La PPR peut devenir le prochain succès continental de l’Afrique en santé animale
L’Afrique a déjà montré que des objectifs sanitaires ambitieux peuvent être atteints.
L’éradication de la peste bovine a été un succès historique, fondé sur le leadership politique, la coordination transfrontalière et la rigueur technique. La peste des petits ruminants (PPR), peste des chèvres et des moutons est la prochaine étape.
Contrairement à la vaccination humaine, où des dossiers individuels permettent de suivre la couverture, la PPR exige une évaluation de l’immunité à l’échelle des troupeaux, à travers la sérosurveillance et le suivi des foyers.
👉 Le point de décision est clair: s’engager sur des objectifs explicites de couverture effective.
Les CER et les États membres doivent établir / se sont déjà engagés à définir des objectifs minimaux de couverture effective de 70–80% dans leurs plans nationaux de contrôle de la PPR, avec une évaluation sérologique post-vaccinale annuelle (FAO/OMSA, Stratégie mondiale pour le contrôle et l’éradication de la peste des petits ruminants (PPR), 2015 ; Union africaine – UA-BIRA, Stratégie panafricaine pour le contrôle et l’éradication de la PPR).
Pourquoi est-ce stratégique ?
L’immunisation contre la PPR ne vise pas uniquement le contrôle de la maladie. C’est un investissement direct dans :
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La sécurité alimentaire et les moyens de subsistance ruraux : la PPR cause chaque année des pertes, estimé à environ 1 450 à 2 100 millions USD, dont presque la moitié en Afrique via la mortalité, la baisse de production et les coûts de contrôle
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Des systèmes d’élevage résilients au climat : protéger les moutons et les chèvres revient à sécuriser des actifs à reproduction rapide et tolérants à la sécheresse, qui soutiennent la résilience des zones arides ; en milieu pastoral, les petits ruminants peuvent fournir une part majeure des protéines du ménage p. ex. ~55% des besoins en protéines dans un contexte pastoral documenté.
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La compétitivité commerciale sous les mesures Sanitaires et Phytosanitaires (SPS) et la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) : les progrès vers le statut indemne de PPR renforcent la conformité SPS et positionnent les pays pour capter les opportunités de la ZLECAf ; la Zone de libre-échange (ZLECAf ) devrait augmenter la valeur du commerce transfrontalier africain d’environ 275,7 milliards USD d’ici 2045, et accroître le revenu de l’Afrique d’environ 450 milliards USD d’ici 2035 des bénéfices qui nécessitent un statut sanitaire crédible pour les chaînes de valeur du bétail.
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Les engagements continentaux au titre de l’Agenda 2063 et de la Stratégie de développement de l’élevage pour l’Afrique (LiDeSA) : accélère les objectifs de transformation de l’élevage via la productivité, la résilience et l’intégration aux marchés.
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La souveraineté sanitaire de l’Afrique : passage d’une réponse aux crises à une prévention prévisible, renforçant les services vétérinaires et les systèmes d’assurance qualité.
Trois décisions stratégiques détermineront le succès :
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Rendre l’immunisation mesurable et auditable (animaux effectivement couverts, et pas seulement doses administrées), avec des cadres de reporting standardisés entre CER
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Renforcer la confiance dans les vaccins en s’appuyant sur le mandat de contrôle qualité d’AU-PANVAC
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Synchroniser l’action régionale via des mécanismes de coordination au niveau des CER et des calendriers de vaccination harmonisés (zones tampons, corridors de migration, calendriers alignés et redevabilité)
📌 Le véritable passage à l’échelle consiste à passer des campagnes à un système d’immunisation.
👉 Sommes-nous prêts à piloter l’éradication de la PPR comme un bien public continental, avec des objectifs clairs de couverture effective et une transparence sur les résultats, afin d’en faire le deuxième succès historique de l’Afrique en santé animale ?
👉 Sommes-nous prêts à piloter l’éradication de la PPR comme un bien public continental avec des objectifs clairs de couverture vaccinale effective et un reporting transparent des résultats et à livrer le deuxième succès historique de l’Afrique en santé animale, tout en sécurisant les conditions habilitantes clés : un financement durable au-delà des projets financés par les bailleurs, une intégration complète dans les budgets nationaux et les plans d’investissement, et une utilisation conjointe intelligente des infrastructures de chaîne du froid pour renforcer à la fois les systèmes de santé animale et de santé publique ?