À Entebbe, l’Afrique de l’Est renforce la coordination pour accélérer l’éradication de la PPR et la santé animale
Entebbe, Ouganda |21–25 septembre 2026 Les États membres et les partenaires techniques d’Afrique de l’Est ont identifié des priorités communes pour faire progresser l’éradication de la peste des petits ruminants (PPR) et renforcer la coopération régionale en santé animal.Les Experts ont examiné les progrès réalisés, partagé leurs expériences et relevé les lacunes à combler dans la mise en œuvre des interventions nationales et transfrontalières.
Organisées successivement, la 12ᵉ Réunion de coordination des parties prenantes de la PPR en Afrique de l’Est et la 13ᵉ Réunion du Réseau de santé animale d’Afrique de l’Est (EA-RAHN) ont permis de rapprocher les priorités d’éradication de la PPR des besoins plus larges de prévention et de contrôle des maladies animales dans la région.
Lors de ses allocutions d’ouverture et de clôture de la réunion de l’EA-RAHN, le Ministre d’État Ougandais chargé de l’Industrie animale a souligné l’importance d’une coordination renforcée aux niveaux national, régional et continental pour répondre efficacement aux défis de santé animale. Il a réaffirmé l’engagement du Gouvernement ougandais en faveur de l’éradication de la PPR et de la prévention et du contrôle des autres maladies animales transfrontalières prioritaires, en appelant à une action collective soutenue, à des services vétérinaires solides et à une coopération régionale effective.
Les discussions consacrées à la PPR ont porté sur la surveillance, le diagnostic de laboratoire, le partage des informations épidémiologiques, la mobilité du bétail et la transmission transfrontalière. La mobilisation des ressources, le renforcement des services vétérinaires et les approches fondées sur les épisystèmes ont également occupé une place importante dans les échanges. Ces approches permettent de prendre en compte les espaces de circulation de la maladie et les interactions entre troupeaux au-delà des limites administratives.
L’enjeu est de mieux relier les interventions nationales aux risques partagés entre pays. Les déplacements du bétail connectent les zones de production, les marchés et les communautés pastorales. Ils rendent indispensable une coopération régulière entre les autorités vétérinaires, soutenue par des informations sanitaires fiables et une capacité de réponse coordonnée.
Pour les éleveurs, des systèmes de santé animale plus efficaces peuvent contribuer à réduire les pertes de cheptel, à préserver les revenus et à soutenir la sécurité alimentaire. Pour les services vétérinaires, une meilleure circulation de l’information et une collaboration renforcée entre laboratoires peuvent faciliter la détection précoce, l’évaluation des risques et le ciblage des interventions. À l’échelle régionale, ces capacités constituent des fondements essentiels pour mieux prévenir la propagation des maladies et soutenir les échanges commerciaux.
La réunion de l’EA-RAHN a élargi la réflexion aux autres maladies animales transfrontalières, et à la sécurité sanitaire des aliments. Les échanges ont mis en avant la surveillance intégrée, la préparation aux urgences, la réponse conjointe, la collaboration entre laboratoires ainsi que l’utilisation et la diffusion des résultats de la recherche.
Les rencontres ont réuni des chefs des services vétérinaires, des coordinateurs et points focaux de la PPR, des épidémiologistes et des experts de laboratoire des États membres de l’IGAD et de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC). Ils ont échangé avec des représentants de l’IGAD, de l’AU-IBAR, de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), de la FAO, de GALVmed, ainsi qu’avec les autorités chargées de la faune sauvage et les institutions de recherche. Cette mobilisation a associé les responsables des politiques sanitaires aux réseaux techniques chargés de leur mise en œuvre.
Les priorités identifiées à Entebbe contribuent à l’effort continental d’éradication de la PPR en renforçant les liens entre les systèmes nationaux, les mécanismes régionaux de coordination et les partenaires techniques. Leur portée dépendra désormais de leur traduction en actions suivies et dotées des moyens nécessaires.
La prochaine étape consiste à établir un plan de suivi opérationnel précisant les responsabilités, les échéances et les besoins en ressources. Le renforcement du partage transfrontalier des informations, la surveillance conjointe et l’examen régulier des progrès devraient en constituer les principaux axes.
Ce passage du dialogue à la mise en œuvre permettra de donner une suite concrète aux échanges d’Entebbe : mieux anticiper les menaces, coordonner les réponses et protéger durablement les moyens de subsistance des communautés dépendantes de l’élevage.
Ces rencontres ont été organisées par le Secrétariat panafricain de la PPR (PAPS), hébergé par l’AU-IBAR, avec le financement de l’Union européenne.