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Au marché de bétail de Kindia, situé à environ 135 km de Conakry, la scène paraît banale. Les éleveurs arrivent avec leurs moutons et leurs chèvres, les acheteurs discutent des prix, tandis que les animaux remplissent le marché de leurs bêlements.

Pourtant, avant de négocier la vente de ses moutons, M. Camara (nom d'emprunt) fait une halte aux Services vétérinaires. Dans sa main, il tient un petit carnet  de vaccination. Pour un simple observateur, ce document ressemble à un livret ordinaire. Mais pour lui, elle a autant de valeur que l'animal qu'il est sur le point de vendre. Sans cette brochure, ses moutons ne peuvent obtenir le certificat sanitaire officiel attestant qu'ils sont en bonne santé et qu'ils sont autorisés à être commercialisés.

« Auparavant, nous ne comprenions pas toujours pourquoi nous devions vacciner correctement nos animaux. Aujourd’hui, nous savons que ce livre protège notre troupeau, notre entreprise et nos familles », dit-il.

Ce changement de mentalité est le résultat de campagnes de sensibilisation continues menées par les services vétérinaires, qui accompagnent les agriculteurs pour prévenir les maladies, renforcer les bonnes pratiques sanitaires et promouvoir la vaccination.

Grâce à ces efforts, les éleveurs savent désormais que la vaccination de leurs animaux ne permet pas seulement d’éviter les pertes liées à la maladie. Cela signifie également préserver leurs revenus, accéder aux marchés tout en assurant le respect des réglementations en matière de santé animale afin de gagner la confiance des acheteurs.

Cette approche est particulièrement importante dans la lutte contre la peste des petits ruminants (PPR), l'une des maladies animales les plus dévastatrices pour les ovins et les caprins en Afrique. Très contagieuse, la PPR peut tuer jusqu'à 90 % d'un troupeau non protégé, mettant en péril les moyens de subsistance de millions de familles, la sécurité alimentaire et le commerce du bétail.

Face à cette menace, la vaccination demeure le moyen le plus efficace de protéger les troupeaux. Cependant, une prévention efficace des maladies va au-delà de l'administration d'un vaccin.

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Il repose également sur un système complet de surveillance sanitaire, la certification animale et l'engagement quotidien des services vétérinaires, qui surveillent la santé des troupeaux, vérifient l'état sanitaire des animaux avant leur commercialisation et délivrent des certificats sanitaires officiels.

En Guinée, cette approche est progressivement devenue une pratique essentielle. La vaccination et la certification sanitaire ne sont plus considérées comme de simples formalités administratives, mais comme une garantie de qualité et de sécurité pour les agriculteurs, les commerçants et les consommateurs.

L'histoire de M. Camara nous apprend qu'un carnet de vaccination protège plus qu'un simple animal.

Il protège le revenu d'une famille. Elle garantit un commerce plus sûr. Il instaure la confiance entre les vendeurs et les acheteurs. Il contribue à préserver la sécurité alimentaire des communautés. Et surtout, il représente une étape essentielle vers un objectif plus ambitieux : éradiquer la peste des petits ruminants en Afrique 

Surtout, comme vacciner un mouton ou présenter son carnet de vaccination avant une vente, chaque éleveur devient un acteur de cette ambition continentale.

Ces témoignages ont été recueillis lors d'une mission de suivi et d'évaluation menée par le Programme panafricain pour l'éradication de la peste des petits ruminants (PPR), coordonnée par le Secrétariat panafricain (PAPS), hébergé par l'UA-IBAR, en collaboration avec les Services vétérinaires de Guinée et avec le soutien financier de l'Union européenne.