PHOTO

Pamelap, Guinée - À 180 kilomètres de Conakry, dans le village frontalier entre la Guinée et la Sierra Leone, Jeanne Coevoli observe son troupeau de moutons chaque matin. Pour elle, ces animaux représentent bien plus qu'un moyen de subsistance : ils sont devenus le symbole de sa résilience et de son espoir.

« Je m’appelle Jeanne Coevoli. Je suis éleveur et je vis dans le village de Pamelap. Mon voyage dans l’élevage a commencé par des conseils qui ont changé ma vie. « Jeanne se souvient encore des mots d’un homme âgé de son village.

« Votre mari est un soldat. Tu devrais garder peu d'animaux. C'est un signe de bénédiction et de prospérité. Ainsi, votre propriété ne sera jamais vide. » Suivant ce conseil, Jeanne a acheté ses premiers moutons, sans jamais imaginer que ce petit investissement pourrait un jour devenir la base économique de toute sa famille.

Quelques années plus tard, une tragédie s'est produite lorsque son mari est décédé. « C’était une période très difficile. Du jour au lendemain, je me suis retrouvée seule à subvenir aux besoins de mes enfants. Heureusement, j’avais encore mes animaux. »

Depuis lors, l'élevage est devenu sa principale source de revenus. En vendant des moutons, Jeanne a pu nourrir sa famille, payer les frais de scolarité de ses enfants et couvrir les dépenses quotidiennes.

Image
photo

Mais un matin, plusieurs moutons sont tombés malades. « Ils avaient la diarrhée et j’étais terrifié. Je me suis demandé : Si je perds mes animaux, comment vais-je nourrir mes enfants ?». Consciente du danger, Jeanne a demandé conseil à un voisin boucher. Il a immédiatement recommandé de contacter le vétérinaire du village et a expliqué l'urgence de la situation. En quelques heures, un vétérinaire arrive.

Après avoir évalué les animaux, le vétérinaire a mis en œuvre les mesures sanitaires nécessaires et a recommandé que tous les troupeaux soient vaccinés contre la peste des petits ruminants. Il a également montré à Jeanne comment reconnaître les premiers signes de la maladie. Cette intervention marque un véritable tournant.

« Je me suis rendu compte que la vaccination était la meilleure protection pour mon troupeau. Les vétérinaires ne viennent pas seulement pour vacciner les animaux, ils nous apprennent également à reconnaître rapidement les maladies et à agir avant qu’il ne soit trop tard. »

Aujourd'hui, Jeanne suit les conseils qu'elle a reçus. Ses animaux sont en bonne santé et continuent de lui fournir un revenu stable.

« Pour moi, protéger mes animaux, c’est protéger ma famille. Chaque animal en bonne santé représente un repas sur notre table, les frais de scolarité de mes enfants et l’espoir d’un avenir meilleur. »

Son témoignage illustre le rôle vital des campagnes de vaccination : la sensibilisation des familles dont les moyens de subsistance dépendent directement de la santé de leurs animaux.

L'histoire de Jeanne illustre le rôle essentiel de la vaccination, de la sensibilisation des agriculteurs et du renforcement des services vétérinaires dans la lutte contre la peste des petits ruminants (PPR).

En améliorant l’accès aux services vétérinaires, en renforçant les capacités des éleveurs et en favorisant la détection précoce des maladies, ces interventions contribuent à protéger les troupeaux, à préserver les moyens de subsistance des communautés rurales et à accélérer les progrès vers l’objectif de l’Union africaine d’éradiquer la PPR.

Ces témoignages ont été recueillis lors d'une mission de suivi et d'évaluation menée par le Programme panafricain pour l'éradication de la peste des petits ruminants (PPR), coordonnée par le Secrétariat panafricain (PAPS), hébergé par l'UA-IBAR, en collaboration avec les Services vétérinaires de Guinée et avec le soutien financier de l'Union européenne.