Paper and Poster Presentations
Country and Regional Reports
SUB-REGIONAL EPIDEMIOLOGY OF AFRICAN ANIMAL TRYPANOSOMOSES: CONTRIBUTION OF THE "PROGRAMME CONCERTE DE DEVELOPPEMENT DE L'ELEVAGE EN AFRIQUE DE L'OUEST (PROCORDEL)" TO THE IMPLEMENTATION OF THE PATTEC IN WEST AFRICA / EPIDEMIOLOGIE SOUS-REGIONALE DES TRYPANOSOMOSES ANIMALES : CONTRIBUTION DU PROGRAMME CONCERTE DE DEVELOPPEMENT DE L'ELEVAGE EN AFRIQUE DE L'OUEST (PROCORDEL) A LA MISE EN OEUVRE DU PATTEC EN AFRIQUE DE L'OUEST
Issa Sidibe, Aligui Djiteye, Charles Mahama, Jean Baptiste Rayasse,G. Acapovi & Mamadou L. Dia
STRENGTHENING OF THE CONTROL STRATEGY AFTER ONE HUNDRED YEARS OF FIGHT AGAINST HUMAN AFRICAN TRYPANOSOMIASIS (HAT) IN ANGOLA - "HAT" STILL A MAJOR PROBLEM IN ANGOLA / RENFORCEMENT DE LA STRATEGIE DE LUTTE APRES CENT ANS D'INTERVENTION CONTRE LA TRYPANOSOMOSE HUMAINE AFRICAINE (THA), UN PROBLÈME ENCORE PREOCCUPANT EN ANGOLA
D.D. Ndinga, Morgado, Tito Bage & T. Josenando
EVALUATION OF THE SITUATION OF HAT (HUMAN AFRICAN TRYPANOSOMOSIS OR SLEEPING SICKNESS) IN COTE D'IVOIRE FROM 2000 TO 2004 / EVALUATION DE LA SITUATION DE LA TRYPANOSOMOSE HUMAINE AFRICAINE (THA) EN CÔTE D'IVOIRE DE 2000 A 2004
D. Kaba, N.N. Dje, F. Courtin, E. Oke & M. Koffi,
HUMAN AFRICAN TRYPANOSOMIASIS CONTROL IN THE DEMOCRATIC REPUBLIC OF CONGO (1993-2003) / LA TRYPANOSOMOSE HUMAINE AFRICAINE EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO (1993 - 2003)
Lutumba Pascal , Jo Robays, Constantin Miaka Mia Bilenge, Victor Kande Betu Ku Meso, D. Molisho., Johan Declercq, Wim Van der Veken,. Filip Meheus, Jean Jannin & Marleen Boelaert
THE CURRENT SITUATION OF TSETSE AND TRYPANOSOMOSIS IN ETHIOPIA / LA SITUATION ACTUELLE DES TSETSE ET DE LA TRYPANOSOMOSE EN ETHIOPIE
Miressa Keno
KENYA COUNTRY REPORT / RAPPORT NATIONAL (KENYA)
T.A. Otindo
AREA-WIDE PAN AFRICAN TSETSE AND TRYPANOSOMOSIS ERADICATION CAMPAIGN FOR THE CENTRAL SOUTH OF MOUNT KENYA BELT- PROSPECTS AND CHALLENGES / CAMPAGNE PANAFRICAINE A GRANDE ECHELLE D'ERADICATION DES TSETSE ET DE LA TRYPANOSOMOSE DANS LA ZONE INFESTEE PAR LES TSETSE DU CENTRE-SUD DU MONT KENYA - PERSPECTIVES ET DEFIS
J.K. Chemuliti, G.M. Mugunieri, S. Okoth, S. Munene & J.M. Ndungu
EXPERIMENTAL RELEASES OF STERILE MALE TSETSE FLIES INTO THE PERIURBAN AREA OF BAMAKO / LACHERS EXPERIMENTAUX DE MOUCHES TSETSE MALES STERILES DANS LA ZONE PERIURBAINE DE BAMAKO AU MALI
Sadou Maiga
NIGERIA COUNTRY REPORT ON TSETSE INFESTATION AND TRYPANOSOMIASIS : AN OVERVIEW / RAPPORT NATIONAL DU NIGERIA SUR L'INFESTATION PAR LES TSETSE ET LA TRYPANOSOMOSE : UN APERÇU
L.T. Zaria
AN OVERVIEW OF TSETSE AND TRYPANOSOMOSIS CONTROL IN TANZANIA 2003-2005 / UN APERÇU DE LA LUTTE CONTRE LES TSETSE ET LA TRYPANOSOMOSE EN TANZANIE (2003 - 2005)
J.W. Daffa, P. Z Njau, H. Mbwambo & M. Byamungu
THE CONTRIBUTION OF FITCA PROJECT TO TSETSE AND TRYPANOSOMOSIS CONTROL IN UGANDA / CONTRIBUTION DU PROJECT FITCA A LA LUTTE CONTRE LES TSETSE ET LA TRYPANOSOMOSE EN OUGANDA
A. M. Gidudu, S. Gould, F. Luyimbazi, J. Odimim, F.Akena & A.Kakembo
Biology, Protozoology, Immunology and Diagnosis
African Human Trypanosomosis
Animal Trypanosomosis
Vector Contol
Environment and Geographic Information (GIS)
Socio-Economics and Rural Development
 
