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Brazzaville, République du Congo, 28 mai 2026 Des dirigeants africains, des partenaires de développement, des institutions financières, des organisations de producteurs de bétail et des experts techniques ont appelé à des investissements accrus et coordonnés pour accélérer l'éradication de la peste des petits ruminants (PPR) et renforcer les systèmes d'élevage résilients au climat dans toute l'Afrique.

Cet appel a été lancé à l’issue d’une manifestation parallèle de haut niveau sur le thème «Mobilisation des investissements et des ressources pour l’éradication de la PPR et des systèmes d’élevage résilients au changement climatique en Afrique», qui s’est tenue lors de l’Assemblée annuelle de la Banque africaine de développement (BAD) à Brazzaville. Les participants ont convenu que pour parvenir à une Afrique sans PPR d'ici 2030, il faudra aller au-delà des engagements politiques et mobiliser un financement durable, des mécanismes d'investissement innovants et une action coordonnée aux niveaux continental, régional et national.

L’événement a réuni de hauts représentants de la Commission de l’Union africaine, de l’Union Européenne, de la Banque Africaine de Développement, de la FAO, de l’Organisation mondiale de la Santé Animal (OMSA), AUPANVAC , des Communautés Economiques Régionales, des États membres, desOrganisations d’Eleveurs, des Institutions Financières et des Partenaires au Développement. Les discussions ont porté sur la mobilisation des ressources nécessaires pour éradiquer la PPR tout en renforçant les systèmes d'élevage capables de résister aux impacts croissants du changement climatique.

L'un des messages centraux du dialogue a été la nécessité urgente pour l'Afrique de passer de la sensibilisation à l'action concrète, des engagements au financement durable et du financement à des résultats mesurables sur le terrain. Les participants ont réaffirmé que les investissements dans l'éradication de la PPR ne sont pas seulement des investissements dans la santé animale, mais également dans la sécurité alimentaire, la résilience climatique, la croissance économique et le développement rural durable.

Les Représentants des Gouvernements, des Institutions Financières, des Partenaires Techniques, des Organisations Régionales et des Acteurs du Développement ont renforcé leurs engagements autour de quatre priorités clés :

  • Sécurité alimentaire
  • Résilience climatique
  • Renforcer les systèmes de santé animale
  • Protéger les moyens de subsistance des communautés rurales à travers l'Afrique
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Les participants ont souligné que la PPR reste l'une des maladies animales transfrontalières les plus dommageables affectant les ovins et les caprins sur le continent. Au-delà de la santé animale, la maladie sape les revenus des ménages, les économies rurales, le commerce régional, les systèmes alimentaires et la résilience des communautés vulnérables. Les petits ruminants restent un atout essentiel pour des millions de ménages africains, en particulier les femmes, les jeunes, les éleveurs pastoraux et les petits exploitants agricoles, en fournissant de la nourriture, des revenus, des économies et un filet de sécurité pendant les périodes de difficultés économiques et de chocs climatiques.

Au cours des tables rondes, S.E. M. Moses Vilakati, Commissaire à l'agriculture, au développement rural, à l'économie bleue et à l'environnement durable de la Commission de l'Union africaine, a délivré un message fort et urgent lors du dialogue stratégique de haut niveau sur le PPR2030 et les systèmes d'élevage résilients en Afrique, soulignant que l'Afrique ne peut plus se permettre les pertes économiques et sociales dévastatrices causées par la PPR. Il a appelé à un leadership politique audacieux, à des partenariats plus solides, à des investissements accrus et à un engagement durable pour protéger les communautés tributaires du bétail et renforcer les systèmes d'élevage résilients sur tout le continent.

Le Commissaire a souligné que l’engagement politique, une plus grande appropriation par les pays, un financement durable et des partenariats coordonnés sont essentiels pour éradiquer avec succès la PPR et préserver les moyens de subsistance de millions d’Africains. Il a exhorté les parties prenantes à traduire leurs engagements en actions et à veiller à ce que les investissements produisent des résultats tangibles et mesurables sur le terrain.

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Le Ministre de l'élevage et de la production animale de la République du Tchad, S.E. le Professeur Abderahim Awat Atteib, a appelé les pays africains à intensifier leur engagement dans la lutte contre la PPR. Il a souligné que les gouvernements africains doivent s’approprier davantage les efforts d’éradication plutôt que de compter uniquement sur l’aide extérieure. Décrivant la PPR comme une maladie extrêmement dévastatrice pour les moutons et les chèvres à travers l'Afrique, il a exhorté les pays à mettre en commun leurs efforts et leurs ressources pour éliminer la maladie et protéger les moyens de subsistance qui dépendent de la production des petits ruminants.

