LACHERS EXPERIMENTAUX DE MOUCHES TSE-TSE MALES STERILES DANS LA ZONE PERIURBAINE DE BAMAKO, MALI
EXPERIMENTAL RELEASES OF STERILE MALE TSE-TSE FLIES INTO THE PERIURBAN AREA OF BAMAKO, MALI
Maiga, Sadou
Unité centrale de lutte contre les mouches tsé-tsé et les Trypanosomoses animales
Direction nationale de l’appui au monde rurale
B.P. 1098, Bamako, Mali
Summary
The sub-humid area of Mali harbors great potential for agricultural development based on integrating farming with crop cultivating activities. In this area, trypanosomosis is the main cause of under utilization of the natural resources and the slowness of the development of the affected soil.
The most efficient way to control this disease is to eliminate the vector through an integrated approach at the regional level. To achieve this, Mali has decided to create tsetse free areas by combining sequential releases of sterile male tsetse (Sterile Insect Technique) with other methods of intervention such as using insecticide impregnated traps and the live bait technique.
The objective of the experimental releases is to obtain indications on survival and dispersal, and competing, mating and sterilization power of these flies.
There were ten releases in total, at the rate of ten thousand sterilized male flies per week. These flies were packed in cartons and transported by plane in containers from Bobo-Dioulasso to Bamako. On arrival, they were transported by road to the points of release. From these points, five thousand were released on each of two tributaries of the river Niger, one on the left bank, one on the right bank. They were three to seven days old and irradiated at a dose of 120 Grays over a period of 22 minutes. They were monitored every two to three days a week from November 2002 to Mars 2003.
The results obtained showed that these flies survived for 29 days, and dispersed on an average distance of 4.5 km from the point of release. Their competing capacity with wild males in mating and sterilization of wild females was determined through dissection of wild females after the second week. Abortions, degenerated eggs, blocked eggs were observed in the mated females.
Résumé
La zone sub-humide du Mali recèle de grandes potentialités pour un développement de l’agriculture basé sur une intégration de l’élevage aux activités de culture. Dans cette zone, la trypanosomose est la cause principale de la sous-utilisation des ressources naturelles et de la lenteur de la mise en valeur des terroirs villageois qui en sont affectés.
La manière la plus efficace de maîtriser cette maladie est d’en éliminer le vecteur par le biais d’une exemple approche intégrée à l’échelle d’une région. Pour atteindre ce but, le Mali a décidé de créer des zones exemptes de mouche tsé-tsé en alliant des lâchers séquentiels de mouches tsé-tsé mâles stériles (technique de l’insecte stérile) avec d’autres méthodes d’intervention comme l’utilisation de pièges imprégnés d’insecticides, de techniques à appâts vivants, etc.
Pour ce faire, il est prévu que le Mali utilise des mouches tsé-tsé mâles stériles en provenance d’un élevage de masse, situé à Bobo-Dioulasso/Burkina Faso.
L’objectif visé par les lâchers expérimentaux est d’avoir des indications sur la survie, la dispersion et le pouvoir de compétition, d’accouplement et de stérilisation de ces mouches.
Il y a eu au total dix lâchers terrestres à raison de dix mille mouches stérilisées par semaine. Ces mouches étaient conditionnées dans des cartons et transportées par avion dans des conteneurs de Bobo-Dioulasso à Bamako. A leur arrivée, elles ont été transportées par voiture aux points de lâcher. A partir de ces points, cinq mille sont lâchées sur chacun des deux affluents du fleuve Niger, un sur la rive gauche et un sur la rive droite. Agées de trois à sept jours, elles ont été irradiées à la dose de 120 Grays pendant 22 minutes. Elles ont été suivies tous les deux à trois jours par semaine de novembre 2002 à mars 2003.
Les résultats obtenus ont montré que ces mouches ont survécu en moyenne 29 jours, se sont dispersées en moyenne sur 4,5 km à partir du point de lâcher. Leur capacité de compétition avec les mâles sauvages, d’accouplement et de stérilisation des femelles sauvages, a été déterminée par des dissections à partir de la deuxième semaine. Des avortements, des œufs dégénérés et des blocages d’œufs ont été observés chez les femelles sauvages accouplées.
