Les communautés frontalières entre la Sierra Leone et la Guinée en première ligne de la lutte contre la PPR en Afrique
Une mission sur le terrain menée dans les zones frontalières entre la Sierra Leone et la Guinée a souligné l'importance cruciale de la collaboration transfrontalière dans la prévention et la lutte contre la peste des petits ruminants (PPR) et d'autres maladies animales transfrontières. Des discussions avec les services vétérinaires, les autorités frontalières, les chefs traditionnels, les agents de santé animale communautaires et les éleveurs ont permis de recenser les bonnes pratiques existantes ainsi que les domaines prioritaires nécessitant un soutien renforcé.
Les participants ont souligné que les communautés frontalières jouent un rôle essentiel dans la détection précoce des maladies, le partage des informations sur la santé animale et la mise en œuvre des campagnes de vaccination. La mission a également souligné la nécessité de renforcer les systèmes de surveillance harmonisés, les mécanismes d’échange d’informations et les réponses conjointes aux flambées épidémiques.
Les mouvements réguliers de bétail entre la Sierra Leone et la Guinée facilitent le commerce et soutiennent les moyens de subsistance des communautés rurales. Toutefois, elles augmentent également le risque de propagation de maladies animales transfrontalières.
Dans ce contexte, le renforcement de la coordination entre les pays voisins est une approche stratégique visant à améliorer la surveillance de la santé animale, à renforcer les capacités de prévention et à assurer des réponses rapides et coordonnées aux menaces pour la santé animale. Les participants ont notamment recommandé l’organisation de campagnes de vaccination conjointes, le renforcement des systèmes de surveillance et une plus grande intégration de l’approche « Une seule santé ».
Une surveillance accrue et une coopération transfrontalière contribueront à protéger les moyens de subsistance des communautés tributaires du bétail, à réduire les pertes animales et à améliorer la sécurité alimentaire.
Les discussions ont également mis en lumière le rôle important joué par les agents de santé animale communautaires dans les régions éloignées. Leur participation contribue à sensibiliser les éleveurs, à améliorer l'adoption de mesures préventives et à faciliter la détection rapide des maladies.
L’une des principales recommandations émanant de la mission a été la création d’un centre de quarantaine polyvalent équipé de laboratoires de diagnostic dans un lieu stratégique frontalier. Ces infrastructures permettraient de renforcer la détection précoce des maladies, d’améliorer la gestion des mouvements de bétail, et de soutenir les interventions sanitaires d’urgence.
La mission a été menée par le Programme panafricain pour l’éradication de la PPR (PAPS), hébergé par l’UA-IBAR et financé par l’Union européenne, en collaboration avec le ministère sierra-léonais de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, les autorités locales, les communautés frontalières et les parties prenantes sur le terrain.
Ces partenariats demeurent essentiels pour renforcer les capacités nationales, soutenir les services vétérinaires communautaires et promouvoir une approche coordonnée de la lutte contre les maladies animales transfrontalières.
Les conclusions de cette mission confirment que la collaboration transfrontalière est un pilier clé de la stratégie continentale d’éradication de la PPR. En renforçant la surveillance, la vaccination, les mécanismes de partage des informations et la coordination entre les pays, la Sierra Leone et la Guinée façonnent les fondations régionales pour construire des systèmes d'élevage plus résilients et accélérer les progrès vers l'objectif d'une Afrique sans PPR d'ici 2030.
Ces efforts contribuent directement à la réalisation de l'objectif continental PPR2030, qui vise à protéger les moyens de subsistance de millions d'éleveurs et à renforcer la sécurité alimentaire sur le continent.