En tant que partenaire technique et financier essentiel dans la lutte contre la PPR, l’Union Européenne a réaffirmé sa ferme volonté de soutenir le programme d’éradication de l’Afrique. S'adressant aux médias, S.E. Anne Marchal, Ambassadrice de l'Union Européenne auprès de la République du Congo, a souligné l'importance cruciale du financement et de la sensibilisation pour atteindre l'objectif PPR2030.

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Elle a noté que l'Union Européenne soutient déjà le programme par un investissement de 8 millions d'euros, tandis que les préparatifs sont en cours pour une deuxième phase évaluée à 40 millions d'euros. Selon l'Ambassadeur, ces contributions représentent un engagement important, car la lutte efficace contre les maladies dépend non seulement des ressources financières, mais aussi de la garantie que les éleveurs et les communautés sont informés et impliqués.

L'Ambassadeur a également souligné le rôle essentiel des médias dans la diffusion d'informations aux éleveurs et aux communautés rurales. Elle a souligné que les agriculteurs et les éleveurs pastoraux doivent être informés des campagnes de vaccination et des mesures de prévention des maladies, notant que les maladies animales ne respectent pas les frontières nationales et nécessitent une action coordonnée entre les pays et les régions.

Représentant le Ministre de l'Agriculture, de l'Elevage et des Pêches de la République du Congo, M. Tobi N'Kaya, a appelé les partenaires de développement, en particulier la Banque africaine de développement, à appuyer le processus d'éradication. Il a souligné que la PPR continue à affaiblir les économies rurales et constitue une menace importante pour la sécurité alimentaire, faisant des investissements soutenus dans la santé animale une priorité stratégique pour le continent.

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Les organisations d’éleveurs et les représentants des éleveurs ont apporté une forte dimension humaine aux discussions. Ils ont rappelé aux participants que les flambées de PPR affectent directement les moyens de subsistance de millions de familles à travers l’Afrique. Ils ont souligné que les femmes sont souvent les premières à gérer les ovins et les caprins et qu'elles dépendent de ces animaux comme source essentielle de revenu du ménage. Lorsque des épidémies se produisent, les femmes peuvent perdre leur indépendance financière et être confrontées à de plus grandes difficultés pour soutenir le bien-être familial, les soins de santé et l’éducation. 

Plusieurs domaines d’investissement prioritaires considérés comme essentiels pour atteindre l’objectif PPR2030 ont été identifiés. Il s’agit notamment de campagnes de vaccination fondées sur les risques ciblant les zones et les couloirs d’élevage à haut risque, de systèmes renforcés de surveillance des maladies et d’alerte précoce, d’infrastructures de laboratoire et de capacités de diagnostic renforcées, de production durable de vaccins et d’assurance de la qualité, de systèmes de chaîne du froid  y compris des solutions à énergie solaire, de services vétérinaires mobiles pour les communautés pastorales et éloignées, de systèmes de données numériques interopérables, de financement des chaînes de valeur du bétail et de la fourniture de services vétérinaires, ainsi que d’une coopération régionale renforcée et d’une coordination transfrontalière renforcée.

Les discussions se sont conclues par un fort consensus sur le fait que l'Afrique possède l'engagement politique, l'expertise technique, les cadres institutionnels et les partenariats nécessaires pour éradiquer la PPR d'ici à 2030. Toutefois, la réalisation de cette ambition dépendra de la transformation des engagements en actions coordonnées, financées de manière adéquate et axées sur les résultats. Alors que l'Afrique avance vers l'objectif PPR2030, le dialogue de Brazzaville a renforcé un message clair : investir dans l'éradication de la PPR est un investissement stratégique dans la sécurité alimentaire, la résilience climatique, les systèmes de santé animale, la prospérité rurale, l'autonomisation des femmes, l'emploi des jeunes et la transformation durable du secteur de l'élevage en Afrique.

L'événement a également appelé à renforcer les partenariats, à mettre en place des mécanismes de financement innovants et à coordonner les actions à tous les niveaux pour atteindre l'objectif mondial d'éradication de la PPR d'ici 2030.

Cette activité a été organisée par le Programme panafricain pour l'éradication de la PPR (PAPS), mis en œuvre et financé par l'Union européenne.