 

EPIDEMIOLOGIE SOUS-REGIONALE DES TRYPANOSOMOSES ANIMALES: CONTRIBUTION DU PROGRAMME CONCERTE DE DEVELOPPEMENT DE L’ELEVAGE EN AFRIQUE DE L’OUEST (PROCORDEL) A LA MISE EN OEUVRE DU PATTEC EN AFRIQUE DE L’OUEST

SUB-REGIONAL EPIDEMIOLOGY OF AFRICAN ANIMAL TRYPANOSOMOSES: CONTRIBUTION OF THE "PROGRAMME CONCERTE DE DEVELOPPEMENT DE L'ELEVAGE EN AFRIQUE DE L'OUEST (PROCORDEL)" TO THE IMPLEMENTATION OF THE PATTEC IN WEST AFRICA

Issa Sidibe1, Aligui Djiteye2, Charles Mahama3, Jean Baptiste Rayasse4, G. Acapovi5, Idrissa Kabore, Mamadou L. Dia1, Marc Desquesnes1

1CIRDES, 01 BP 454, BOBO-DIOULASO, Burkina Faso
3Tsetse and Trypanosomosis Control Unit, Veterinary Department, P. O. Box 97, ACCRA, Ghana.

Summary

            Between the years 2000 and 2005, the PROCORDEL, through the CIRDES and her partners in the National Systems of Agricultural Research (SNRA) of Burkina Faso, Mali, Ghana and Cote-D'Ivoire, carried out research to update the epidemiological map of the trypanosomoses and their vectors in different zones of these countries. Several approaches were used to either identify priority areas, or to assess the current situation in zones with previous control campaigns or to assess the epidemiological position in new zones as well as identify potential reservoirs.

            In Ghana, the habitat of G. tachinoides, the most important glossina species in the North, was identified by use of sensitive techniques. The survey showed that this approach can be used to predict the habitat of the glossina. The analysis of satellites pictures was able to show the variations of the habitat with land occupation. Work carried out under the PROCORDEL showed that the environment is dynamic and has direct influences on the epidemiology of the trypanosomoses. The knowledge of these factors is particularly useful in the decision making for the campaign against the tsetse and the trypanosomoses.

            In Mali, in the South region, the apparent densities of G. palpalis gambiensis reach up to 30 in Nyomassala, Linfara, Bourakala, Guélékétiguila areas. The densities were very high on the Madina Diassa ranch: G. tachinoides (21), G. palpalis gambiensis (54) and G. m. submorsitans (122). The mean infection rate of G. morsitans submorsitans was 27,27%, made up of Trypanosoma vivax (34,78%); T. congolense (16,66%), mixed infection (16,66%) and immature infections (25%). In Kenedougou region G. morsitans was absent although the three species of trypanosomes were found there. 

            The importance of the mechanical vectors was seen mainly in the North of Cote-D'Ivoire while in the East of Burkina the wild fauna constituted an important reservoir of trypanosomes. The analysis of these data will enable one to target research leading to sustainable strategies in the progressive implementation of the PATTEC between Mali, Burkina and Ghana.

Keywords: Trypanosomoses, West Africa, PATTEC

Résumé

            De 2000 à 2005, le Procordel, à travers le CIRDES et ses partenaires des Systèmes nationaux de recherche agricole (SNRA) du Burkina Faso, Mali, Ghana et Côte-d’Ivoire, a conduit des activités de recherche pour mettre à jour la carte épidémiologique des trypanosomoses et de leurs vecteurs sur différentes zones de ces pays. Ainsi, plusieurs approches ont été utilisées, soit pour identifier des zones prioritaires, soit pour connaître la situation dans des zones ayant déjà connu des campagnes de lutte auparavant ou pour connaître la situation épidémiologique dans de nouvelles zones ainsi que les réservoirs potentiels.