1. Introduction
Lors du 39ème Sommet de l’OUA, tenu au Togo en l’an 2000, la trypanosomose a été reconnue comme étant l’un des obstacles au développement socio-économique de l’Afrique, puisqu’elle affecte sérieusement la santé de l’homme et du bétail, limite l’utilisation des terres, accentue la pauvreté et perpétue le sous-développement sur le continent.
Au Mali, ce problème est bien perçu par les autorités et la création depuis 1998 d’une structure nationale dénommée « Unité centrale de lutte contre les mouches tsé-tsé et les trypanosomoses animales : UCLT » pour y faire face, prouve que la lutte contre les mouches tsé-tsé est considérée comme une composante stratégique importante pour accroître la production, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la santé animale et humaine.
La zone sub-humide du Mali recèle de grandes potentialités pour un développement de l’agriculture basé sur une intégration de l’élevage aux activités de culture. Sur des terres améliorées, une production diversifiée et intensive, conduira à augmenter les disponibilités alimentaires.
En effet sans la présence de la mouche tsé-tsé, il est possible d’élever davantage de bovins et de valoriser les pâturages de cette zone. L’association plus étroite agriculture/élevage permettrait ainsi de dégager davantage de ressources alimentaires pour une population en croissance.
La lutte contre ce fléau augmentera les revenus des populations concernées et améliorera leur niveau de vie. En conséquence, elle contribuera à stimuler l’offre et l’accessibilité à des équipements simples et adaptés, à des intrants agricoles, à du crédit productif ainsi qu’à la terre.
Dans le cadre de leurs efforts pour réduire la pauvreté, les Gouvernements du Mali et du Burkina Faso, avec l’appui de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), se sont lancés dans un projet conjoint pour éliminer la trypanosomose de leurs territoires en créant des zones exemptes de mouche tsé-tsé.
Ce projet dont la signature officielle du document a eu lieu le 5 octobre 2001 à Ouagadougou, s’inscrit dans le cadre de l’approche sous-régionale voire régionale.
Dans le cadre de ce projet, intitulé « contrôle intégré de la trypanosomose animale à travers la création de zones exemptes de mouche tsé-tsé », il est prévu que le Mali utilise des mouches tsé-tsé mâles stériles en provenance d’un élevage de masse, situé à Bobo-Dioulasso au Burkina Faso.
Les modalités à suivre et les arrangements à conclure entre le Mali et le Burkina Faso, afin de procéder à la production, à la livraison et au lâcher de ces mouches, ont été discutés et arrêtés au cours d’une réunion tripartite Mali/Burkina Faso/AIEA, à Vienne du 4 au 8 Septembre 2000 et de nouveau du 5 au 7 août 2003, toujours à Vienne, avec la participation du CIRDES (Centre international pour la recherche-dévelopement sur l’élevage en zones subhumides) chargé de la production des mouches.
2. Eradication de la mouche tsé-tsé par l’utilisation de la technique de l’insecte stérile (TIS)
La Technique de l’Insecte Stérile (TIS) est une technique biologique qui, tout en respectant l’environnement, permet la suppression ou l’éradication des insectes ravageurs.
La TIS est une méthode de « contrôle des naissances » des insectes ou une méthode autocide qui exploite l’instinct naturel d’accouplement chez les insectes. Les insectes, pupes ou adultes, une fois exposés à la radiation ionisante deviennent sexuellement stériles (et non pas radioactifs) à cause de l’introduction de mutation dominante au niveau du sperme et des ovaires. Quand les mâles stériles sont relâchés dans la nature et s’accouplent avec les femelles sauvages fertiles, les œufs produits ne se développent pas à cause de l’altération génétique du sperme. Par conséquent, la population est réduite.
