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C’est avec un profond sentiment d’honneur, de responsabilité et d’engagement que je prends la parole aujourd’hui, à l’occasion de cette importante réunion qui marque une étape majeure dans la consolidation de la gouvernance continentale du Programme panafricain d’éradication de la Peste des Petits Ruminants (PPR) et du contrôle des maladies prioritaires des petits ruminants.

Au terme de plusieurs jours d’échanges riches, francs et constructifs, je tiens, au nom du Gouvernement de la République du Tchad, à exprimer ma sincère gratitude à l’ensemble des participants pour la qualité des contributions, la hauteur scientifique et stratégique des débats et l’esprit de responsabilité collective qui ont prévalu jusqu’à lors.

Permettez-moi, à cet instant solennel, de transmettre et de porter haut le message de Son Excellence Monsieur le Président de la République du Tchad, désigné par l’Union Africaine Champion pour le Programme panafricain d’éradication de la PPR et des autres maladies prioritaires des petits ruminants.

À travers cette désignation, l’Union africaine reconnaît non seulement l’engagement constant du Tchad en faveur du développement de l’élevage et de la santé animale, mais surtout l’importance du leadership politique de haut niveau comme levier indispensable pour atteindre l’objectif continental et mondial d’éradication de la PPR à l’horizon 2030.

Le Maréchal du Tchad, Président de la République, m’a chargé de réaffirmer devant vous que la lutte contre la PPR n’est pas une question sectorielle, mais un enjeu stratégique de souveraineté alimentaire, de stabilité sociale, de résilience économique et de dignité pour nos communautés pastorales et agropastorales.

On ne le dira jamais assez, la Peste des Petits Ruminants demeure l’une des maladies animales transfrontalières les plus dévastatrices pour notre continent. Elle fragilise les moyens de subsistance de millions de familles, affecte de manière disproportionnée les femmes et les jeunes, compromet les chaînes de valeur des petits ruminants et constitue un frein majeur à la sécurité alimentaire et au commerce intra-africain.

Face à un tel défi, aucun État ne peut réussir seul. La nature transfrontalière de la PPR nous impose une réponse collective, coordonnée, fondée sur la solidarité régionale, ainsi que sur l’harmonisation des stratégies et le partage responsable des données et des ressources.

C’est précisément le sens et la valeur ajoutée du Comité Consultatif Continental sur la PPR mis en place cette semaine même ici à Nairobi et que nous avons contribué à rendre pleinement opérationnel à travers ces travaux.

En acceptant la présidence de cette instance combien importante pour cette initiative délicate, la République du Tchad mesure pleinement la portée de la mission qui lui est confiée.

Pour nous, le Comité Consultatif Continental ne doit jamais être perçu comme  une structure de plus. Il est appelé à devenir :

  • un pont entre l’engagement politique et la mise en œuvre technique ;
  • un espace de redevabilité continentale, où les progrès, les retards et les défis sont examinés avec lucidité ;
  • un outil d’orientation stratégique, capable de traduire les ambitions de l’Union africaine, de l’Agenda 2063, du CAADP/Malabo et de la LiDeSA en actions concrètes sur le terrain.

En tant que Président, je m’engage à œuvrer, avec l’ensemble du Bureau du CAG, pour que nos recommandations soient claires, opérationnelles, suivies et intégrées aux mécanismes régionaux et nationaux de mise en œuvre du Programme Pan Africain.

Honorables Membres, Mesdames et Messieurs,

Au nom du Champion continental de la PPR et du Gouvernement tchadien, je lance un appel solennel à l’ensemble des États membres de l’Union africaine :

  • à renforcer durablement leurs investissements dans les services vétérinaires ;
  • à assurer une appropriation nationale réelle des plans stratégiques d’éradication de la PPR ;
  • à inscrire la lutte contre les maladies animales prioritaires au cœur des politiques publiques, des plans nationaux de développement et des budgets nationaux ;
  • à promouvoir activement la coopération transfrontalière, notamment dans les zones de transhumance et les corridors commerciaux.

J’adresse également mes vifs remerciements à nos partenaires techniques et financiers, en particulier l’Union européenne, la FAO et l’OMSA, pour leur appui constant. Leur accompagnement demeure essentiel, mais il doit aller de pair avec un engagement financier domestique accru, gage de durabilité et de souveraineté.

Chers Collaborateurs et membres des équipes opérationnelles continentales, régionales et nationales

Je tiens à vous adresser mes félicitations les plus appuyées, à l’ensemble de l’équipe de mise en œuvre du Programme panafricain d’éradication de la PPR notamment au Secrétariat panafricain PPR, aux Centres régionaux de santé animale, aux réseaux nationaux de santé animale mis en place et fonctionnels, je cite ici les différents RESEPI, RESOLAB et Comités des Directeurs des Services Vétérinaires, ainsi qu’aux équipes nationales, pour les résultats tangibles déjà accomplis au cours de cette première phase. 

Les avancées enregistrées en matière de gouvernance, de coordination, de planification stratégique, de surveillance et de préparation des interventions fondées sur le risque témoignent d’un engagement professionnel remarquable et d’une vision continentale partagée. Toutefois, alors que nous abordons la dernière séquence de la Phase 1 et que se profile la Phase 2 du Programme, j’en appelle à un surcroît d’efficacité, de rigueur opérationnelle et d’impact mesurable sur le terrain. 

Il est désormais impératif de consolider les acquis, d’accélérer la mise en œuvre dans les zones prioritaires, de renforcer la redevabilité et de préparer une transition fluide, ambitieuse et résolument orientée vers les résultats, afin que la Phase 2 du Programme vienne marquer un véritable changement d’échelle sur la voie de l’éradication définitive de la PPR en Afrique.

Le Tchad quant à lui, en tant que pays pastoral par excellence et espace stratégique de mobilité animale en Afrique centrale et sahélienne, assume pleinement son rôle de moteur et de catalyseur.

Nous nous engageons :

  • à partager notre expérience et nos leçons apprises ;
  • à soutenir les initiatives régionales et continentales ;
  • et à promouvoir une approche africaine, coordonnée, fondée sur la science et portée par un leadership politique fort.

Notre ambition est claire : faire de l’éradication de la PPR une victoire africaine, symbole de ce que notre continent est capable de réaliser lorsqu’il agit dans l’unité, la responsabilité et la vision à long terme.

Je suis convaincu que les décisions, recommandations et engagements pris ici à Nairobi constituent un socle solide pour accélérer la marche de l’Afrique vers l’éradication définitive de la PPR.

Sous le leadership éclairé de l’Union africaine, avec l’appui de ses institutions spécialisées et l’engagement résolu des États membres, l’objectif 2030 est à notre portée, pourvu que tous les Etats membres s’y mettent résolument.

C’est ensemble, dans la solidarité et la détermination, que nous écrirons cette page de l’histoire sanitaire et économique de notre continent.

Je vous souhaite un retour  paisible vers vos demeures respectives et une heureuse fin d’année 2025.

Je vous remercie de votre aimable attention,