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Dar es Salaam, République-Unie de Tanzanie | 14–16 septembre 2026

L’Angola, la République démocratique du Congo (RDC) et la Tanzanie se sont accordés sur des priorités visant à renforcer la vaccination, la surveillance et la coopération transfrontalière contre la peste des petits ruminants (PPR), contribuant ainsi à la révision de la Feuille de route intégrée des épisystèmes de la zone tampon contre la PPR 2026–2030. Ces priorités constituent une base pratique pour coordonner la lutte contre la maladie dans les zones touchées, tout en protégeant les pays et les zones voisins où la PPR est absente.

L’Atelier régional sur les épisystèmes de la zone tampon contre la PPR, organisé conjointement par le Bureau interafricain des ressources animales de l’Union africaine (AU-IBAR), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), a réuni les autorités vétérinaires et les experts techniques des trois pays au White Sands Resort and Conference Centre.

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Cette réunion faisait suite à la décision prise par les ministres réunis conjointement dans le cadre de la SADC en mai 2026, approuvant la création de la zone tampon contre la PPR et exhortant les trois pays à signer un protocole d’accord trilatéral, sous la coordination du Secrétariat de la SADC et de l’AU-IBAR.

Les participants ont examiné la situation épidémiologique, partagé leurs expériences en matière de vaccination et de suivi post-vaccinal, et étudié les mouvements transfrontaliers des petits ruminants. Ces échanges ont permis de définir cinq priorités pour la feuille de route révisée :

  • Porter la couverture vaccinale contre la PPR à 80 % en RDC.
  • Améliorer les résultats de séroconversion, évalués par le suivi sérologique post-vaccinal, en RDC et en Tanzanie.
  • Identifier les épisystèmes transfrontaliers et renforcer la collaboration en leur sein.
  • Préparer des programmes nationaux de lutte contre la PPR en vue de leur approbation en Tanzanie, en RDC et en Angola.
  • Accompagner l’Angola dans l’identification de zones indemnes de PPR et les démarches visant à obtenir leur reconnaissance.

Ces priorités portent à la fois sur la couverture et l’efficacité de la vaccination, tout en renforçant les données probantes et la coordination nécessaires pour orienter les interventions nationales. Le taux de couverture vaccinale de 80 % constitue un objectif pour la RDC, et non un résultat déjà atteint.

L’approche fondée sur les épisystèmes est au cœur de ce travail. Elle examine la manière dont les populations animales, les mouvements du bétail, les marchés, les pratiques de production et d’autres facteurs relient les zones dans lesquelles la PPR persiste ou se propage. Elle permet ainsi aux pays de planifier leurs interventions en fonction des risques réels de transmission, y compris ceux qui dépassent les frontières nationales.

La PPR provoque des pertes importantes chez les ovins et les caprins, menaçant les revenus des ménages, la sécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi que le commerce. Pour les petits éleveurs et les communautés pastorales, protéger les petits ruminants signifie également préserver les actifs productifs et les ressources dont dépendent les familles.

L’approche de la zone tampon poursuit donc un objectif régional plus large : réduire la transmission dans les zones touchées et contribuer à prévenir l’introduction de la PPR dans les pays et les zones indemnes. Son efficacité repose sur une surveillance coordonnée, la vaccination, un diagnostic de laboratoire fiable, le partage rapide des informations et la gestion des risques liés aux mouvements d’animaux.

Dans l’allocution d’ouverture prononcée au nom de la Dre Huyam Salih, Directrice de l’AU-IBAR, par le Dr Samuel Muriuki, Coordinateur du projet PPR, l’AU-IBAR a souligné qu’aucun pays ne peut éliminer une maladie transfrontalière par la seule action nationale. Cette allocution a appelé à faire de la zone tampon un système coordonné de prévention et de réponse, reposant sur des responsabilités clairement définies, des échéances réalistes et des indicateurs mesurables.

Lors de la cérémonie de clôture, l’Honorable Ng’wasi Damas Kamani, Vice-ministre de l’Élevage et de la Pêche de Tanzanie, a exhorté les participants à traduire les connaissances, les données probantes et les partenariats développés au cours de l’atelier en actions concrètes pour protéger les petits ruminants et préserver les moyens de subsistance, particulièrement ceux des femmes et des jeunes.

La Dre Nyabenyi Tipo, Représentante de la FAO en Tanzanie, a décrit cette réunion comme le début d’une action davantage coordonnée, assortie de mesures concrètes en faveur de l’éradication de la PPR, de la protection des moyens de subsistance dépendant de l’élevage et de la préservation du commerce régional et de l’accès aux marchés.

Olivier Louis, représentant la Délégation de l’Union européenne en Tanzanie, a souligné que la lutte contre la PPR constitue à la fois un enjeu de santé animale et de développement. Il a mis en avant la nécessité d’une action régionale, d’investissements soutenus et de partenariats solides, rappelant le soutien de l’Union européenne au renforcement des systèmes de santé animale.

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Les participants ont accueilli favorablement le projet de protocole d’accord trilatéral en tant que cadre pour harmoniser la surveillance, la vaccination et la gestion des risques dans l’ensemble de la zone tampon. La Tanzanie procède actuellement à l’examen de l’accord. La date de sa signature sera communiquée une fois cet examen achevé.

Les priorités immédiates consistent à achever les examens nationaux, à mettre en œuvre la feuille de route révisée au moyen de plans de travail nationaux coordonnés et à renforcer le partage des informations ainsi que la surveillance conjointe dans les épisystèmes transfrontaliers identifiés. Les progrès devront faire l’objet de rapports réguliers dans le cadre des mécanismes de coordination du Secrétariat de la SADC et de l’AU-IBAR.

L’atelier de Dar es Salaam contribue à l’effort plus large d’éradication de la PPR en Afrique en reliant les programmes nationaux de lutte à un cadre régional commun. La réussite se mesurera désormais à la mise en œuvre : atteindre les objectifs de vaccination, démontrer l’amélioration des résultats vaccinaux, renforcer la surveillance et maintenir la coopération transfrontalière.

En reliant les données techniques, les responsabilités nationales et la coordination régionale, l’Angola, la RDC et la Tanzanie ont défini une voie plus claire pour protéger les petits ruminants, préserver les moyens de subsistance et réduire le risque de propagation de la PPR en Afrique australe.

À travers le Secrétariat panafricain de la PPR, l’AU-IBAR a réaffirmé son engagement à accompagner les États membres et les Communautés économiques régionales dans la traduction des priorités continentales en actions coordonnées, en collaboration avec la SADC, la FAO, l’OMSA, l’AU-PANVAC, l’Union européenne et d’autres partenaires.

L’atelier a été organisé par le Secrétariat panafricain de la PPR (PAPS), hébergé par l’AU-IBAR, avec le financement de l’Union européenne.