Contrairement aux insecticides, la TIS est plus efficace quand le niveau de la population de ravageurs est faible. C’est la raison pour laquelle, elle est toujours précédée de la suppression, qui en quelques mois, conduit à une réduction drastique de la population des mouches tsé-tsé de 95 à 98 %. C’est dire qu’elle n’est pas déployée seule, mais qu’elle intervient dans une combinaison de méthodes complémentaires.
L’application de la TIS nécessite un nombre suffisant d’insectes de bonne qualité, élevés en masse et irradiés, bien distribués dans le terrain et compétitifs vis-à-vis des insectes sauvages fertiles pour ce qui concerne l’aptitude au vol, la localisation des femelles, l’accouplement et le transfert du sperme.
La TIS doit être appliquée à grande échelle pour être efficace. Elle exige une logistique importante, un soutien financier et communautaire durable et nécessite une organisation coordonnée et sans faille.
Tous ces paramètres sont testés à travers des lâchers expérimentaux de mouches mâles stériles avant les lâchers opérationnels proprement dits.
3. Objectif des lâchers expérimentaux
L’objectif visé est d’avoir des indications sur la survie, la dispersion et le pouvoir d’accouplement de ces mouches qui proviennent d’un élevage en masse, dont elles ne sont pas sorties depuis plus de 15 ans.
4. Matériel
L’espèce de mouche tsé-tsé utilisée est Glossina palpalis gambiensis, la seule qui existe dans la zone périurbaine de Bamako.
Les mouches en provenance de Bobo-Dioulasso sont âgées de trois à sept jours.
Elles sont marquées et nourries avant le conditionnement dans les cartons et le transport dans les conteneurs.
Le nombre de mouches par carton était de 100.
Elles sont irradiées à la dose de 120 Grays pendant 22 minutes.
5. Déroulement des lâchers
Il s’agit d’une série de dix lâchers, en raison de 10.000 mouches mâles stérilisées par semaine. Ces mouches sont transportées à Bamako par avion. A leur arrivée, elles sont transportées par voiture aux points de lâcher sur la Koba (rive droite) et le Woyowonko (rive gauche). A partir de ces points, 5.000 sont lâchées sur chacun des deux cours d’eau. Le suivi qui a duré de novembre 2002 à mars 2003, a été fait une fois tous les deux ou trois jours aux points retenus à cet effet. Les données ont été enregistrées sur des fiches.
6. Résultats obtenus et discussion
Les différents résultats obtenus sont donnés dans les tableaux suivants :
Ce tableau indique que la mortalité par carton a varié de 0 à 34 avec une moyenne de 5,24.
La mortalité la plus élevée a été enregistrée lors du 10ème lâcher, due à une humidité élevée des conteneurs.
Tableau 1 : Mortalité par lâcher sur la Koba (Point de lâcher I)
Numéro du lâcher |
Variation de la mortalité par carton (nombre de mouches par carton: 100) |
Moyenne de la mortalité par carton (nombre de carton: 51) |
Total des mortalités |
Nombre total de mouches expédiées |
Pourcentage de mortalité |
| I |
0-20 |
1,52 |
280 |
2500 |
11,20 |
| II |
0-11 |
3,87 |
116 |
5000 |
2,3 |
| III |
0-13 |
4,43 |
186 |
5000 |
3,72 |
| IV |
0-33 |
7,79 |
327 |
5100 |
6,41 |
| V |
0-24 |
4,93 |
222 |
5100 |
4,35 |
| VI |
0-11 |
3,45 |
100 |
5100 |
1,96 |
| VII |
0-10 |
3,51 |
162 |
5100 |
3,18 |
| VIII |
0-10 |
3,51 |
144 |
5100 |
2,82 |
| IX |
0-18 |
4,60 |
216 |
5100 |
4,24 |
| X |
0-34 |
6,74 |
317 |
5100 |
6,22 |
| Total |
0-34 |
5,24 |
2070 |
48200 |
4,29 |
Dans l’ensemble, 4,29 % du nombre total des mouches reçues, étaient mortes, donc ne se sont pas envolées.
