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Bamako, Mali  Du 19 au 21 octobre 2026, les autorités nationales et leurs partenaires se sont réunis à l’hôtel Azalaï pour examiner et actualiser le Plan stratégique national de contrôle et d’éradication de la peste des petits ruminants (PPR). L’atelier a permis de convenir de révisions prioritaires pour renforcer la surveillance, le diagnostic, la vaccination, la planification financière et le suivi de la mise en œuvre.

Avec un cheptel de 58,3 millions de petits ruminants, le Mali occupe une place majeure dans l’élevage en Afrique de l’Ouest. La protection de ces moutons et chèvres contre la PPR représente un enjeu essentiel pour les revenus des ménages, la sécurité alimentaire et la résilience des communautés pastorales et agropastorales. L’importance de ce cheptel et les mouvements transfrontaliers d’animaux font également du Mali un acteur clé de l’éradication de la maladie dans la sous-région.

Organisée par le Ministère de l’Élevage et de la Pêche, avec l’appui de AU-IBAR à travers le Secrétariat panafricain de la PPR (PAPS) et le financement de l’Union européenne, cette rencontre visait à doter le Mali d’un cadre national cohérent, fondé sur les données et les risques, chiffré et opérationnel. Les travaux ont fait progresser la révision du plan, dont la consolidation et la revue technique complémentaire restent nécessaires avant sa finalisation.

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À l’ouverture de l’atelier, le Dr Boubacar Bass, conseiller technique du Ministère de l’Élevage et de la Pêche, a rappelé la place de l’élevage dans l’économie nationale et réaffirmé l’engagement du Mali en faveur de l’éradication de la PPR à l’horizon 2030. Il a souligné que cette volonté demeure, malgré les contraintes de financement public auxquelles le pays est confronté.

S’exprimant au nom de la Directrice de l’AU-IBAR, la Dr Perdita Hilary Lopes, coordonnatrice régionale de la PPR pour l’Afrique de l’Ouest, a mis en avant le rôle central du Mali dans la production et la mobilité des petits ruminants. Le renforcement de sa stratégie représente ainsi une priorité nationale et une contribution importante aux efforts d’éradication en Afrique de l’Ouest. Elle a réaffirmé la disponibilité de l’UA-BIRA à accompagner le pays dans l’alignement de son plan sur les cadres panafricain et mondial.

Les participants ont examiné les principales lacunes techniques, institutionnelles, opérationnelles et financières relevées lors de la revue du plan. Les travaux de groupe et les échanges en plénière ont permis de convenir des modifications proposées et d’intégrer celles pour lesquelles les informations nécessaires étaient disponibles.

La surveillance et le diagnostic ont occupé une place centrale dans les discussions. Les recommandations portent notamment sur l’amélioration de l’acheminement des échantillons, de l’assurance qualité des laboratoires, des délais de transmission des résultats et des mécanismes de retour d’information. Le renforcement des enquêtes sur les foyers et de la notification doit également permettre de mieux orienter les interventions.

Concernant la vaccination, les échanges ont porté sur les populations prioritaires, les objectifs annuels, la prévision des besoins en vaccins, l’approvisionnement, la chaîne du froid et la distribution sur le terrain. Les participants ont également souligné l’importance de la traçabilité de l’utilisation des vaccins et du suivi post-vaccination pour apprécier la couverture et l’immunité des populations animales.

Ces interventions doivent être adaptées aux systèmes d’élevage, aux mouvements d’animaux, aux corridors de transhumance, aux marchés et aux zones frontalières.

Le Mali dispose également d’un cadre juridique soutenant la lutte contre la PPR, notamment la loi n° 01-022 du 31 mai 2001 et le décret n° 01-0339/P-RM d’août 2001, prévoyant la notification de la maladie, la vaccination obligatoire et l’investigation des foyers. Ce socle juridique constitue un atout pour responsabiliser les acteurs, mobiliser les ressources et soutenir la mise en œuvre des interventions. L’expérience malienne offre ainsi un enseignement utile pour la sous-région : les orientations techniques gagnent à être appuyées par des dispositions réglementaires claires et effectivement appliquées.

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L’atelier a souligné la nécessité d’associer chaque activité à des responsabilités institutionnelles clairement définies, à des indicateurs mesurables, à des objectifs annuels et à des coûts réalistes.

La distinction entre les contributions de l’État et celles des partenaires doit permettre de préciser les déficits de financement et de mieux orienter la mobilisation des ressources. Des plans de travail annuels chiffrés seront essentiels pour traduire les orientations stratégiques en interventions réalisables.

Les participants ont également recommandé de poursuivre l’utilisation de l’Outil de suivi et d’évaluation de la PPR (PMAT) afin de documenter les éléments de preuve et d’apprécier les progrès sur la voie de l’éradication.

La rencontre a réuni les autorités nationales, les représentants des services vétérinaires, des laboratoires et des régions, ainsi que l’UA-BIRA  le PRAPS-2, la FAO, l’ILRI, l’APESS, les réseaux pastoraux et les organisations d’éleveurs.

Leurs contributions ont permis de rapprocher les orientations techniques des réalités de terrain, notamment des difficultés de prestation des services vétérinaires et des besoins des producteurs. La participation du PRAPS-2 a également assuré une continuité avec les appuis précédents à l’élaboration et à l’actualisation du plan national.

Les échanges ont mis en évidence des possibilités de collaboration avec des organisations communautaires telles qu’ADICOM, dont les réseaux pourraient contribuer à la sensibilisation, à la mobilisation des éleveurs et à la coordination avec les services vétérinaires. Ces pistes devront être approfondies, particulièrement pour les zones touchées par l’insécurité ou difficiles d’accès.

La mobilité des troupeaux et les risques sanitaires partagés rendent indispensable une coopération avec les pays voisins. L’atelier a donc insisté sur la surveillance transfrontalière, le partage d’informations et la coordination de la vaccination dans les zones à haut risque communes.

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L’alignement du plan malien sur les cadres régionaux, continentaux et mondiaux doit permettre de relier les investissements nationaux aux efforts collectifs d’éradication. Pour les communautés dépendantes de l’élevage, les bénéfices attendus sont un meilleur accès à la prévention et aux services vétérinaires, ainsi qu’une meilleure protection des moutons et des chèvres qui contribuent à leurs revenus, à leur alimentation et à leur épargne.

La Direction nationale des services vétérinaires doit désormais intégrer les observations restantes, partager le document consolidé avec les participants et le transmettre pour revue technique complémentaire, puis aux services compétents pour approbation.

À la clôture, le Pr Boubacar Bass a renouvelé les remerciements du Ministère à l’UA-BIRA et appelé au respect du calendrier convenu pour la transmission du document révisé.

Les suites porteront sur la préparation de plans de travail annuels chiffrés, la clarification des financements, le renforcement de la coordination avec les partenaires et la mise en place d’un suivi mesurable. La désignation d’une équipe de rédaction et de responsabilités précises sera déterminante pour achever le plan et préparer sa traduction en actions de terrain.