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Réunis à Moroni les 16 et 17 septembre 2026, les acteurs nationaux ont validé le Plan stratégique de contrôle et d’éradication de la peste des petits ruminants (PPR) 2026–2030. La vaccination ciblée, la surveillance sur les trois îles et la sécurisation des importations constituent les priorités de cette feuille de route, dotée d’un budget de 2,67 milliards de francs comoriens.


Les Comores ont franchi une étape majeure dans leur lutte contre la PPR. Au terme de deux jours de travaux, les acteurs nationaux ont validé un plan stratégique pour la période 2026–2030, adopté son budget révisé et convenu d’un plan d’action de surveillance épidémiologique et de cartographie à mettre en œuvre avant la fin de l’année.
Organisé par la Direction nationale de l’élevage, avec l’appui technique de l’UA-BIRA et un soutien financier apporté par l’intermédiaire du Secrétariat panafricain de la PPR (PAPS), l’atelier a réuni les services nationaux et insulaires de santé animale, les institutions de recherche, les représentants des gouvernorats, le secteur privé et les organisations professionnelles.
Cette validation donne au pays un cadre de référence partagé pour organiser la réponse. Elle doit désormais être suivie de l’approbation ministérielle du plan, de la mise en place de son mécanisme de pilotage et de la mobilisation des ressources nécessaires à sa mise en œuvre.


Les foyers récents soulignent l’urgence d’agir. Présente aux Comores depuis novembre 2012, la PPR demeure une menace pour les chèvres, les moutons et les familles qui en dépendent. Selon les documents examinés lors de l’atelier, aucune campagne de vaccination n’a été menée depuis 2014. Les foyers signalés à Koua en 2025 et à Ntsaueni en 2026 soulignent la nécessité de renforcer durablement la prévention et la surveillance.
Pour les familles rurales, la perte d’un animal dépasse sa seule valeur marchande. Elle peut réduire les ressources disponibles pour l’alimentation, les soins ou la scolarisation. Les petits ruminants constituent également une épargne mobilisable dans les moments difficiles et pour faire face aux obligations sociales.


Dans son message lu par le Dr Jean-Marc Feussom, expert du PAPS en contrôle des maladies et en gestion de la sécurité sanitaire, la Directrice de l’UA-BIRA, Dr Huyam Salih, a rappelé cette dimension économique et sociale. Elle a également souligné les conditions d’une réponse efficace : « La vaccination seule ne suffira pas. » La surveillance, la confirmation en laboratoire, la quarantaine, le contrôle des mouvements interinsulaires et la participation des éleveurs doivent accompagner les campagnes.
La stratégie est adaptée aux risques propres à chaque île, et le plan privilégie une réponse différenciée. À Ngazidja, où la maladie est considérée comme endémique, il prévoit une vaccination de masse avec un objectif de couverture d’au moins 80 % du cheptel identifié. Ce pourcentage constitue une cible à atteindre, et non un résultat déjà obtenu.


À Anjouan et à Mohéli, la priorité est donnée à une surveillance renforcée, avec une vaccination en anneau autour des foyers confirmés. Cette approche doit permettre d’adapter les interventions à la situation épidémiologique de chaque île.
Un autre volet majeur concerne le renforcement du Réseau national d’épidémiosurveillance des maladies animales aux Comores (RENESMAC). Le dispositif prévu comprend 19 postes de surveillance dans les Centres ruraux de développement économique et 12 postes aux points d’entrée. Il vise à améliorer la détection des cas suspects, la remontée des alertes et la circulation de l’information entre le terrain et les autorités vétérinaires.


Le plan prévoit également de rendre opérationnel le diagnostic moléculaire de la PPR à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, la pêche et l’environnement (INRAPE), afin de renforcer la confirmation des infections.
Les importations d’animaux vivants et les mouvements entre les îles occupent une place centrale dans la stratégie. Le plan prévoit une quarantaine officielle de 21 jours pour les lots importés et un renforcement des contrôles aux points d’entrée, y compris dans les ports secondaires.


Ces mesures nécessitent des infrastructures fonctionnelles, des équipements et des responsabilités clairement définies. Les participants ont recommandé de donner la priorité aux capacités de surveillance, aux capacités des laboratoires, à la chaîne du froid et aux installations de quarantaine.
Ils ont également accordé une priorité absolue à l’élaboration des textes d’application du Code de l’élevage. L’enjeu est de traduire le cadre juridique en mesures opérationnelles pour la vaccination, la surveillance, les importations et la gestion des foyers.
Le budget révisé s’élève à 2 671,9 millions de francs comoriens sur cinq ans, imprévus compris. Il couvre les équipements de laboratoire, les moyens de transport, la conservation des vaccins et des échantillons, l’énergie solaire et la formation des agents.


Toutefois, l’adoption de ce budget ne signifie pas que son financement est assuré. Le rapport de l’atelier précise que la répartition des contributions entre l’État et les partenaires reste à déterminer. Un plan de financement opérationnel devra préciser les ressources disponibles, les besoins prioritaires et les montants à mobiliser.
La participation communautaire constitue également une composante à part entière. Le plan prévoit 63 millions de francs comoriens pour la communication sur les risques et l’engagement communautaire. Les actions devront encourager le signalement des cas suspects, l’adhésion à la vaccination et le respect des mesures sanitaires, en associant les éleveurs, les importateurs et les responsables des marchés.


Les participants ont adopté un plan d’action immédiat comprenant la consolidation des résultats sérologiques, une deuxième campagne de surveillance à Anjouan et à Mohéli, ainsi que l’actualisation de la cartographie des épisystèmes. Un rapport de surveillance et de cartographie doit être transmis aux partenaires au plus tard le 31 décembre 2026.
La mise en place du Comité national de pilotage et l’organisation de revues trimestrielles figurent parmi les recommandations destinées à suivre les progrès dans la mise en œuvre des engagements.
D’ici à 2030, le plan prévoit la soumission à l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) d’un dossier de reconnaissance officielle du statut indemne de PPR. Cette ambition dépendra des résultats obtenus et des preuves sanitaires réunies.


En accompagnant ce processus, l’UA-BIRA et le PAPS contribuent à relier les priorités comoriennes à l’effort continental d’éradication. Pour les Comores, la prochaine étape sera décisive : transformer le plan validé en services accessibles, en interventions financées et en troupeaux mieux protégés.