Il apparaît dans ce tableau que la mortalité par carton a varié de 0 à 59 avec une moyenne de 5,44. Tout comme sur la Koba, la mortalité la plus élevée a été enregistrée lors du 10ème lâcher pour la même raison. Sur ce cours d’eau le pourcentage de mortalité a été de 4,67.
Pour des raisons de logistique, les points retenus pour le suivi, au nombre de 59, ont été subdivisés en quatre zones :
- zone I : Koba (5 - 18) ;
- zone II : Woyowonko (19-33) ;
- zone III : Woyowonko (34-48) ;
- zone IV : Woyowonko (49-63)
Tableau 2 : Mortalité par lâcher sur le Woyowonko (Point de lâcher II)
| Numéro du lâcher |
Variation de la mortalité par carton (nombre de mouches par carton: 100) |
Moyenne de la mortalité par carton (nombre de carton: 51) |
Total des mortalités |
Nombre total de mouches expédiées |
Pourcentage de mortalité |
| I |
0-20 |
7,52 |
158 |
2500 |
6,32 |
| II |
0-13 |
4,67 |
198 |
5000 |
3,92 |
| III |
0-35 |
3,87 |
174 |
5000 |
7,41 |
| IV |
0-34 |
8,04 |
378 |
5100 |
3,20 |
| V |
0-20 |
3,98 |
163 |
5100 |
4,96 |
| VI |
0,22 |
5,75 |
253 |
5100 |
2,39 |
| VII |
0-13 |
2,84 |
122 |
5100 |
2,39 |
| VIII |
0-9 |
3,66 |
150 |
5100 |
2,94 |
| IX |
0-12 |
4,26 |
196 |
5100 |
3,84 |
| X |
0-59 |
10,52 |
463 |
5100 |
9,08 |
| Total |
0-59 |
5,44 |
2253 |
48200 |
4,67 |
Les résultats du suivi portant sur la survie et la dispersion sont présentés par zone dans les tableaux suivants :
Tableau 3 : Survie et dispersion des mâles stériles lâchés sur la Koba (Zone I)
Numéro du lâcher/couleur/date |
Durée de la survie en jours |
Nombre maximum de km parcourus à partir du point de lâcher |
Distance maximale par rapport au point de lâcher à laquelle la dernière mouche a été capturée |
I (Blanc) 28/11/02 |
51 |
5,5 |
4,5 |
II (Rouge) 03/12/02 |
37 |
7 |
4,5 |
III (Jaune) 10/12/02 |
58 |
7 |
0,5 |
IV (Vert) 17/12/02 |
46 |
6,5 |
4 |
V (Gris) 24/12/02 |
30 |
5,5 |
5 |
VI (Bleu) 31/12/02 |
24 |
7 |
5,5 |
VII (Rose) 07/01/03 |
34 |
6 |
3,5 |
VIII (Ocre) 14/01/03 |
23 |
7 |
0,5 |
IX (Orange) 21/01/03 |
27 |
7 |
2 |
X (Violet) 28/01/03 |
24 |
7 |
1 |
Moyenne |
35,5 |
6,5 |
3,1 |
La durée de survie va de la date du lâcher à la date à partir de laquelle les mouches de la couleur indiquée n’ont plus été capturées. Ainsi donc la survie a varié de 23 à 58 jours.
Les mouches qui ont le moins survécu sont celles du 8ème lâcher, marquées en ocre (23 jours). Celles qui ont le plus survécu sont celles du 3ème lâcher, marquées en jaune (58 jours). La moyenne est de 35,5 jours
Le nombre de km parcourus à partir du point de lâcher a varié de 5,5 à 7 km avec une moyenne de 6,5 km. La distance à laquelle la dernière mouche de chaque lâcher a été capturée, a varié de 1 à 5,5 km, avec une moyenne de 3,1 km.
Ce tableau montre que dans cette zone, la durée de la survie a varié de 13 (mouches du 10ème lâcher, marquées en violet) à 59 jours (mouches du 2ème lâcher, marquées en rouge), avec une moyenne de 29,3 jours.