            Au Ghana, l’habitat de G. tachinoides, l’espèce de glossine la plus importante au Nord, a été identifié par utilisation de techniques sensibles. L’étude montre que cette approche peut être utilisée pour prédire l’habitat des glossines. L’analyse d’images satellites a permis de montrer les variations de l’habitat en fonction de l’occupation des terres.

            Le travail conduit sous le Procordel montre que l’environnement est dynamique et influence directement l’épidémiologie des trypanosomoses. La connaissance de ces facteurs est particulièrement importante dans la prise de décision pour la lutte contre les tsé-tsé et les trypanosomoses.

            Au Mali, dans la région Sud, les densités apparentes de G. palpalis gambiensis peuvent atteindre 30 dans les localités de Nyomassala, Linfara, Bourakala, Guélékétiguila. Les densités sont très fortes sur le ranch de Madina Diassa : G. tachinoides (21), G. palpalis gambiensis (54) et G. m. submorsitans (122). Le taux d’infection moyen de G. morsitans submorsitans est de 27,27% ; Trypanosoma vivax (34,78%) ; T. congolense (16,66%) ; Infestions mixtes (16,66%) ; Infections immatures (25%). Dans la région du Kenedougou, on note cependant l’absence de G. morsitans, mais les trois espèces de trypanosomes y sont présentes.

            L’importance des vecteurs mécaniques est plus remarquée au Nord de la Côte-d’Ivoire tandis qu’à l’Est du Burkina Faso, la faune sauvage constitue un important réservoir de trypanosomes. L’analyse de ces données permettra de cibler les recherches d’accompagnement et de soutenir les stratégies dans la mise en œuvre progressive du PATTEC entre le Mali, le Burkina et le Ghana.

Mots clés : Trypanosomoses, Afrique de l’Ouest, PATTEC

Introduction

            Le PROCORDEL a été exécuté par l’ITC et le CIRDES de 2000 à 2005. L’ITC a eu la charge de l’exécution en partenariat avec la Gambie, la Guinée Bissau, la Guinée Conakry, le Sénégal, la Sierra Leone et le Liberia. Le CIRDES a exécuté le programme en partenariat avec ses pays membres, notamment le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger, le Togo, et un pays associé : le Ghana.

              Les Systèmes Nationaux de Recherche Agricole (SNRA) de la zone ont été les partenaires privilégiés des centres pour mener des actions de recherche-développement, et sont à la fois des partenaires et des relais pour le développement.

              La carte des pays associés ou membres du CIRDES et des partenaires de l’ITC est présentée à la Fig.1

Figure 1 : Pays d’intervention du PROCORDEL

Légende : en vert : pays associés à l’ITC ; en bleu-vert : pays membres du CIRDES, en bleu : pays associé au CIRDES

Objectif général du Procordel

              Le programme a visé à contribuer à augmenter le revenu des agro-éleveurs de manière durable, à accroître la disponibilité des protéines d’origine animale et à améliorer la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest.

Objectifs spécifiques du Procordel

              Les objectifs spécifiques ont été d’aider les bénéficiaires intermédiaires et finaux des recherches (agro-éleveurs, organismes chargés de vulgarisation, décideurs) à mieux exercer leurs tâches en appliquant les recommandations issues des recherches appuyées par le programme.

Contexte de l’étude

            Dans ces 13 pays d’intervention du Procordel, l’élevage représente une activité économique majeure avec des effectifs de 24 millions de bovins et 64 millions de petits ruminants, dont environ les 2/3 sont élevés dans la zone CIRDES. Les échanges d’animaux sur pied et de produits d’origine animale, notamment le lait, figurent parmi les premiers postes économiques entre les pays du Nord de la zone du projet et ceux du Sud en particulier pour la sous-région du CIRDES. Ce cheptel constitue une base favorable pour une augmentation de la productivité des troupeaux qui permettrait de satisfaire la demande croissante en produits d'origine animale.

