Renforcement de la Surveillance de la Peste des Petits Ruminants (PPR) en Afrique Australe : Une Avancée Régionale vers l'Eradication d'ici 2030
Johannesburg, Afrique du Sud 30 mars 1er avril 2026 - Les efforts visant à accélérer l'éradication de la peste des petits ruminants (PPR) en Afrique Australe ont pris un nouvel élan à la suite d'une formation régionale sur le renforcement des capacités de surveillance, qui a réuni 29 participants, dont des points focaux nationaux pour la PPR, des épidémiologistes nationaux, des spécialistes de la FAO et des représentants du Secrétariat de la SADC.
Organisée par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), en collaboration avec le Secrétariat Panafricain de la PPR (PAPS) relevant du Bureau Interafricain des Ressources Animales de l’Union Africaine (UA-IBAR), cette formation a été financée par l’Union Européenne.
La cérémonie d'ouverture a été présidée par la Dre Oseke Precious Monicca Ngobeni, coordinatrice nationale du programme de lutte contre la PPR représentant le Ministère Sud-africain de l'Agriculture, de la Réforme Agraire et du Développement Rural (DALRRD), qui a réaffirmé l'engagement de la région de la SADC envers l'objectif mondial d'éradication de la PPR d'ici 2030. Des messages de bonne volonté ont été délivrés par:
· Babagana Ahmadu - Représentant de la FAO pour l'Afrique du Sud
· Gaolathe Thobokwe - Directeur de l'élevage, Secrétariat de la SADC
· Représentant du directeur de l'AU-IBAR
Leurs messages ont souligné l'urgence d'une surveillance harmonisée, d'une coordination transfrontalière et d'une approche écosystémique pour lutter contre les maladies animales transfrontalières en Afrique australe.
Cette formation de trois jours visait à renforcer les capacités nationales et régionales en matière de détection, de notification et de réponse à la PPR et à d'autres maladies animales transfrontalières.
Les principales priorités comprenaient :
· Renforcer les approches de surveillance participatives et fondées sur les risques;
· Harmoniser les systèmes de collecte, d'analyse et de notification des données;
· Renforcer la coordination régionale et les plateformes de partage d'informations;
· Intégrer des outils avancés tels que ARIS, WAHIS et EMPRES-i+ dans les systèmes de surveillance;
Un thème central de la formation était la transition d'approches de surveillance générales vers des systèmes ciblés et fondés sur les risques.
Les participants ont exploré l’approche écosystémique, qui permet aux pays de :
✔ identifier les zones à haut risque et les couloirs de transmission
✔ cibler plus efficacement les efforts de vaccination et de surveillance
✔ optimiser l’utilisation de ressources limitées
Cette évolution marque une étape cruciale vers une prise de décision fondée sur des données probantes, où les données de surveillance guident directement l’action.
Malgré les progrès réalisés, les participants ont mis en évidence plusieurs contraintes affectant la capacité de la région à atteindre l’objectif d’éradication fixé pour 2030 :
· Un financement limité et non durable des activités de surveillance ;
· Une faible capacité des laboratoires et des ressources diagnostiques inadéquates ;
· Des frontières poreuses et des mouvements de bétail non contrôlés ;
· Une surveillance limitée de la faune sauvage, en particulier dans les écosystèmes à haut risque ;
· Des lacunes dans les systèmes de traçabilité des petits ruminants.
Ces défis soulignent la nécessité d’accroître les investissements, la coordination et l’innovation.
La formation a réaffirmé l’importance de la coordination transfrontalière, en particulier le long des corridors à haut risque tels que :
· Zambie – République démocratique du Congo
· Tanzanie – Kenya
· Namibie – Angola
· Afrique du Sud – Lesotho / Eswatini
Les participants ont souligné que l’éradication de la PPR ne peut être réalisée au seul niveau national ; elle nécessite une action régionale coordonnée.
Il est encourageant de constater que de nombreux pays de la SADC ont déjà réalisé des progrès significatifs :
· Plusieurs pays ont obtenu le statut « indemne de PPR » ou sont en passe de l’obtenir.
· D’autres renforcent leurs systèmes de surveillance dans le cadre de leur stratégie d’éradication.
· La Tanzanie poursuit ses efforts de vaccination de masse dans les zones endémiques.
Afin d’accélérer les progrès, la réunion a appelé à la mise en œuvre des mesures suivantes :
· Augmentation des investissements financiers et techniques dans les systèmes de surveillance
· Renforcement des capacités de laboratoire et de diagnostic
· Une plus grande implication et sensibilisation des communautés
· Développement de vaccins DIVA et d'outils de diagnostic améliorés
· Intégration de la surveillance de la faune sauvage dans les stratégies nationales
La surveillance ne se limite pas à la collecte de données ; elle vise à permettre une action rapide pour protéger les moyens de subsistance, les systèmes alimentaires et les économies. Grâce à des capacités renforcées, une coordination améliorée et un engagement commun, l'Afrique Australe progresse vers un objectif commun.