Tableau 4 : Survie et dispersion des mâles stériles lâchés sur le Woyowonko (Zone II)
Numéro du lâcher/couleur/date |
Durée de la survie en jours |
Nombre maximum de km parcourus à partir du point de lâcher |
Distance maximum du point de lâcher à laquelle la dernière mouche a été capturée |
I (Blanc) 28/11/02 |
35 |
1,5 |
2 |
II (Rouge) 03/12/02 |
59 |
1,5 |
3,5 |
III (Vert) 10/12/02 |
28 |
2,5 |
4 |
IV (Jaune) 17/12/02 |
46 |
3,5 |
4 |
V (Gris) 24/12/02 |
30 |
3 |
4 |
VI (Bleu) 31/12/02 |
19 |
2,5 |
3,5 |
VII (Rose) 07/01/03 |
25 |
3,5 |
4 |
VIII (Ocre) 14/01/03 |
18 |
3,5 |
4 |
IX (Orange) 21/01/03 |
20 |
3,5 |
4 |
X (Violet) 28/01/03 |
13 |
3,5 |
3,7 |
Moyenne |
29,3 |
2,9 |
3,7 |
La distance parcourue a varié de 1,5 à 3,5 km du point de lâcher avec une moyenne de 2,9.
Les dernières mouches marquées ont été capturées dans cette zone à une distance allant de 2 à 4 km, avec une moyenne de 3,7 km du point de lâcher.
Tableau 5 : Survie et dispersion des mâles stériles lâchés sur le Woyowonko (Zone III)
Numéro du lâcher/couleur/date |
Durée de la survie en jours |
Nombre maximum de km parcourus à partir du point de lâcher |
Distance maximum du point de lâcher à laquelle la dernière mouche a été capturée |
I (Blanc) 28/11/02 |
- |
- |
- |
II (Rouge) 03/12/02 |
41 |
4 |
4 |
III (Vert) 10/12/03 |
37 |
4 |
4 |
IV (Jaune) 17/12/02 |
57 |
7,5 |
7,5 |
V (Gris) 24/12/02 |
13 |
4,5 |
4,5 |
VI (Bleu) 31/12/03 |
24 |
4,5 |
4,5 |
VII (Rose) 07/01/03 |
24 |
4 |
5,5 |
VIII (Ocre) 14/01/03 |
- |
- |
- |
IX (Orange) 21/01/03 |
8 |
4,5 |
4 |
X (Violet) 28/01/03 |
10 |
4 |
4 |
Moyenne |
21,4 |
4,6 |
4,7 |
Ce tableau indique que les mâles stériles qui sont arrivés dans cette zone, ont eu une survie qui a varié de 8 (mouches du 9ème lâcher, marquées en orange) à 57 jours (mouches du 4ème lâcher, marquées en jaune) avec une moyenne de 21,4 jours.
Dans cette zone, la distance maximum parcourue a varié de 4 à 7,5 km, avec une moyenne de 4,6 km.
Les dernières mouches marquées ont été capturées à une distance maximum variant de 4 à 7,5 km, avec une moyenne de 4,7 km du point de lâcher.
Il ressort de ces différents tableaux, que les mouches marquées, ont plus survécu dans la zone I, suivie de la zone II et de la zone III.
La distance parcourue a été plus grande en zone I, suivie de la zone II. Il faut noter, cependant, que les dernières mouches marquées, ont été capturées à des distances plus grandes en zone III, suivie de la zone II. Aucune des mouches des différents lâchers n’a été capturée dans la zone IV pendant toute la durée du suivi.