Figure 2 : ZONE CIRDES : Effectif et densité des bovins  (Estimation 2000) Dans cette population de bovins, on constate, dans les pays d’élevage important (Burkina, Mali, Niger) une prédominance du bétail trypanosensible : la race zébu

Tableau 1 : Prédominance de la race zébu par rapport à la race taurine
                   A titre d’exemple, le cheptel des pays d’étude de la zone CIRDES est comme suit:

Mali

Niger

Burkina

CI

Zébu

73%

98%

60%

30%

Taurin

27%

2%

40%

70%

L’importance de la trypanosomose en zone subhumide est marquée par :

  • La présence des tsé-tsé dans les zones favorables Les systèmes de production dominants sont :
  • Extensif, transhumance
  • Semi-intensif à comportement transhumant
  • Les races bovines : dominance du bétail trypanosensible (le zébu)
  • Le métissage croissant des races taurines trypanotolérantes
  • Les trypanocides représentent > 60% de l’ensemble des médicaments vétérinaires utilisés dans la sous région

Ces facteurs indiquent que la Trypanosomose animale est une contrainte majeure de l’élevage en zone subhumide d’Afrique de l’Ouest. Ainsi, le contrôle de la maladie et de ses vecteurs ont constitué les domaines d’intervention du CIRDES comme suit :

I. EPIDEMIOLOGIE DE LA TAA DANS LA ZONE SUD-OUEST DU MALI  : MISE AU             POINT ET EVALUATION DE METHODES DE LUTTE INTEGREE CONTRE LES GLOSSINES

Contexte

            La trypanosomose animale demeure une contrainte majeure pour le développement de l’élevage dans la partie Sud-Ouest du Mali. Le coût des traitements contre cette maladie représente environ 90,90% des dépenses d’achats de produits vétérinaires.

Objectif

            L’objectif de cette étude était de soutenir l'effort des communautés villageoises par la vulgarisation de nouvelles méthodes de lutte contre la mouche tsé-tsé et la trypanosomose animale et, par conséquent, d’aboutir à une amélioration de la santé animale et de la production agricole à travers une utilisation accrue de la culture attelée et du fumier dans un système de production intégré.

Résultats épidémiologiques

Evaluation des méthodes et techniques de lutte

            L’installation des pièges imprégnés par les communautés locales dans les endroits à risque a provoqué une chute drastique de la densité des populations de glossines. Un taux de réduction moyen global de 97,96% a été obtenu au niveau des villages de Gouna, et du Ranch de Madina-Diassa. En galerie forestière, la densité apparente moyenne de Glossina palpalis gambiensis initiale de 13 a chuté à zéro après la lutte. Celle de G. tachinoides est passée de 4 à 0,45 après la lutte, soit un taux de réduction de 89%. En savane boisée, la DAP moyenne de G. morsitans submorsitans a chuté de 13,2 à 0,23 après la lutte.

            Un taux de réduction moyen global de 93,16% a été observé au niveau des villages de Nyomassala, Linfara, Bourakala et Djinètoumanina. En galerie forestière, la DAP moyenne de G. p. gambiensis était 10,76 avant l’action de lutte, et 0,30 après, soit un taux de réduction de 97,21%.

            L’activité supplémentaire qui a été initiée dans cet espace visait l’identification et la hiérarchisation des espaces à risque de trypanosomoses animales à partir d'une analyse spatiale des données entomologiques et parasitologiques en relation avec les caractéristiques environnementales, et les stratégies de conduite des animaux. Il ressort de cette étude que la zone est faiblement dégradée, ce qui permet un maintien de bonnes conditions de survie des vecteurs en saison sèche. La transmission des trypanosomoses est assurée essentiellement par G. m. submorsitans, qui a une grande capacité de dispersion en savane loin des gîtes potentiels de reproduction ; cependant, on constate un gradient de sa distribution selon les niveaux de dégradation du milieu et selon la fréquentation de certains environnements par les animaux.

            L’installation de pièges imprégnés au niveau d’autres zones à risque à identifier par l’analyse spatiale (SIG) va augmenter l’efficacité de cette action de lutte contre G. m. submorsitans, espèce de savane la plus dangereuse.

Tableau 2 : Effectif de bovins dans les villages en 2000 et 2004

Village Année Taux d’augmentation
2000 2004
Koloni
Madina-Diassa
Toumaniouléna
Kanibougoula
Gouna
Linfara
Djinétoumanina
Guélékétiguila
Bourakala
Njomassala
147
161
174
287
180
50
66
139
217
35
158
267
187
340
224
87
70
156
270
46
7,5
65,8
6,9
18,5
24,4
74,0
6,1
12,2
24,4
31,4
Total 1456 1805 24,0

Evaluation des aspects zootechniques

            Pour l’ensemble des villages, une augmentation de 24% de cheptel bovin entre 2000 et 2004 a été constatée. Cependant, le taux d’augmentation a varié dans un intervalle très large selon les villages. Les taux les plus élevés ont été constatés dans l’ordre décroissant à Linfara, Madina Diassa et Nyomassala, tandis que les taux les plus bas ont été enregistrés à Djinétoumanina, Toumaouléna et Koloni. Dans les autres villages, les taux ont été moyens (tableau 2). 

