Assurer la Pérennité des Économies Rurales : l'Afrique Centrale Accélère la Surveillance de la PPR à l'horizon 2030
La lutte contre la peste des petits ruminants (PPR) en Afrique centrale a franchi une étape décisive du 21 au 23 avril 2026, lorsque des représentants des États membres de la CEEAC, des experts techniques et des partenaires de développement se sont réunis à Yaoundé, au Cameroun. Organisé dans le cadre du Programme panafricain d’éradication de la PPR, cet atelier régional soutenu par la FAO en collaboration avec UA-BIRA et financé par l’Union européenne a permis de transformer le dialogue technique en une feuille de route unifiée pour l’éradication de la PPR en Afrique centrale.
Cet atelier s’est concentré sur le renforcement des systèmes de surveillance nationaux et régionaux, en dotant les pays des outils techniques nécessaires pour détecter, surveiller et répondre efficacement aux foyers de PPR.
Les participants ont pris part à des sessions techniques portant sur:
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les systèmes de surveillance épidémiologique
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les approches de surveillance fondées sur les risques et axées sur les communautés
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les diagnostics de laboratoire et la gestion des données
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les stratégies d’échantillonnage et la séro-surveillance
Au-delà du défi technique que représente la santé animale, l’urgence de cette réunion était dictée par les enjeux socio-économiques : la protection des moyens de subsistance, la résilience rurale et les économies vitales des familles dépendantes de l’élevage
Lors de la séance d’ouverture, des dirigeants clés ont réaffirmé la voie à suivre d’ici 2030 :
Dr Antonio Querido (Représentant de la FAO, Cameroun) : «Éradiquer la PPR d’ici 2030 est un objectif ambitieux mais réalisable si nous unissons nos efforts et renforçons nos partenariats.
Dr Mimbang Guy Iréné (Conseiller technique, MINEPIA) : « Nous devons aller au-delà de la détection ; la notification en temps réel, une surveillance efficace et la mise en œuvre de mesures de contrôle efficaces sont essentielles. »
Julien Abratis (représentant de l’Union européenne) : « La PPR n’est pas seulement une maladie animale, c’est un enjeu économique et social majeur. »
Dr Marcel Casimir Ndongo Kounou (coordinateur régional, AU-IBAR) : « L’éradication est à notre portée, mais elle nécessite un engagement soutenu et collectif. »
Grâce à des groupes de travail pratiques, les pays ont élaboré des plans d’échantillonnage nationaux et des feuilles de route prioritaires, renforçant ainsi leur capacité à mettre en œuvre des activités de surveillance à grande échelle. Au-delà des échanges techniques, l’atelier a marqué le passage du renforcement des capacités à la préparation opérationnelle. Les pays ont été dotés des outils et des approches appropriés nécessaires pour renforcer les systèmes de surveillance et répondre plus efficacement aux menaces de la PPR.
Les participants sont passés de la discussion politique à la préparation opérationnelle, obtenant des résultats concrets qui définiront les progrès de la région :
Capacité technique renforcée : expertise renforcée en matière d’approches de surveillance fondées sur les risques et axées sur les communautés.
Cadres nationaux : finalisation des plans d’échantillonnage et des feuilles de route pour les études de prévalence en vue d’une mise en œuvre immédiate.
Intégration des systèmes : adoption d’un modèle synchronisé où les capacités des laboratoires, la gestion des données et les systèmes d’alerte précoce permettent une réponse rapide aux flambées.
Cette initiative renforce un changement de paradigme essentiel, passant d’interventions fragmentées à une approche systémique :
Surveillance → Détection précoce → Réponse rapide → Lutte contre la maladie → Éradication de la PPR
En renforçant chaque maillon de cette chaîne, les pays sont mieux équipés pour interrompre la transmission, améliorer le ciblage et garantir un impact à long terme.
Les participants ont mis en évidence les domaines clés nécessitant une attention urgente :
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renforcement des capacités des laboratoires (équipements, réactifs, diagnostics)
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l'amélioration des systèmes de prélèvement et de transport des échantillons
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le renforcement de la coordination transfrontalière et du partage des données
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la garantie d'un financement durable pour les activités de surveillance
Bien que la dynamique soit forte, l'atelier a permis d'identifier des priorités essentielles pour assurer le succès à long terme, notamment la nécessité d'un financement durable, d'une infrastructure diagnostique améliorée et d'un partage transfrontalier des données sans faille. En renforçant ces piliers, les pays d'Afrique centrale s'efforcent non seulement d'interrompre la transmission de la maladie, mais aussi d'assurer l'avenir de leurs économies rurales.