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Une maladie capable de décimer tout le cheptel d’une famille en quelques jours reste l’une des plus grandes menaces qui pèsent sur les moyens de subsistance des populations rurales en Afrique. Le Nigeria a décidé qu’il ne pouvait pas se permettre de baisser la garde.
L'UA-BIRA, par l'intermédiaire du Secrétariat panafricain de la PPR, a lancé une mission de suivi sur le terrain de six jours à Abuja afin d'évaluer l'état de préparation du Nigeria à l'éradication de la peste des petits ruminants (PPR). Cette mission a débuté par une réunion avec le ministère fédéral du Développement de l'élevage, dirigé par l'honorable ministre, M. Idi Mukhtar Maiha, et par des discussions techniques préalables avec le vétérinaire en chef du Nigeria.
Les progrès du Nigeria revêtent une importance particulière : le pays abrite l’un des plus grands cheptels ovins et caprins d’Afrique et se trouve au cœur de grands couloirs de circulation du bétail, à la frontière du Bénin, du Niger, du Tchad et du Cameroun.


« Le Nigeria doit jouer un rôle central si nous voulons éradiquer la PPR d’Afrique. En raison de son important cheptel ovin et caprin, de ses réseaux de circulation du bétail et de ses frontières avec plusieurs pays, l’approche ne peut pas se limiter à une simple poursuite des activités habituelles. « — Dr Palita Yila Lucas, coordinatrice régionale pour l’éradication de la PPR en Afrique de l’Ouest
Pour de nombreux ménages ruraux, un troupeau représente un revenu, de la nourriture, une épargne et les frais de scolarité, autant d’éléments qu’une épidémie peut anéantir en quelques jours.
« Les familles peuvent perdre l’intégralité de leurs troupeaux, et pour de nombreux ménages, ces animaux constituent leur moyen de subsistance, leurs frais de scolarité, leur alimentation et leur sécurité économique. Le Nigeria ne peut pas se permettre de relâcher ses efforts. » — M. Idi Mukhtar Maiha, ministre du Développement de l’élevage.


Le représentant de la FAO au Nigeria et auprès de la CEDEAO, le Dr Hussein Gadain, a réaffirmé le soutien de la FAO à la surveillance, aux capacités des laboratoires, à la production locale de vaccins et à la mise en place de systèmes vétérinaires résilients, soulignant que l’impact de la PPR va au-delà de la santé animale et se traduit par une baisse de la productivité, une limitation des échanges commerciaux et une vulnérabilité accrue. Les participants ont reconnu le potentiel des institutions nigérianes, notamment le NVRI, pour répondre à la demande nationale et assurer l’approvisionnement régional en vaccins.
Propcom+ a déclaré soutenir fermement l’engagement pris très tôt par le ministre en faveur de l’éradication de la PPR et a confirmé qu’elle collaborait avec le NVRI pour accroître la production de vaccins. Son chef d’équipe a fait valoir que les capacités du Nigeria devaient être renforcées pour répondre à la demande intérieure et desservir l’ensemble du marché ouest-africain, ajoutant que Propcom+ cherchait délibérément à collaborer avec la FAO et d’autres partenaires afin d’éviter toute duplication des efforts.


D’autres se sont fait l’écho de ce point. Le Conseil vétérinaire du Nigeria s’est engagé à mobiliser les directeurs des services vétérinaires à l’échelle nationale et a exhorté les partenaires à harmoniser leurs efforts et à éviter les doublons. La NAQS a défini les postes stratégiques aux frontières et de quarantaine pour certifier les mouvements d’animaux et a appelé à la mise en place de stratégies de contrôle conjointes avec les pays voisins. L-PRES a fait état de travaux déjà en cours concernant la vaccination et les données de référence. Les associations de producteurs, qualifiant les ovins et les caprins de «bétail des plus démunis», ont déclaré que leurs membres étaient prêts à se mobiliser pour les campagnes de vaccination et de sensibilisation, et ont demandé à être considérés comme des partenaires plutôt que comme de simples bénéficiaires.


Le message était unanime : l’éradication de la PPR ne peut être menée à bien par une seule institution. Elle nécessite que les services vétérinaires, les laboratoires, les autorités de régulation, les chercheurs, les producteurs, le secteur privé et les partenaires de développement travaillent selon un plan commun, avec un partage ouvert de l’information par-delà les frontières.
La mission va désormais évaluer la surveillance et la notification des cas, les capacités des laboratoires, la couverture vaccinale, la chaîne du froid et la distribution jusqu’au dernier kilomètre, la gouvernance et la coordination transfrontalière — afin de valider les progrès accomplis et de définir la prochaine phase d’investissement.


Cette mission s’inscrit dans le cadre du Programme panafricain d’éradication de la PPR (PPR1, 2024–2027), financé par l’Union européenne et mis en œuvre par l’BIRA de l’UA en collaboration avec l’UA-PANVAC, la FAO, l’OMSA et les communautés économiques régionales. Elle fait suite à des missions menées en Tanzanie, en Angola, en Sierra Leone, en RDC et en Guinée-Conakry.
La mission de suivi sur le terrain PPR1 s’articule autour de trois axes : la responsabilité et la validation des résultats communiqués ; l’état de préparation opérationnelle et l’efficacité des systèmes nationaux ; et la collecte de données probantes en vue de l’évaluation à mi-parcours du programme et de la transition vers la prochaine phase d’investissement.


En combinant l’examen de documents, des entretiens avec les parties prenantes, des observations sur le terrain et la vérification des registres, l’équipe examinera le plan stratégique national du Nigeria pour la PPR, la surveillance fondée sur les risques et la notification des cas de maladie, les capacités de diagnostic en laboratoire, la disponibilité des vaccins et la couverture vaccinale, la chaîne du froid et la distribution «du dernier kilomètre», la réponse aux foyers épidémiques, les contrôles aux frontières, la gouvernance, la communication avec les parties prenantes et la coordination institutionnelle. Elle examinera également dans quelle mesure les interventions relatives à la PPR s’inscrivent dans le cadre plus large du programme de transformation du secteur de l’élevage du Nigeria.
 

Photo : @Ministère de l’Élevage – Monsieur le Ministre, l’UA-BIRA, le personnel, la FAO et Propom+