Figure 3 : Localisation des activités de R-D sur les TAA dans le cadre du Procordel

            La comparaison des structures des troupeaux a indiqué que les troupeaux contenaient moins de vieilles vaches et de vieux bœufs de labour en 2004 qu’en 2000. Par contre, le pourcentage de vaches adultes et de veaux a augmenté. Quant aux génisses et aux géniteurs, les pourcentages sont restés pratiquement identiques entre 2000 et 2004.

            Cette modification de la structure est la résultante des conseils prodigués aux éleveurs par les agents d’encadrement de l’ONDY et de la CMDT. En effet dans le système de suivi, les éleveurs sont sensibilisés, afin que les troupeaux soient mieux gérés en reformant les vieux animaux et en diminuant le nombre des catégories telles que les taurillons et les géniteurs.

            L’analyse des mouvements dans les troupeaux indique que certaines variables ont eu une influence significative sur l’évolution des troupeaux de 2000 à 2004 (tableau 3). Parmi ces variables, la baisse de la mortalité (P < 0,001) et celle des avortements (P < 0,01) ont été les plus significatives. La baisse des achats ainsi que les pertes d’animaux ont été significativement plus faibles en 2004 qu’en 2000. Il a été noté aussi une augmentation significative du nombre des ânes dans la même période. Par contre, le nombre de veaux nés vivant et la vente n’ont pas été significativement différents entre 2000 et 2004, même si la tendance était à l’augmentation en 2004. Les abattages étaient à la baisse, sans différence significative. Pour la sortie d’animaux, la part de la mortalité a baissé de façon très significative. Par contre, celle de la vente a augmenté sans être significative.    

Evaluation paysanne du projet dans les villages tests

            Au cours des rencontres dans les villages, il y a eu unanimité sur l’impact positif de la lutte contre la mouche tsé-tsé aussi bien sur le cheptel que sur l’homme. Les principaux signes de cet impact, tels qu’énumérés par les paysans, ont été les suivants :

  • Diminution notable du nombre de traitements contre la trypanosomose ;
  • Baisse du nombre d’avortements des vaches ;
  • Baisse de la mortalité des veaux. D’après certains paysans, avant la lutte, sur 10 veaux nés vivant, 5 à 6 mouraient avant d’atteindre un an, actuellement ce chiffre est de 1 à 2 sur 10 veaux ; 
  • Disponibilité de lait de vache, parce qu’il y a peu d’avortement et de mortalité des veaux actuellement ; 
  • Facilité de conduite des animaux au pâturage. Autrefois, les animaux étaient conduits souvent la nuit à cause des piqûres des glossines pendant la journée ;
  • Certains pâturages qui étaient abandonnés à cause de la densité des glossines sont actuellement utilisés par les animaux ;
  • Réapparition des ânes dans tous les villages, là où la lutte contre les glossines a été menée ;
  • Séjours plus longs des troupeaux de zébus autour des villages où la lutte a été menée ;
  • Introduction des bovins de race zébu peuls dans certains troupeaux villageois ;
  • Augmentation de la production agricole. Les paysans sont unanimes sur le fait que la lutte contre les glossines a fortement baissé la nuisance au niveau des hommes.

Tableau 3 : Mouvement moyen des troupeaux entre 2000 et 2004

Année

Moyenne

 ± erreur standard

Niveau de signification

2000

2004

Effectif moyen par troupeau de bovin

146,0

181,0

163,0 ± 27,7

NS

Entrée totale

29,0

35,0

32,0 ± 6,3

NS

      Nombre de veaux nés vivant

23,0

33,0

28,0 ± 5,9

NS

      Achat

6,0

2,0

4,0 ± 1, 2

S

Sortie totale

16,0

15,0

16,0 ± 3,4

NS

      Nombre d’animaux morts

2,8

0,5

1,6 ± 0.3

THS

      Vente

9,0

11,0

10,0  ± 2,4

NS

       Abattage

2,3

1,8

2,0 ± 0,5

NS

       Perte

1,5

0,6

1,0 ± 0,3

S

Avortements

3,6

1,0

2,3 ± 0,6

HS

Effectif des ânes

1,0

13,0

7,0 ± 1,9

THS

  • En 2004, la part des mises bas dans les entrées a significativement augmenté par rapport à 2000.
II. ETUDES EPIDEMIOLOGIQUES DES TRYPANOSOMOSES ANIMALES AU NORD  DU GHANA

            Deux districts au Nord du Ghana (Savelugu ou zone 1 et West Mamprusi ou zone 2) ont une pression démographique et une occupation des sols différentes. Partant de ce fait, la Tsetse and Trypanosomosis Control Unit, s’est demandée si le changement de l’environnement n’a pas d’influence sur l’habitat et la distribution des glossines riveraines et, par voie de conséquence, un fascié épidémiologique différent entre les deux zones.

