Des données probantes à l’action : le Liberia identifie les priorités essentielles pour accélérer l’éradication de la PPR
Monrovia, Liberia, août 2026 Le Liberia a franchi une étape importante dans le renforcement de ses efforts d’éradication de la Peste des Petits Ruminants (PPR), à la suite d’une mission de suivi-évaluation menée par l’UA-BIRA à travers le Secrétariat Panafricain de la PPR (PAPS), avec le soutien financier de l’Union européenne.
La mission a évalué le niveau réel de préparation opérationnelle du pays en matière de surveillance, diagnostic, vaccination, gouvernance vétérinaire, gestion des données et coordination transfrontalière, allant au-delà des résultats rapportés afin de vérifier directement sur le terrain les capacités existantes.
Les progrès du Liberia ont des implications qui dépassent ses frontières. Le pays partage des frontières avec la Sierra Leone, la Guinée et la Côte d’Ivoire, ce qui l’inscrit dans un système fortement interconnecté de mouvements du bétail. Dans le comté de Nimba, la zone frontalière de Ganta relie directement le Liberia à la Guinée et à la Côte d’Ivoire, où l’existence de nombreux points de passage informels rend particulièrement importants la surveillance efficace et le contrôle des mouvements d’animaux.
À Ganta, la mission a évalué le Laboratoire vétérinaire et le Centre de quarantaine animale et organisé une consultation conjointe à la frontière, réunissant 21 représentants issus de 11 institutions, notamment les services vétérinaires, la sécurité aux frontières, les douanes, le commerce, la santé publique et d’autres acteurs. Cette consultation a mis en évidence l’existence d’une plateforme multisectorielle qui peut être davantage renforcée afin d’assurer une surveillance coordonnée des maladies animales transfrontalières.
L’évaluation a confirmé que le Liberia dispose d’importantes bases institutionnelles et techniques, mais que plusieurs contraintes continuent de limiter leur efficacité opérationnelle.
Au Laboratoire central de diagnostic vétérinaire de Fendell, la mission a documenté des difficultés affectant les capacités de PCR, les équipements de biosécurité, les congélateurs, l’approvisionnement en électricité, la disponibilité des réactifs et le transfert des échantillons. Les contraintes liées à la chaîne du froid limitent également la capacité du pays à mener la vaccination à l’échelle requise.
Les conclusions de la mission mettent en évidence un constat essentiel : la vaccination seule ne permettra pas d’éradiquer la PPR. Les vaccins doivent être soutenus par des laboratoires fonctionnels, une surveillance continue, du personnel vétérinaire qualifié, des données fiables, un contrôle efficace des mouvements d’animaux et un financement prévisible.
La mission a obtenu d’importants engagements de la part du Ministre de l’Agriculture. Le Ministre a confirmé que le Plan stratégique national (PSN), qui demeure non signé depuis l’atelier de novembre 2025, sera signé dès qu’il lui sera officiellement soumis. Il s’est également engagé à examiner l’état d’avancement de la Loi sur la santé animale et à prendre les mesures nécessaires pour assurer son opérationnalisation et sa mise en œuvre effective.
Ces éléments ne sont pas de simples questions administratives. Ils concernent directement les fondements juridiques et stratégiques de l’identification des animaux, du contrôle de leurs mouvements, de la notification des maladies et du financement durable des services vétérinaires.
La mission a également recueilli d’importantes informations auprès du Ministère de l’Agriculture. Lors de la séance de restitution ministérielle, le Gouvernement a indiqué son intention de recruter et déployer 109 agents d’élevage dans au moins cinq comtés, d’acquérir 109 motocyclettes pour les techniciens de l’élevage, de renforcer le suivi du personnel vétérinaire, de moderniser les installations de Ganta et de former le personnel nouvellement recruté au diagnostic, à la reconnaissance des maladies et au transport sécurisé des échantillons.
Le renforcement du système de lutte contre la PPR au Liberia contribuera à améliorer le contrôle des maladies dans l’ensemble du bassin du fleuve Mano et participera directement à l’objectif continental d’éradication de la PPR en Afrique.
Les priorités immédiates sont donc clairement définies : opérationnaliser le Plan stratégique national et le cadre juridique ; renforcer les effectifs et le financement des services vétérinaires ; rétablir le fonctionnement des laboratoires et de la chaîne du froid ; améliorer les systèmes de surveillance et de gestion des données ; renforcer la coordination transfrontalière ; et accroître l’engagement communautaire autour de la vaccination.
Les données probantes recueillies au cours de cette mission guideront les actions de suivi ciblées avec le Liberia et contribueront à définir les priorités de la prochaine phase du Programme panafricain d’éradication de la PPR.
La mission a été menée dans le cadre du Programme Panafricain d’éradication de la PPR, coordonné à travers le PAPS, hébergé par l’UA-BIRA, avec le soutien financier de l’Union Européenne.