Atelier de formation pour les laboratoires vétérinaires des pays francophones sur le transport des substances infectieuses : focus sur la peste des petits ruminants (PPR) et autres maladies animales prioritaires
Côte d'Ivoire, Abidjan Du 8 au 11 décembre 2025, le Centre Panafricain de Vaccination Vétérinaire (AU-PANVAC) a organisé un atelier régional à fort impact réunissant des professionnels des laboratoires vétérinaires de toute l'Afrique francophone autour d'une priorité partagée : garantir le transport sécurisé et conforme des substances infectieuses. Hébergé à l'hôtel ONOMO et mis en œuvre dans le cadre du Programme PPR financé par l'Union européenne, cette formation soutient directement la préparation de l'Afrique et l'ambition mondiale d'éradiquer la peste des petits ruminants (PPR).
La PPR continue de figurer parmi les maladies animales transfrontalières les plus économiquement dommageables affectant les ovins et caprins. Pour des millions de petits agriculteurs, particulièrement dans les communautés rurales vulnérables, les épidémies se traduisent par des pertes de revenus, l'insécurité alimentaire et une résilience affaiblie. Dans ce contexte, renforcer les systèmes de surveillance n'est pas simplement un exercice technique : c'est un investissement stratégique dans les moyens de subsistance et les systèmes alimentaires. Dans le cadre de la Stratégie mondiale de contrôle et d'éradication de la PPR (PPR-GCES), coordonnée conjointement par la FAO et l'Organisation mondiale de la santé animale (OMSA/WOAH), la confirmation en laboratoire et le transport sécurisé des échantillons restent des piliers centraux des progrès vers l'éradication.
C'est précisément cet écart opérationnel qu'AU-PANVAC a cherché à combler à Abidjan. Un diagnostic précis dépend de l'intégrité des échantillons du terrain au laboratoire. Pourtant, dans de nombreux pays, les faiblesses dans l'emballage, la documentation et la conformité réglementaire continuent de poser des risques non seulement pour la santé animale et publique, mais aussi pour le personnel de transport et l'environnement. L'atelier s'est donc concentré sur le renforcement des compétences pratiques requises pour gérer les substances infectieuses de manière sécurisée et en totale conformité avec les normes internationales.
La formation a réuni 27 professionnels des laboratoires vétérinaires issus de 14 pays francophones, créant une plateforme régionale dynamique pour l'apprentissage entre pairs et l'harmonisation des pratiques. Dispensée par Dr Charles Bodjo, Directeur d'AU-PANVAC, et Mme Rahamatou M. Boukary CISSE, le programme a été conçu pour passer résolument de la théorie à l'application.
Le premier jour s'est concentré sur les préparatifs et l'accueil des participants, préparant le terrain pour un programme technique intensif. La dynamique s'est rapidement construite le Jour 2 lors de la cérémonie officielle d'ouverture. Dans ses remarques, Dr Bodjo a remercié le Gouvernement de Côte d'Ivoire pour l'accueil de l'atelier et appelé à un engagement total des participants, soulignant l'importance stratégique du transport conforme des échantillons dans la voie d'éradication de la PPR. Au nom du Ministère de l'Élevage, Dr Lepry Charlotte, Directrice de LANADA, a accueilli l'initiative et souligné sa contribution au renforcement de la biosécurité et de la biosécurité lors des expéditions d'échantillons biologiques.
Les sessions techniques ont débuté immédiatement, ancrant les participants dans la gestion des risques biologiques à travers l'approche AMP (Évaluation, Atténuation, Performance). La formation a ensuite décomposé le paysage réglementaire complexe régissant le transport des substances infectieuses, couvrant les cadres internationaux tels que l'OACI et l'IATA ainsi que les exigences nationales pertinentes. Étape par étape, les participants ont examiné la chaîne complète d'expédition : classification, identification, sélection d'emballage, marquage et étiquetage, et réalisation de la documentation obligatoire.
Ce qui a distingué l'atelier d'Abidjan, c'est son orientation pratique marquée. À travers des exercices de groupe et un apprentissage basé sur des scénarios, les participants ont appliqué les critères de classification à des cas réels, débattu des profils de risque et testé leur compréhension dans un environnement collaboratif. Cette méthodologie pratique s'est poursuivie le Jour 3, où l'accent s'est déplacé vers l'atténuation des risques et la conformité réglementaire complète. Les sessions sur les instructions d'emballage IATA ont renforcé l'exigence non négociable de l'emballage triple pour les Catégories A, B et spécimens exemptés. Les participants ont également travaillé sur les normes de marquage et d'étiquetage et pratiqué la réalisation des déclarations d'expéditeur et documents d'appui.
Le Jour 4 a marqué l'aboutissement du parcours d'apprentissage par des présentations de groupe, où les participants ont démontré une maîtrise complète du processus d'expédition à l'aide de scénarios réalistes. L'examen écrit final comprenant 50 questions couvrant tous les modules du cours a confirmé les solides gains de connaissances réalisés pendant la formation. La plupart des participants ont obtenu des scores entre 86 et 98 pour cent. Trois participants qui étaient initialement en dessous du seuil de certification de 80 pour cent ont réussi après une reprise, aboutissant à la certification complète de la cohorte en tant qu'expéditeurs qualifiés de substances infectieuses.
L'impact de l'atelier a été renforcé par des partenariats stratégiques. Mis en œuvre dans le cadre du projet PPR financé par l'UE, la formation a également bénéficié du soutien de la FAO, qui a sponsorisé sept participants du Burundi, du Tchad, de la République démocratique du Congo et du Togo. Cet investissement coordonné reflète l'alignement croissant entre les acteurs continentaux et mondiaux travaillant vers le même objectif d'éradication.
À la clôture de l'atelier, 27 professionnels de 14 pays avaient renforcé leur capacité technique, quatre participants bénéficiant d'une formation de rattrapage. Au-delà des chiffres, la formation a élargi la préparation opérationnelle de la région pour expédier en toute sécurité les échantillons PPR et autres spécimens de maladies animales prioritaires – un facilitateur essentiel pour un diagnostic rapide et une surveillance efficace.
Importamment, les participants ont fourni des recommandations prospectives qui façonneront les futurs efforts de renforcement des capacités d'AU-PANVAC. Parmi celles-ci figurait l'appel à étendre la durée de la formation pour permettre un engagement pratique plus approfondi. Les participants ont également fortement recommandé l'inclusion d'un module dédié aux procédures de réponse d'urgence en cas de déversements accidentels, reconnaissant que la préparation aux incidents est aussi critique que la prévention. De plus, ils ont souligné la valeur des formations de rappel périodiques et la nécessité de diffuser les connaissances au niveau national pour assurer un impact institutionnel plus large.
L'atelier d'Abidjan représente plus qu'une formation isolée : c'est une étape stratégique vers un réseau de laboratoires vétérinaires africains plus sûr, plus conforme et mieux connecté. En investissant dans les personnes, les systèmes et les normes, AU-PANVAC et ses partenaires renforcent la colonne vertébrale opérationnelle requise pour atteindre l'éradication mondiale de la PPR.
À mesure que la qualité de la surveillance s'améliore et que les risques de biosécurité sont réduits, le continent progresse régulièrement vers un avenir où la PPR ne menace plus les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire de millions de petits agriculteurs.