            Sur la base des résultats d’une étude transversale, une étude longitudinale a été conduite sur des veaux. Ce travail s’est poursuivi par l’approfondissement de l’analyse spatiale et la détermination des facteurs de risque sur les deux districts. Les résultats obtenus sont repris ci-après.

1. Entomologie

            Deux espèces de glossines ont été identifiées dans cette zone au cours de l’enquête entomologique du mois d’octobre 2001. 92% de l’effectif des glossines capturées sont constituées par l’espèce  Glossina tachinoides.

            Cependant, les disparités spatiales dans la répartition de cette espèce le long du réseau hydrographique sont en relation avec les niveaux de dégradation des unités végétales qui entourent les différentes galeries.

            Les fortes DAP sont observées dans les pièges à proximité des savanes boisées (11 glossines/piège/jour) et des savanes arborées (9 glossines/pièges/jour) tandis que les plus faibles sont dans les zones herbeuses et les zones hydromorphes.

            Le test statistique ANOVA indique qu’il existe une différence significative entre les biotopes de type savane boisée et les trois derniers biotopes de type savane arbustive, herbeuse et zone hydromorphe.

            Il apparaît, au regard de l’analyse statistique, que les différences entre les DAP au niveau des pièges sont en relation avec certains types d’environnement immédiats des pièges.

            A partir de ces résultats, un score de potentiel entomologique a été donné a chaque unité végétale. Les formations boisées apparaissent comme de principaux biotopes favorables à la présence des vecteurs, alors que les trois derniers biotopes (savane arbustive, savane herbeuse et zone hydromorphe) offrent des conditions peu propices.

2. Résultats obtenus

            La transmission des trypanosomoses animales dans cette zone est exclusivement assurée par Glossina tachinoides.

            Les facteurs de sa répartition différentielle le long des cours d’eau sont directement liés au niveau de dégradation des cordons ripicoles. Même si cette étude n’a pas pu mettre en évidence la qualité des différents cordons ripicoles, l’état des unités végétales à proximité des pièges indique que les indicateurs spatiaux de distribution de cette espèce dans la partie Nord du Ghana sont les mêmes que ceux mis en évidence dans la partie Sud-Ouest du Burkina (S. de Larocque 2001). Dans la partie Sud où la forte pression humaine a conduit à la destruction totale des formations végétales riveraines, les vecteurs ne se retrouvent que le long du cours d’eau principal où la galerie soudanienne offre des conditions favorables à la fois à G.tachinoides et à G. palpalis

            Au Nord, malgré l’état de conservation des formations végétales riveraines sur certains parcours des affluents, la fragmentation des cordons ripicoles n’a pas été favorable à G.palpalis. G.tachinoïdes demeure le seul vecteur dans cette partie. La répartition spatiale des vecteurs dans la zone Nord du Ghana est donc fortement sous l’influence des effets de la pression humaine sur le milieu.

III. LES TRYPANOSOMOSES ANIMALES AFRICAINES ET LEURS VECTEURS DANS L’EST DU BURKINA FASO

            Afin d’établir la situation des Trypanosomoses animales africaines (TAA) et de leurs vecteurs dans l’Est du Burkina, des enquêtes entomologiques et épidémiologiques ont été menées sur la zone couverte par le Projet de Développement des Ressources Animales dans le Gourma (PDRA/G). Ces enquêtes se sont déroulées de mai 2000 à août 2001 et ont eu lieu en 5 périodes différentes couvrant les différentes saisons rencontrées au Burkina.

            Les enquêtes parasitologiques ont concerné 459 bovins bouclés provenant de 86 troupeaux de 10 localités de toutes les quatre provinces de la zone. A chaque passage, des prélèvements de sang sont faits sur la veine jugulaire pour la recherche de trypanosomes selon la méthode de Murray.

            Les enquêtes entomologiques ont été effectuées au moyen de pièges biconiques Challier-Laveissière et de pièges monoconiques Vavoua, qui ont été disposés le long des cours d’eau et en savane.

