches non résistantes aux médicaments. La deuxième communication a essayé de comparer trois types phylogénétiquement distincts de T. congolense (les types Kilifi, savane et forêt). Des observations clinico-pathologiques faites après infection artificielle des zébus avec ces types de trypanosomes ont révélé de nettes différences entre les formes de trypanosomose causées par ces types. Les lésions clinico-pathologiques les plus graves étaient observées chez les bovins infectés avec T. congolense (type savane), suivi par T. congolense (type forêt). En revanche, les lésions étaient moins graves chez les animaux infectés avec de T. congolense (type forêt). Les lésions dues à T. congolense (type kilifi) étaient les moins graves. Le présentateur de l’exposé a suggéré qu’une étude plus approfondie sur une infection naturelle était nécessaire.

 

Une communication a été faite sur les résultats d’une expérience menée pour confirmer la transmission non-cyclique de T. vivax par deux espèces de tabanides d’Afrique. Selon ces résultats, les tabanides étaient capables, dans un corral protégé par une moustiquaire, de transmettre T. vivax d’un zébu infecté expérimentalement à un bovin non infecté. Cette expérience soulève la question de la possibilité d’éradiquer l’infection à T. vivax après l’éradication des tsétsé.

 

Les rapports sur l’utilisation des trypanocides montrent que l’un des principaux problèmes rencontrés par les vétérinaires est la reconstitution des médicaments. Les essais réalisés pour comparer l’activité curative de deux formulations d’acéturate de diminazène (la formulation granuleuse et la formulation stérile injectable et prête à l’usage) ont montré qu’elles étaient toutes les deux efficaces pour traiter la trypanosomose animale ; la seule différence est que la deuxième formulation a un effet plus positif sur le poids vif que la première.

 

Une communication a fait état de l’effet de la prophylaxie à l’isométamidium sur la production laitière du bétail. En général, l’isométamidium a provoqué une baisse de la production laitière ; mais en variant les doses, l’on a constaté qu’une dose de 1 mg/kg de poids vif a entraîné, une plus forte baisse de la production de laitière qu’une dose de 0,5 mg/kg.

 

Les résultats d’une enquête approfondie menée dans le district de Busia, au Kenya, sur les maladies parasitaires telles que la trypanosomose, les maladies transmises par les tiques et l’helminthiase, ont fait l’objet d’une communication. Le taux de prévalence de la trypanosomose était très variable d’un village à l’autre, allant de 1,3 % à 5 % aussi bien chez les bovins que chez les petits ruminants. Chez les veaux, on a observé une énorme charge parasitaire. Une très forte prévalence d’infection à T. brucei a été notée chez les chiens qui présentaient par ailleurs des signes de cécité. Eu égard à l’existence d’autres maladies parasitaires dans la région, il est fortement recommandé que les enquêtes épidémiologiques soient menées de manière plus approfondie, afin de pouvoir formuler des stratégies de lutte intégrée contre les maladies.

 

Une communication a fait état de l’importance de la trypanosomose transmise par les tsétsé chez les dromadaires transhumants. A l’aide de méthodes ordinaires de détection parasitologique et de la PCR, l’on a pu observer que les chameaux étaient infectés par T. vivax, T. congolense (type savane) et T. brucei. L’espèce la plus répandue était T. brucei. Ces résultats soulignent l’importance de la trypanosomose transmise par les tsétsé chez les dromadaires élevés à proximité des régions infestées de tsétsé ou chez les chameaux qui parcourent des régions infestées de tsétsé.

 

Les résultats des études sur la chimiorésistance au Burkina Faso, au Mali et en Guinée ont fait l’objet d’un exposé. Des études transversales ont permis d’identifier les villages où il y a un usage considérable de trypanocides. Une étude longitudinale pour vérifier l’efficacité de l’isométamidium a été réalisée dans certains villages et les résultats ont montré qu’il faudrait trois semaines pour connaître les cas de chimorésistance. L’étude ouvre des perspectives pour l’établissement de protocoles qui permettraient d’accélérer la détection de la chimiorésistance.

 

Très peu de travaux ont été effectués sur le rapport entre la nutrition et l’infection. L’examen des constituants chimiques du sang des vaches N’dama infectées artificiellement avec T. congolense a fait l’objet d’un suivi. Les niveaux de métabolites chez deux groupes ont montré que les déchets dérivés de déchets pourraient se transformer en énergie chez le bétail trypanotolérant vivant dans les zones infestées de tsétsé.

 

RECOMMANDATIONS

 

1.             Recherche sur la chimiorésistance

Consciente de l’importance de la chimiorésistance dans l’épidémiologie de la trypanosomose, la réunion recommande la poursuite des recherches dans le but d’élaborer des protocoles et l’identification de marqueurs moléculaires de résistance aux trypanocides.

 

2.             Mise au point de nouveaux médicaments et contrôle de la qualité

Préoccupée par les difficultés rencontrées par les vétérinaires et les autres agents de terrain lors de l’utilisation des médicaments et notamment par les problèmes liés à la normalisation des formulations des médicaments, la réunion recommande la création de partenariats appropriés entre les consommateurs et les fabricants de médicaments, en vue de la mise au point de formulations de médicaments qui soient efficaces et faciles à utiliser par les agriculteurs.

 

Il est également recommandé que des mécanismes soient mis en place dans nos différents pays pour permettre à nos services vétérinaires de contrôler les importations, la distribution et l’utilisation des produits vétérinaires y compris les trypanocides et ce, afin de veiller à ce que seuls les médicaments approuvés soient mis sur le marché.

 

3.             Minimiser le développement de la chimiorésistance

Consciente de la nécessité d’empêcher le développement par les trypanosomes de la chimiorésistance, la réunion recommande que les médicaments prophylactiques, et plus particulièrement l’isométamidium, soient utilisés dans le cadre de campagnes organisées, afin d’assurer une couvert