Tableau 6 : Durée du transport et du lâcher par lâcher et par point de lâcher
| Numéro du lâcher |
Point de lâcher I : Koba Durée du Durée du transport lâcher
(en minutes) (en minutes) |
Point de lâcher II : Woyowonko
Durée du Durée du transport lâcher (en minutes) (en minutes) |
| I |
30 70 |
55 47 |
| II |
28 60 |
52 52 |
| III |
35 60 |
57 32 |
| IV |
45 50 |
45 30 |
| V |
13 32 |
50 8 |
| VI |
28 37 |
60 57 |
| VII |
20 25 |
48 25 |
| VIII |
20 27 |
60 33 |
| IX |
17 22 |
40 40 |
| X |
23 30 |
73 30 |
| Moyenne |
25,9 41,3 |
54 35,4 |
Ce tableau montre qu’au niveau de la Koba, le temps qu’a duré le transport des mouches de l’aéroport au point de lâcher, a varié de 17 à 45 minutes et la durée du lâcher, c’est à dire le temps au bout duquel la dernière mouche s’est échappée du carton de 22 à 70 minutes, avec des moyennes de 25,9 et 41,3.
Sur le Woyowonko, ces chiffres sont respectivement de 45 à 60 et de 8 à 52, avec des moyennes de 54 et 35,4.
Dans les deux cas, il n’y a pas eu de grandes variations d’un lâcher à l’autre.
Le temps de transport a été plus long à destination du point II qu’à destination du point I. Cela s’explique par la distance qui les sépare de l’aéroport et de l’importance du trafic sur les routes empruntées.
Le tableau indique aussi, qu’en moyenne, le temps de lâcher a été plus court au point II qu’au point I.
Le temps de transport peut avoir un effet négatif sur la survie des mouches, car plus il dure, plus la température augmente et l’humidité relative diminue dans les conteneurs.
C’est le degré d’humidité relative, qui a le plus d’impact négatif sur la survie des mouches et aussi le temps de transport et la durée du lâcher. C’est ce qui explique les mortalités les plus élevées enregistrées lors du 10ème lâcher, tout particulièrement au point II où en plus de l’humidité très élevée dans les conteneurs, le temps de transport de l’aéroport au point de lâcher a duré 73 minutes, le temps le plus long, jamais enregistré.
Il faut déplorer le fait que les enregistrements de la température et de l’humidité relative en dehors et à l’intérieur des conteneurs pendant le vol de Bobo à Bamako et pendant le transport de l’aéroport aux points de lâcher, n’aient pu être exploités au moment opportun, c’est à dire le jour même du lâcher.
Cependant, il est à signaler que dans l’ensemble, les mouches ont été transportées dans de bonnes conditions tout le long des lâchers.
7. Dissections
La capacité d’accouplement et de stérilisation des femelles sauvages par les mâles stériles, a été déterminée par des dissections qui ont eu lieu du 6 au 17 janvier 2003. Sur la Koba, le taux moyen d’anomalies totales (avortement + œufs dégénérés + blocage) observé est de 22,58 % (14/62). Les taux les plus élevés d’avortement et d’anomalies totales : 23,07 % et 38,46 %, contre 25 % et 25 %, ont été obtenus à 2,5 km et 4 km respectivement. Au niveau de ces deux points, les mâles irradiés ont été capturés en moyenne 13 jours après les lâchers (durée après le lâcher) ;Sur le Woyowonko, le taux moyen d’anomalies totales (avortements + œufs dégénérés + blocage ) observé est de 11,76 % (4/34) dont 5,88 % (2/34) d’avortement. Sur les deux cours d’eau, aucun mâle irradié n’a été trouvé infecté de trypanosome.
8. Conclusions générales
Ces lâchers ont permis d’avoir des données importantes et très utiles sur le comportement des mâles irradiés sur le terrain.
Ces données vont faire l’objet d’une analyse beaucoup plus approfondie. Les résultats qui en sortiront permettront d’apprécier si une seconde série est nécessaire ou pas, avant de tirer des conclusions définitives.
Les lâchers opérationnels envisagés pour l’éradication devant se faire par avion, il sied d’indiquer qu’ils devront également faire l’objet d’un test. Cela permettra de savoir si ces mouches se comporteront de la même façon qu’au cours des lâchers expérimentaux terrestres.
Remerciements
Le Gouvernement du Mali remercie sincèrement l’Agence internationale de l’énergie atomique pour son appui technique constant et la prise en charge financière de l’achat et du transport des mouches qui ont servi à l’étude. |