            Les enquêtes parasitologiques ont donné une prévalence très variable selon la saison. En moyenne de 2% en saison sèche sur l’ensemble de la zone, elle passe à 15% en saison pluvieuse, avec une prédominance de Trypanosoma brucei (60%) des cas, suivi de T. vivax (31%) et enfin de T. congolense (9%). Les provinces du Koulpélogo et de la Komondjari sont les plus touchées, avec des prévalences de 30 et 40% en septembre.

            Les glossines ont été capturées sur les fleuves Pendjari et Singou et en savane, dans le parc naturel de Pama. Aucune glossine n’a été capturée sur les autres sites de piégeage. Plus de quatre-vingt-quinze pour cent des glossines capturées étaient des Glossina tachinoides avec quelques traces de Glossina morsitans submorsitans et de Glossina palpalis gambiensis.

            Les densités moyennes sont de 4,4 et 25,3 glossines par piège et par jour respectivement sur la Pendjari et la Singou.

IV.  IMPORTANCE DES VECTEURS MECANIQUES DANS LE NORD ET LE NORD- EST DE LA COTE-D'IVOIRE
  • Un suivi longitudinal des animaux a été réalisé dans 4 départements du Nord et du Nord-Ouest de la Côte d’Ivoire: Litio, Koutouba, Kasievogo et Korondougou.

  • Les résultats suivants ont été obtenus:

  • En début de suivi, c’est surtout à Litio et Koutouba où les animaux sont très infectés par T. vivax  et T. congolense. Dans ces deux sites, la séroprévalence de T. vivax dépasse 50%, alors qu’à Kasievogo et Korondougou, elle est comprise entre 7 et 15%.

  • Des enquêtes ont permis d’identifier 16 espèces de tabanides et deux espèces de stomoxes. Chez les tabanides, Tabanus taeniola (26,4%), T. laverani (14,9%), T. par (15,6%) et Chrysops distinctipennis (12,3%) sont les espèces les plus abondantes (Acapovi et al., 2002).

  • Par ailleurs, entre novembre 1999 et septembre 2000, dans les mêmes sites, 3104 tabanides et 2471 stomoxes avaient été capturés avec un pic d’abondance des tabanides en mars ou en juin selon les localités. C’est à Litio que des glossines ont été capturées.

En conclusion

La présence de ces vecteurs mécaniques renforcerait le maintien et la circulation de T. vivax. Même si à Kasiévogo aucune glossine n’a été capturée, le déplacement des animaux sur de longues distances conduirait ceux-ci à pâturer dans des zones où ils sont en contact avec des glossines.

V. TRANSMISSION MECANIQUE DE T. VIVAX  ET T. CONGOLENSE PAR ATYLOTUS AGRESTIS ET A. FUSCIPES CHEZ LES BOVINS

            Les premières observations expérimentales de transmission mécanique ont été faites très tôt par Bouet et Roubaud en 1912, chez les stomoxes en Afrique de l’Ouest. En Afrique de l’Est, des essais de transmission mécanique expérimentale des trypanosomes africains par les stomoxes par interruption du repas et reprise sur un nouvel hôte, ont montré qu’elle est possible pour T. brucei, T. vivax, T. evansi et T. congolense en conditions expérimentales. Toutefois, la réalité de cette transmission en conditions naturelles était contestée en Afrique.

            Des travaux ont été entrepris par M. Desquesnes et M. Dia, dans des conditions plus naturelles, avec insectes et bétail en semi-liberté, afin d’éviter les biais de l’interruption artificielle du repas, souvent reproché aux précédentes expériences de transmission mécanique. La démonstration a été réalisée dans une série de 3 expériences menées à Lahirasso au Burkina Faso. Dans chacune, un lot de 10 génisses indemnes de trypanosomose est maintenu dans un corral entièrement protégé par une moustiquaire. Dans les 2 premières expériences, 2 génisses sont expérimentalement infectées avec un isolat local de T. vivax. Des tabanides fraîchement capturés à l’aide du piège Nzi sont identifiés, comptés et relâchés toutes les 2 heures dans le corral, pendant 20 jours, avec en moyenne 32 Atylotus agrestis par animal et par jour dans l’expérience n°1, et 54 Atylotus fuscipes dans l’expérience n°2.

Résultats

Exp. 1 : T. vivax par Atylotus agrestis
            332 A  agrestis introduits chaque jour pendant 20 jours sous moustiquaire
            5 animaux positifs à J13, J32, J41 et J48. Incidence de 63%

Exp. 2 : T. vivax par  A. fuscipes
            539 A. fuscipes introduits chaque  jour pendant 20 jours sous moustiquaire
            6 cas positifs à J10, J15, J16, J19 et J29. Incidence de 75%

Exp. 3 : T. congolense savane par  A. agrestis
            291 A. agrestis introduits chaque jour pendant 20 jours sous moustiquaire
            2 cas positifs à J42 et à J53. Incidence de 25%

            Il faut noter que les parasitémies des animaux donneurs de l’expérience 3 étaient sensiblement plus faibles que celles des donneurs des expériences 1 et 2, expliquant le plus faible taux d’incidence observé dans la dernière expérience.

            La démonstration du rôle potentiel des vecteurs mécaniques dans la transmission de T. vivax en Afrique est confirmée ; l’importance de celle de T. congolense restera probablement mineure du fait des parasitémies moins élevées et plus fugaces dans cette espèce.

            L’élimination des glossines pourrait donc ne pas être suffisante pour éradiquer les trypanosomoses du bétail dans les secteurs où la transmission mécanique serait en place.

Conclusion générale

            Dans le domaine de l’épidémiologie des trypanosomoses, la vision régionale de la contrainte a été bien perçue. Les demandes individuelles des pays ont été renforcées par un souci d’analyse régionale de l’évolution de la situation. Une ossature existe pour la mise en place d’une base de donnée régionale.  Cette vision régionale est entamée par les études suivantes :

  • Etudes bibliographiques à l’échelle de la sous région sur les trypanosomoses
  • Epidémiologie régionale des TAA sous risque de chimiorésistance
  • Epidémiologie et impact des TAA dans le golfe du Bénin
  • Base de données sur les contraintes sanitaires de l’élevage périurbain

            L’analyse de l’importance des trypanocides comme intrants vétérinaires, la recherche d’autres alternatives (phytotrypanocides) aux échecs de traitement, la mise au point d’un nouveau piège Tetra, la lutte autocide par Triflumuron ou lâchers de mâles stériles, l’analyse de l’impact et la durabilité des luttes, contribuent tous à la recherche d’amélioration des stratégies de lutte intégrée contre les parasites et leurs vecteurs (glossines et vecteurs mécaniques). Les résultats obtenus (sur la maladie, les parasites, les vecteurs, le traitement, la lutte antivectorielle et les aspects socio-économiques) permettront de renforcer les efforts nationaux, régionaux et continentaux, en vue de l’élaboration des programmes cohérents d’élimination des contraintes des trypanosomoses.

RECOMMANDATION
Pour atteindre un meilleur rapport coût/efficacité/rapidité dans les études épidémiologiques, l’amélioration des approches doit prendre en compte :

  • La standardisation des protocoles
  • Le choix rationnel de l’échantillonnage
  • L’utilisation systématique du SIG dans la collecte des données et de l’analyse spatiale
  • La discrimination des paysages et la distribution des glossines
  • Le ciblage des zones à risque
  • L’intégration de la lutte contre les maladies parasitaires à transmission vectorielle (glossines et tiques, par exemple)
  • L’optimisation du coût des interventions  

Bibliographie

    1. Sanogo, M. Moussa, Contribution à l’épidémiologie des trypanosomoses animales en Afrique de l’Ouest: Situation et efforts de lutte au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Mali. Thèse présentée pour l’obtention du grade de Docteur vétérinaire (diplôme d’Etat) Institut Agronomique et Vétérinaire Hassane II, Rabat, septembre 2003 ; 139 p.
    2. Mahama, Charles I., L’impact de l’occupation des sols et des changements environnementaux sur la prévalence et l’incidence de la trypanosomose bovine au Nord du Ghana. Thèse présentée en vue de l’obtention du grade de Docteur en Sciences Vétérinaires : Orientation Médecine vétérinaire ; Université de Liège, année académique 2004-2005
    3. Yao/Acapovi, Geneviève, Identification et bioécologie des tabanides vecteurs mécaniques potentiels de la transmission de la trypanosomose bovine dans les régions de savanes en Côte d’Ivoire (Odienné et Korhogo). Thèse présentée à l’UFR Biosciences pour obtenir le titre de Docteur de l’Université de Cocody (Spécialité : Entomologie vétérinaire), année universitaire 2004-2005
    4. Rayaisse, Jean–Baptiste. Les trypanosomoses animales africaines et leurs vecteurs dans l’Est du Burkina Faso: Etat des lieux pour une proposition de stratégies, IMTA – thèse de MSSAT, N °39, 2005
    5. CIRDES-ITC: Rapport final Procordel, mars 2005